Kokodo-budo-
Libramont
Introduction
au Shodan.
Bienvenue au premier niveau de l'étude
du Kokodo jujutsu. Dans ce niveau on étudie les techniques secrètes
de ce budo démontrées par le fondateur, Soke Irie Yasuhiro. Ces
katas sont un outil de référence pour l’entraînement avec Soke
au Hombu dojo. Il s'agit donc de sa propre création et de l'esprit
même de son art. C'est notre devoir de les respecter et de les
étudier suivant ses recommandations. Le niveau Shodan (premier
niveau) est le début d'un long et fructueux cheminement dans l'étude
du Kokodo Jujutsu. C'est l'essence de cet art, on y trouve la façon
de se tenir, de bouger, de ressentir, d'ouvrir les yeux à cette
pratique et aussi un tronc commun à toutes les techniques.
Reiho :
les saluts et l'attitude correcte dans le dojo. Au Japon, le dojo est
un lieu sacré.
Dès que l'on entre dans un dojo,
l'attitude doit être en éveil à l'apprentissage du budo et se
conformer à l'étiquette émise par Soke.
Le respect envers tous, mais plus
encore aux plus anciens représentés par le kamisa ou shinzen. Les
plus hauts gradés sont toujours tournés dos au kamisa ou shinzen.
Soignons notre « shisei »
posture pour les saluts, se tenir droit, bras le long du corps en
position debout, ou sur le haut des cuisses en position seiza.
Maintenir la nuque tendue en rentrant
légèrement le menton et plier le corps à hauteur du bassin pour
saluer, le regard suit naturellement le mouvement du corps.
En seiza, les mains sont jointes à
plat, index et pouces formant un triangle devant soi, pour le salut
au shomen ou au sensei.
Pour saluer un partenaire en seiza, le
salut est moins prononcé et en appui sur les pouces à coté des
genoux ou en position debout, les bras le long du corps.
Le respect envers le supérieur
implique une demande pour prendre la parole ou d'attendre le moment
propice pour ne pas déranger les explications en cours, et de saluer
en remerciement des explications ou conseils reçus.
Le respect envers le partenaire
implique des saluts avant et après toute pratique commune.
La petite phrase « Arigato
Gosaïmaz(u) » est la
bienvenue en remerciement de toute chose.
Pendant le cours, penser à toujours
être en attitude réceptive et attentive aux explications données
et garder un maintien correct, sans appuis fautifs (assis de façon
désinvolte ou debout dos appuyé contre le mur) .
En début de cours à la fin du salut
Otogani rei, on dit tous ensembles : Oneigashimaz(u).
En fin de cours à la fin du salut
Otogani rei, on dit tous ensembles : Domo Arigato
Gozaïmashita.
Reiho veut dire étiquette. Il
s'agit donc d'un comportement qui doit venir d'une réflexion
personnelle et d'un état d'esprit constant. Ce n'est pas seulement
une attitude de début et de fin de cours.
Shiseï est l'attitude
corporelle, le maintien. Le reflet de notre personnalité et de notre
esprit.
La tenue vestimentaire fait partie
intégrante du shiseï, porter des habits propres et avoir un corps
propre est la base même du respect de soi-même et des autres.
Noeud de ceinture : Après avoir
fait le double tour du corps avec la ceinture, placer la partie tenue
dans la main droite au dessus de celle tenue dans la main gauche.
L'extrémité tenue par la main droite passe en dessous de la
totalité de la ceinture du bas vers le haut. A nouveau la partie
droite est introduite entre les deux tours de ceinture du haut vers
le bas. Puis la partie gauche est introduite dans le nœud du bas
vers le haut. Serrer les deux extrémités de façon à obtenir un
nœud équilibré et esthétique.
L'esprit
Budo.
La recherche constante d'efficacité
est un leurre dans l'étude des budos et peut entraîner des dérives.
Budo est traduit étymologiquement par deux kanjis dont la
signification est « la voie pour arrêter la lance ». Ce
qui implique des concepts pacifiques de contrôle de soi avant même
de penser à contrôler l'adversaire. L'art doit être recherché par
l'esprit autant que par la technique pure.
L'esthétique et la beauté des
mouvements doit aussi être approfondie. Pour cela il ne faut pas
utiliser la force brutale, mais la souplesse, de façon à ce que les
deux partenaires réalisent des mouvements sans complaisance mais
effectifs et magnifiques.
La recherche de la sauvegarde de
l'intégrité physique personnelle tout en maintenant la continuité
d' « agression » neutre sans volonté de destruction
doit être dans l'esprit des deux partenaires. Le terme agression est
volontairement placé entre guillemets car c'est ce que l'on doit
voir, mais pas ce que l'on doit ressentir.
Effectuer des mouvements lents permet
de contrôler et de vérifier les gestes exécutés et leur effet sur
le partenaire. Seulement après ces contrôles, les gestes peuvent
être exécutés plus rapidement pour éviter toute blessure à
autrui.
La pratique suivant les règles et
conseils prodigués doit permettre une progression rapide de la
technique et un développement réel de l'esprit du pratiquant dans
la voie décrite par Soke Irié.
