jeudi 26 juillet 2018

Introduction au Shodan.

Traduction libre du livret Shodan-gi de M. Seamarck adaptée à mon idée actuelle du Kokodo.


Kokodo-budo- Libramont

Introduction au Shodan.

Bienvenue au premier niveau de l'étude du Kokodo jujutsu. Dans ce niveau on étudie les techniques secrètes de ce budo démontrées par le fondateur, Soke Irie Yasuhiro. Ces katas sont un outil de référence pour l’entraînement avec Soke au Hombu dojo. Il s'agit donc de sa propre création et de l'esprit même de son art. C'est notre devoir de les respecter et de les étudier suivant ses recommandations. Le niveau Shodan (premier niveau) est le début d'un long et fructueux cheminement dans l'étude du Kokodo Jujutsu. C'est l'essence de cet art, on y trouve la façon de se tenir, de bouger, de ressentir, d'ouvrir les yeux à cette pratique et aussi un tronc commun à toutes les techniques.

Reiho : les saluts et l'attitude correcte dans le dojo. Au Japon, le dojo est un lieu sacré.
Dès que l'on entre dans un dojo, l'attitude doit être en éveil à l'apprentissage du budo et se conformer à l'étiquette émise par Soke.
Le respect envers tous, mais plus encore aux plus anciens représentés par le kamisa ou shinzen. Les plus hauts gradés sont toujours tournés dos au kamisa ou shinzen.
Soignons notre « shisei » posture pour les saluts, se tenir droit, bras le long du corps en position debout, ou sur le haut des cuisses en position seiza.
Maintenir la nuque tendue en rentrant légèrement le menton et plier le corps à hauteur du bassin pour saluer, le regard suit naturellement le mouvement du corps.
En seiza, les mains sont jointes à plat, index et pouces formant un triangle devant soi, pour le salut au shomen ou au sensei.
Pour saluer un partenaire en seiza, le salut est moins prononcé et en appui sur les pouces à coté des genoux ou en position debout, les bras le long du corps.
Le respect envers le supérieur implique une demande pour prendre la parole ou d'attendre le moment propice pour ne pas déranger les explications en cours, et de saluer en remerciement des explications ou conseils reçus.
Le respect envers le partenaire implique des saluts avant et après toute pratique commune.
La petite phrase « Arigato Gosaïmaz(u) » est la bienvenue en remerciement de toute chose.
Pendant le cours, penser à toujours être en attitude réceptive et attentive aux explications données et garder un maintien correct, sans appuis fautifs (assis de façon désinvolte ou debout dos appuyé contre le mur) .
En début de cours à la fin du salut Otogani rei, on dit tous ensembles : Oneigashimaz(u).
En fin de cours à la fin du salut Otogani rei, on dit tous ensembles : Domo Arigato Gozaïmashita.

Reiho veut dire étiquette. Il s'agit donc d'un comportement qui doit venir d'une réflexion personnelle et d'un état d'esprit constant. Ce n'est pas seulement une attitude de début et de fin de cours.

Shiseï est l'attitude corporelle, le maintien. Le reflet de notre personnalité et de notre esprit.
La tenue vestimentaire fait partie intégrante du shiseï, porter des habits propres et avoir un corps propre est la base même du respect de soi-même et des autres.
Noeud de ceinture : Après avoir fait le double tour du corps avec la ceinture, placer la partie tenue dans la main droite au dessus de celle tenue dans la main gauche. L'extrémité tenue par la main droite passe en dessous de la totalité de la ceinture du bas vers le haut. A nouveau la partie droite est introduite entre les deux tours de ceinture du haut vers le bas. Puis la partie gauche est introduite dans le nœud du bas vers le haut. Serrer les deux extrémités de façon à obtenir un nœud équilibré et esthétique.
L'esprit Budo.

La recherche constante d'efficacité est un leurre dans l'étude des budos et peut entraîner des dérives. Budo est traduit étymologiquement par deux kanjis dont la signification est « la voie pour arrêter la lance ». Ce qui implique des concepts pacifiques de contrôle de soi avant même de penser à contrôler l'adversaire. L'art doit être recherché par l'esprit autant que par la technique pure.
L'esthétique et la beauté des mouvements doit aussi être approfondie. Pour cela il ne faut pas utiliser la force brutale, mais la souplesse, de façon à ce que les deux partenaires réalisent des mouvements sans complaisance mais effectifs et magnifiques.
La recherche de la sauvegarde de l'intégrité physique personnelle tout en maintenant la continuité d' « agression » neutre sans volonté de destruction doit être dans l'esprit des deux partenaires. Le terme agression est volontairement placé entre guillemets car c'est ce que l'on doit voir, mais pas ce que l'on doit ressentir.
Effectuer des mouvements lents permet de contrôler et de vérifier les gestes exécutés et leur effet sur le partenaire. Seulement après ces contrôles, les gestes peuvent être exécutés plus rapidement pour éviter toute blessure à autrui.
La pratique suivant les règles et conseils prodigués doit permettre une progression rapide de la technique et un développement réel de l'esprit du pratiquant dans la voie décrite par Soke Irié.
Kokodo Jujutsu n'est pas seulement un hobby que l'on pratique de temps en temps, cela doit devenir une façon de vivre sa vie en maintenant l'esprit de pratique au jour le jour. Cela permet de résoudre des conflits, d'avoir une vie plus saine et pacifique, de diminuer le stress et d'obtenir une vue plus pragmatique du monde qui nous entoure.
Toute décision prise et action effectuée, nous affecte nous-même, mais aussi tous ceux qui nous entourent. La réflexion et le maintien de l'esprit calme est l'objectif premier de la pratique.

