Kokodo-budo-Libramont
Kime.
Kime
est l'expression du Ki, force intérieure, dans l'attitude gestuelle.
Ce
ne peut être de la violence ou de la brutalité. Uke doit être
respecté et toute action sur lui doit être contrôlée. La
puissance corporelle, avec réserve et sérénité, issue du ventre
(tanden) peut être démontrée même par des personnes chétives ou
fragiles. La volonté décisive et l'attitude incisive montrent Kime.
La moindre hésitation ou incertitude, le moindre frein ou arrêt
enlève le Kime. Mais à l'opposé, la précipitation ne démontre
pas non plus Kime.
Une
action qui commence lentement, accélère et se termine subitement
laisse percevoir une belle maîtrise gestuelle. Le principe de Jo Ha
Kyu, issu du théâtre Nô, est une belle expression du contrôle de
Kime. Une action commence calmement, puis le rythme s'intensifie et
s'achève instantanément. Cette gestuelle élégante est aussi
propre aux maîtres pratiquants de sabre, aux prêtres Shinto et aux
maîtres de cérémonie de thé.
Kime
se démontre aussi par l'attitude positive, pénétrante et
légèrement offensive.
La
réception ne doit pas être timide, elle doit déjà démontrer Kime
et déstabiliser légèrement l'adversaire. La posture basse en
Kibadachi avec un bon ancrage au sol, montre aussi la forte solidité
du pratiquant.
Le
Kiaï peut aussi démontrer le Kime, s'il est bien exécuté. Le
timing est important, il ne sert à rien de hurler un kiaï aigu
après une action pour bien montrer sa supériorité. Le Kiaï
correct vient du ventre et s'exécute en même temps que l'action de
la projection ou de contrôle ou de frappe finale, pour exprimer la
force du Ki que l'on met à la réalisation de cet acte.
Le
regard ne doit pas être trop précis mais doit englober toute menace
potentielle. Kime ne s'adresse pas à un adversaire mais à tous ceux
qui regardent. La tête doit rester droite et ne pas suivre l'action
au sol, seuls les yeux bougent vers l'adversaire au sol.
Kime
est aussi un échange, recevoir le kime de l'adversaire et lui
retourner votre propre kime enrichi de celui reçu. Ce n'est pas une
question de quantité d'agressivité, mais un échange de qualité de
don de soi et de maîtrise.
