Kokodo-budo-Libramont
L'équilibre.
L'équilibre
est une notion essentielle dans la pratique martiale, c'est même la
première chose à ressentir sur soi-même avant de pouvoir placer
l'autre en déséquilibre. Inutile de penser à déstabiliser
quelqu'un, si soi-même, on manque d'équilibre.
L'équilibre,
logiquement et basiquement, c'est quand on ne ressent aucun
déséquilibre. Tout déséquilibre dans un sens, amène tôt ou tard
à un autre déséquilibre dans le sens opposé pour obtenir
compensation. Cette loi est immuable et s'applique aux choses comme
aux actes et même aux réflexions.
Pour
le corps, cela veut dire que toute exagération de mouvement est
inutile. Pour l'esprit, c'est un peu la même chose, toute pensée
perverse est à abolir, toute perception exagérée est à éviter.
La simple volonté de faire une action nous place déjà en
déséquilibre.
Agir sur autrui se fait dans la pureté de l'instant de perception en
bougeant naturellement. La recherche d'équilibre se fait dans la
sobriété et l'économie de gestes, comme de pensées. Eviter le
superflu, nettoyer la tête pour y mettre l'essentiel. Plus le
cerveau s'active, moins on peut percevoir notre environnement
présent.
Le
Shiseï correct est l'équilibre. Prendre attention à notre position
naturelle de départ est le début de la recherche de l'état
d'équilibre. Cette position est la position debout naturelle, pieds
sur une même ligne écartés de la largeur des hanches, les genoux
sont très légèrement fléchis. Les épaules sont relâchées et
tombantes, la poitrine est ouverte. La pression du hara doit se
ressentir sur le noeud de ceinture, ainsi que dans les reins, le bas
du dos.
Dès
la réception, placer le corps droit entre les deux pieds avec un
écart suffisant dans les deux sens pour une stabilité optimale. La
pression égale de la pointe des pieds sur le sol permet une
spontanéité naturelle de mouvement et une flexion plus intense du
genou avant permet, outre une juste répartition du poids du corps,
de répondre positivement, c'est à dire d'avancer. Les hanches sont
souples. Le genou avant est en pression naturelle sur l'agresseur, la
jambe arrière est presque tendue pour permettre de subir une
poussée. Les coudes sont presque collés au corps. La position
idéale est la distance maximum d'un poing entre le coude et le
corps.
Il
est évident que cette recherche d'équilibre se poursuivra pendant
tout le travail avec le partenaire jusqu'au contrôle final. Cette
attention nous premettra de réagir correctement à toute
sollicitation du partenaire, même si la technique en elle-même est
mal appliquée ou si le partenaire modifie sa position pour tenter de
contre-attaquer.
L'équilibre
est la condition essentielle pour un mouvement correct et une
technique pure.