Tai Sabaki Se déplacer.

A l'entraînement au Hombu dojo on peut souvent entendre Soke demander à ce que les mouvements soient beaux. C'est un des secrets pour assimiler correctement le Kokodo et pour progresser. Malgré le fait que l'on pratique un art martial de self défense, les déplacements se font sans brutalité, de façon naturelle et raffinée, ce qui rend de plus la technique plus pure. L'esprit transparaît dans l'attitude de travail.

Le fondateur : Irie Yasuhiro Soke.


Soke Irie commence son étude des arts martiaux au Jujutsu Hakko Ryu sous la direction du fondateur Ryuho Okuyama. En 1977, il reçoit le plus haut titre Menkyo Kaiden Shian San Daï Kichu et est directeur technique pendant plusieurs années. Il quitte cette école en 1993 et décide de fonder son propre style de Jujutsu et Shiatsu dans la voie des budos traditionnels japonais.
Le Kokodo Jujutsu est fondé le 1er Avril 1995 sous la direction de Soke Irie. Depuis Soke continue encore à améliorer chaque jour en se référant aux principes Aïki pour développer et approfondir ses techniques, en s'efforçant de transmettre lui-même ses connaissances au Hombu dojo. Cet enseignement d'homme à homme et d'esprit à esprit est évidemment très enrichissant et Soke est mondialement connu pour sa gentillesse, sa disponibilité et sa haute qualité d'enseignement. Non seulement ses Koryus sont beaux à regarder, mais ils sont aussi simples à appliquer et à apprendre au niveau Shoden.
Actuellement, il y a plus de 40 dojos dans plus de 20 pays à travers le monde. Des étudiants de partout viennent apprendre l'enseignement de Soke au Hombu dojo au Japon. Ils peuvent y apprendre des techniques issues des principes Aïki de grands maîtres tels Sokaku Takeda et Ueshiba.

Soji.
Nettoyer, pas seulement le sol, mais aussi notre esprit.
C'est une coutume typiquement japonaise de nettoyer avant ou après tout entraînement. Cela doit être fait dans le calme et la discrétion par les plus jeunes et moins gradés. Montrer sa volonté à remettre toute chose en place telle qu'on la trouvée en arrivant ou même plus belle est un devoir. Cela démontre notre humilité et notre volonté de progression.

Concepts de base appliqués dans la pratique du Kokodo Jujutsu:

Il est très important pour tout pratiquant de s'efforcer à appliquer ces principaux concepts de manière à maintenir l'esprit développé par notre fondateur Soke Irié dans l'étude du Kokodo Jujutsu. C'est vraiment la base de son enseignement. En les négligeant, on oublie le fondement même de notre pratique.

Fujiru : Aténuer la force. Neutraliser la puissance adverse de diverses façons (voir çi dessous) mais principalement dès la réception en anticipant légèrement l'action adverse.

Datsu ryoku : Laisser tomber la force. Rejeter l'utilisation de la force musculaire dans la pratique.

Kuzushi : Balancer. Contrôler par le travers, rompre l'agression. Mettre l'adversaire en déséquilibre.

Sei tanden : Force du bas ventre. Le tanden est situé quelques centimètres sous le nombril et est considéré en Orient comme le siège de la Force. Utiliser la posture et la respiration correcte permet de se servir de la puissance du bas ventre.

Koshi kaiten : Puissance des hanches.Utiliser la rotation des hanches pour mettre de la force dans les mouvements de bras.
Koshi no ototsu : Evasion de hanche. Permettre la souplesse permanente des hanches, ne pas les maintenir raides. Les mouvements extrêmement rapides et invisibles de corps sont fournis par le travail des hanches.

Maai : La distance. Etude de la perception instantanée de la distance correcte de travail en agression ou réception.
Tai sabaki : Mouvement du corps. Utiliser le déplacement correct du corps, sans balacement, et le poids du corps placé au centre pour maintenir une bonne stabilité. Pour l'étude, seul, de ce mouvement, pensez à effectuer le taï sabaki commandé par le regard de façon la plus naturelle possible.

Ashi sabaki : Le déplacement des pieds. Utiliser la marche japonaise (avec les genoux légèrement pliés) et le mouvement correct des pieds pour maintenir une bonne stabilité dans toute occasion.

