Kokodo-budo-Libramont
Yorôchi
Traduction :
Anticiper. Si tu cherches consciemment à t'opposer à ton ennemi ,
tu es déjà en retard. Cette sentence de Myamoto Musashi est aussi une illustration de l'utilité de parfaire l'art d'anticiper.
Première étude : Le mouvement se développe naturellement en
accompagnant, c'est le principe Aïki. Le principe d'action en
harmonie naturelle avec le mouvement perçu est un modèle
typiquement japonais, l'art de l'inconsistance du moi. Il n'y a plus
d'esprit de calcul, de feinte, de tromperie, l'action est spontanée
à partir du hara centré. L'harmonie ne peut être que le résultat
d'une présence légère, concentrée mais pas focalisée, de manière
à permettre intuition et action en même temps. Il ne doit pas y
avoir de rupture de rythme, l'énergie se manifeste dans l'état le
plus pur. En kyudo, l'archer est en même temps l'arc, la flèche et
la cible. La volonté d'agir, de retenir ou de bloquer disparaît,
comme celle de tendre ou d'influencer quoi que ce soit.
Deuxième
étude : L'intuition permet l'anticipation. Mais pour pouvoir
détecter l'intention de mouvement il faut connaître le
fonctionnement de celui qui fait ce mouvement et être en harmonie
avec ses pensées et ses gestes. Cette connaissance ne s'acquiert que
par l'expérimentation, l'expérience acquise par une pratique
réaliste. La compréhension des signaux faibles émis par l'autre
permet l'anticipation. L'attention et la vigilance mettent tous les
sens en éveil, la perception est totale par la gravité de la
situation de danger, mais le corps reste calme et décontracté pour
pouvoir réagir dans l'instant. L'authenticité et le naturel sont
nécessaires de part et d'autre, la moindre hésitation est fatale.
Troisième
étude : Si l'art de survie est dans la défense, la chance de
victoire est dans l'attaque. Encore un principe de guerrier. Il faut
se défendre en attaquant, si ce n'est visuellement, ce doit être
dans l'esprit. Absorber n'est pas reculer ou se replier, mais doit
permettre l'offensive.
Quatrième
étude : L'impatience est l'ennemi du temps. Connaître le
moment exact de l'action efficace est la solution. Le moment propice
est toujours le dernier instant, celui où l'agresseur s'est engagé
et ne peut stopper ou modifier son action sans perdre son efficacité.
Sentir calmement cet instant de danger imminent est primordial.
Cinquième
et avant dernière étude : Les mots ne sont pas toujours le
meilleur moyen d'enseigner, ils sont trop longs, ambigus et
développent trop de distorsion de compréhension. L'action répétée
intelligemment est bien plus enrichissante pour faire mieux.
L'imagerie mentale est un autre moyen de progression. Répéter dans
sa tête, simuler et visualiser les gestes à accomplir pour une
technique parfaite.
Dernière
étude : Ce n'est jamais fini, il y a toujours moyen
d'améliorer. Méditer avec discernement est tout un art.



