vendredi 19 octobre 2018

Eviter les blessures.


Kokodo-budo-Libramont


Eviter les blessures. (Please, no injury !)



C'est le mot d'ordre fréquemment employé dans les Taikaïs et les entraînements yudanshas ou même simples cours aux dojos. Pourtant s'il y a bien une chose difficile à éviter dans la pratique des arts martiaux, c'est bien cela. Il y a tellement de raisons de se blesser ou de commettre une faute sur un partenaire que c'est impossible de les cerner toutes.
Voici quelques préceptes à appliquer avant de commencer la pratique :
Ne vous présentez pas à votre partenaire en mauvaise santé ou avec de mauvais réflexes sans le prévenir de vos problèmes ou de votre malaise.
Vérifier votre habillement, principalement la pose du hakama et la tenue même de ce vêtement particulier. Il existe plusieurs possibilités pour que cet habit puisse vous occasionner des désagréments, principalement au niveau des jambes et pieds.
La façon dont vous chutez est ensuite une autre cause de blessure courante. L'art de l'ukémi et du déplacement se travaille longtemps en perfectionnant sans cesse quel que soit l'âge. Prévenez votre partenaire en cas de problème de pratique de chute avant ou arrière, gauche ou droite, décollé ou simple roulé.
Votre rôle d'agresseur (uke) sur votre partenaire peut également être à l'origine de sérieuses blessures sur vous-même ou sur le partenaire si vous ne prenez garde à votre propre comportement dans cette difficile interprétation. Ne rester pas crispé ou tendu. Etre bon Uke demande un travail sur soi-même pour se calmer et augmenter ses facultés de perception pour pouvoir légèrement anticiper les réactions adverses. Percevoir la distance correcte de sécurité dans la pratique en état d'agression ou de réception demande également une longue expérience. Il faut avoir une attention constante à cette perception de danger quand on entre dans une zone où le partenaire peut vous atteindre facilement. Tori (celui qui fait la technique) n'oubliera pas que s'il travaille sur une main adverse, l'autre main est toujours disponible pour faire quelque chose et devient un danger pour lui.
Les risques pour un partenaire d'infliger une blessure à son opposant sont très nombreux. Certaines causes ne peuvent être évitées, car comme dans toute pratique, les accidents sont possibles.
Par contre certains accidents peuvent vraiment être évités en appliquant les recommandations émises par Soke dans le petit texte d'introduction à la pratique du niveau Shoden du Kokodo Jujutsu, qu'il est recommandé de lire et relire sans restriction. On ne saurait suffisamment insister sur la nécessité de travailler lentement, en souplesse et sans appliquer de force. L'utilisation du poids du corps doit se faire avec un extrême et rigoureux contrôle.
Prenez une particulière attention au travail avec des jeunes débutants, leur perception de la douleur n'est pas encore précise. Il se peut qu'ils frappent l'abandon trop tard. Spécialement les personnes (jeunes ou inexpérimentées) très souples, qui ne perçoivent la douleur qu'au tout dernier instant. Dans ce cas, il est fortement conseillé de non seulement stopper toute clé ou prise mais aussi de relâcher instantanément cette position qui a déjà été poussée trop loin.
Plus on avance dans la connaissance de la technique et plus le danger de blessure augmente. C'est une preuve de gain d'efficacité dans la pratique mais aussi une preuve de manque de contrôle de la connaissance acquise. Mais il est évident qu'il faille passer par des fautes pour arriver à maturité. Veillons à ce que ces erreurs soient le plus bénignes possible et sans conséquence pour autrui, nous-mêmes et l'image du Kokodo Jujutsu.

jeudi 4 octobre 2018

Mushotoku


Kokodo-budo-Libramont

Mushotoku.


Traduction : Sans but, sans intention, sans volonté.
Cela fait partie du Zen. Agir dans ce sens est très difficile pour nous. L'art du combat est de laisser l'esprit agir librement, sans fixation aucune.
Dès que la pensée se focalise sur une action ou réaction à faire, un jugement, une appréciation, l'esprit est perturbé car un décalage se produit par la volonté d'agir ou par la comparaison avec notre aptitude à réagir.
La pratique profonde ne s'aquiert qu'en travaillant, mais surtout en pouvant nous regarder en détail travailler. Polir notre technique c'est comme polir un miroir dans lequel on peut se voir. Jusqu'à faire disparaître notre image et le miroir. Alors il n'y a plus rien. Nous sommes ce que nous sommes, il faut l'accepter. Notre instinct primaire est notre intention, laissons le agir librement.
Pour cela, nous devons être présent avant l'intention. Percevoir l'intention nous permet de prendre un temps d'avance, qui est vraiment nécessaire, pour pouvoir agir correctement. Présent veut dire observateur attentif, mais pas passif.
L'action doit être unie à l'esprit. Si nous agissons, c'est naturellement, en un temps, sans réflexion, dans un mouvement instinctif. Cela ne peut venir qu'après un apprentissage parfait des technique de combat et aussi un pratique approfondie de la méditation Zen.
On n'est pas obligé pour cela de devenir religieux Bouddhiste, il suffit de comprendre certains préceptes qu'ils appliquent et de les mettre en pratique.
Contrôler son égo peut être l'outil le plus important pour améliorer son aptitude à agir sans volonté. Sur le Kyosaku (bâton de frappe) des moines est traditionnellement gravé l'inscription « Maku moso » ce qui être traduit par « pas d'illusion ». Si on frappe les épaules du moine avec ce bâton c'est pour lui rappeler qu'il faut se concentrer sur la profondeur de la pratique, sans cela pas de progrès possible.
On est toujours dans l'illusion de l'efficacité. Le but de mieux se contrôler, de mieux bouger, de mieux contrôler l'autre est un rêve utopique. Prendre du pouvoir sur les autres ou sur une situation est encore illusoire, bien que cela ne soit pas mauvais en soi, au contraire. L'égo, il en faut quand même un peu. Nous devons nous accorder de la valeur. Mais il ne faut pas en tirer de satisfaction, c'est juste un moment éphémère avant de passer à autre chose.
Notre ego n'a pas de consistance, mais c'est notre esprit qui tente par tous les moyens de justifier cet Ego et essaie de mettre en place des schémas d'action pour établir sa solidité. On se sent d'ailleurs particulièrement menacé par le sentiment de perte de contrôle de ces schémas et par la perte d'estime des autres. Nous devons prendre conscience de ce discours intérieur pour le combattre. La recherche d'une basse flatterie ou d'une confirmation de notre bon jugement est une activité préférée de l'esprit Ego. C'est aussi la source de tromperie de dupe, on en revient à l'utilité de l'expression « maku moso ».
Le véritable guerrier ne pense pas aux conséquences de la perte des biens matériels, de la famille ou des êtres chers. Il agit conscient de l'illusion des liens, de la fatalité de la séparation. Il n'y a rien à chercher, rien à terminer. Il pense juste à réagir calmement, sans chagrin, sans colère, en accomplissant son destin.
Lorsque l'esprit ne repose sur rien, le véritable esprit de guerrier apparaît.

Arts internes

  Arts internes. Dans les arts martiaux chinois, les «formes internes» s’opposent à celles que l’on appellent les «formes externes»...