Kakudo : L'angle. Utiliser correctement un angle de réception en fonction de l'angle d'attaque de façon à neutraliser la force adverse. Votre contrôle sur Uke dépendra également de votre angle correct de travail en effectuant la technique.

Takasa : La hauteur. Utiliser correctement la hauteur du corps (en pliant les genoux). Passer sous la force de l'adversaire si nécessaire, pour le déstabiliser. Utiliser la puissance des muscles des cuisses, les plus puissants du corps humains.

Zanshin : La vigilance. Conscience mentale de toute chose, attention au respect et à sa sauvegarde.

Metsuke : Le regard. Voir toute chose sans fixer le regard. Enzan no metsuke ou regard au loin qui englobe tout et permet aussi de percevoir les détails du paysage grâce à l'attention que l'on placera à la perception de ces petites choses insignifiantes au premier regard.

Dori : Le devoir. L'obligation, le devoir, de faire toute chose correctement, dans la bonne voie.

Rasen : La spirale. Beaucoup de mouvements du Kokodo Jujutsu sont inspirés de cette figure géométrique montante ou descendante au départ d'une ellipse.

Les Atémis (les Gakuns font parties des atemis).
Donnés sans brutalité, mais avec contrôle. Non pas pour détruire l'adversaire, mais pour distraire, mettre en déséquilibre, modifier la distance, permettre un contrôle du corps, stopper momentanément, provoquer un changement d'esprit et d'attitude chez le partenaire.
Etudier précisément les Kyushos, points vitaux d'atémis, relatifs au shiatsu, indissociable du Kokodo Jujutsu, est une nécessité et doit être pensé comme l'application d'une méthode de soin ou de santé, et non une punition ou douleur à infliger au partenaire.


vendredi 6 juillet 2018

Douceur, art interne.


Kokodo-budo-Libramont


Douceur, art interne.


La douceur dans la pratique, c'est également le respect de soi-même et du partenaire. Rien ne s'obtient par la force visible. Ce qui ne veut pas dire que la force ne permet rien. Mais plutôt que le résultat final n'est pas en faveur de l'application de force physique apparente, mais est, in fine, surclassé par le mouvement doux qui permet d'économiser sa dépense d'énergie, de préserver son intégrité physique et d'utiliser au maximum toutes ses capacités mentales, sans se focaliser sur le travail des muscles.
La lenteur est un ingrédient indispensable pour acquérir les mouvements corrects, mais la douceur est aussi plus importante pour ressentir pleinement le potentiel énergétique du corps sans appliquer de force visible.

Douceur n'est pas nonchalance, ni relâchement désorganisé. Mais s'efforcer de réaliser un mouvement le plus naturel possible, en plaçant simultanément chaque partie du corps en action mobile constante et continue. L'action doit être unifiée pour obtenir une efficacité maximum dans un timing minimum.
C'est par la douceur que l'on obtient la rapidité, la vitesse, la spontanéité et ainsi créer la surprise chez l'adversaire. C'est aussi la douceur qui permet la maîtrise de chaque acte, le gommage de toute crispation et l'esprit Mushin.
La douceur s'obtient en travaillant avec une respiration calme et profonde, un tronc droit qui permet au souffle de descendre jusqu'au ventre, les jambes souples et légèrement fléchies, les pieds souples mais prêts à l'action. La disponibilité du corps est le fruit d'une concentration de l'esprit à ressentir pleinement toutes ces sensations corporelles et ce ne peut être réalisé que par la douceur.

Les arts internes chinois appliquent depuis des millénaires ces préceptes issus du taoïsme. Ils sont toujours d'actualité dans la pratique martiale actuelle. La souplesse et la rondeur des mouvements extérieurs cache la puissance énergétique interne du pratiquant. L'intention non fixée dirige tout mouvement. La puissance du ki est cachée et contenue. La posture est souple et décontractée mais vigilante. L'harmonie est totale entre le corps et l'esprit.
La force physique ne doit pas être utilisée pour mobiliser l'énergie. Il faut soigner le corps pour que l'âme s'y plaise. Si le corps est calme et disponible, l'esprit peut tout lui demander. De même notre volonté de répondre à une sollicitation doit se faire avec un esprit calme et apaisé. Notre corps répondra alors de façon correcte à notre intention.

La douceur est la fusion totale du mental et du geste. C'est vraiment une attitude de l'esprit qui se transmet au physique pour démontrer disponibilité et réceptivité. La sensation du corps qui agit comme un fouet. Accueillant et menaçant. Passant d'un état à l'autre dans le temps d'un claquement de doigts.
Hypnotiser son adversaire par un mouvement doux est l'art du serpent. Le temps que l'intrus se questionne pour trouver une signification à ce qu'il perçoit, il est trop tard.


Arts internes

  Arts internes. Dans les arts martiaux chinois, les «formes internes» s’opposent à celles que l’on appellent les «formes externes»...