Kokodo Jujutsu n'est pas seulement un
hobby que l'on pratique de temps en temps, cela doit devenir une
façon de vivre sa vie en maintenant l'esprit de pratique au jour le
jour. Cela permet de résoudre des conflits, d'avoir une vie plus
saine et pacifique, de diminuer le stress et d'obtenir une vue plus
pragmatique du monde qui nous entoure.
Toute décision prise et action
effectuée, nous affecte nous-même, mais aussi tous ceux qui nous
entourent. La réflexion et le maintien de l'esprit calme est
l'objectif premier de la pratique.
Tai
Sabaki Se déplacer.
A l'entraînement au Hombu dojo on peut
souvent entendre Soke demander à ce que les mouvements soient beaux.
C'est un des secrets pour assimiler correctement le Kokodo et pour
progresser. Malgré le fait que l'on pratique un art martial de self
défense, les déplacements se font sans brutalité, de façon
naturelle et raffinée, ce qui rend de plus la technique plus pure.
L'esprit transparaît dans l'attitude de travail.
Le
fondateur : Irie Yasuhiro Soke.
Soke Irie commence
son étude des arts martiaux au Jujutsu Hakko Ryu sous la direction
du fondateur Ryuho Okuyama. En 1977, il reçoit le plus haut titre
Menkyo Kaiden Shian San Daï Kichu et est directeur technique pendant
plusieurs années. Il quitte cette école en 1993 et décide de
fonder son propre style de Jujutsu et Shiatsu dans la voie des budos
traditionnels japonais.
Le Kokodo Jujutsu est fondé le 1er
Avril 1995 sous la direction de Soke Irie. Depuis Soke continue
encore à améliorer chaque jour en se référant aux principes Aïki
pour développer et approfondir ses techniques, en s'efforçant de
transmettre lui-même ses connaissances au Hombu dojo. Cet
enseignement d'homme à homme et d'esprit à esprit est évidemment
très enrichissant et Soke est mondialement connu pour sa
gentillesse, sa disponibilité et sa haute qualité d'enseignement.
Non seulement ses Koryus sont beaux à regarder, mais ils sont aussi
simples à appliquer et à apprendre au niveau Shoden.
Actuellement, il y a plus de 40 dojos
dans plus de 20 pays à travers le monde. Des étudiants de partout
viennent apprendre l'enseignement de Soke au Hombu dojo au Japon. Ils
peuvent y apprendre des techniques issues des principes Aïki de
grands maîtres tels Sokaku Takeda et Ueshiba.
Soji.
Nettoyer, pas seulement le sol, mais
aussi notre esprit.
C'est une coutume typiquement japonaise
de nettoyer avant ou après tout entraînement. Cela doit être fait
dans le calme et la discrétion par les plus jeunes et moins gradés.
Montrer sa volonté à remettre toute chose en place telle qu'on la
trouvée en arrivant ou même plus belle est un devoir. Cela démontre
notre humilité et notre volonté de progression.
Concepts
de base appliqués dans la pratique du Kokodo Jujutsu:
Il est très important pour tout
pratiquant de s'efforcer à appliquer ces principaux concepts de
manière à maintenir l'esprit développé par notre fondateur Soke
Irié dans l'étude du Kokodo Jujutsu. C'est vraiment la base de son
enseignement. En les négligeant, on oublie le fondement même de
notre pratique.
Fujiru : Aténuer la force.
Neutraliser la puissance adverse de diverses façons (voir çi
dessous) mais principalement dès la réception en anticipant
légèrement l'action adverse.
Datsu ryoku : Laisser
tomber la force. Rejeter l'utilisation de la force musculaire dans la
pratique.
Kuzushi : Balancer.
Contrôler par le travers, rompre l'agression. Mettre l'adversaire en
déséquilibre.
Sei tanden : Force du bas
ventre. Le tanden est situé quelques centimètres sous le nombril et
est considéré en Orient comme le siège de la Force. Utiliser la
posture et la respiration correcte permet de se servir de la
puissance du bas ventre.
Koshi kaiten : Puissance
des hanches.Utiliser la rotation des hanches pour mettre de la force
dans les mouvements de bras.
Koshi no ototsu : Evasion
de hanche. Permettre la souplesse permanente des hanches, ne pas les
maintenir raides. Les mouvements extrêmement rapides et invisibles
de corps sont fournis par le travail des hanches.
Maai : La distance. Etude
de la perception instantanée de la distance correcte de travail en
agression ou réception.
Tai sabaki : Mouvement du
corps. Utiliser le déplacement correct du corps, sans balacement, et
le poids du corps placé au centre pour maintenir une bonne
stabilité. Pour l'étude, seul, de ce mouvement, pensez à effectuer
le taï sabaki commandé par le regard de façon la plus naturelle
possible.
Ashi sabaki : Le
déplacement des pieds. Utiliser la marche japonaise (avec les genoux
légèrement pliés) et le mouvement correct des pieds pour maintenir
une bonne stabilité dans toute occasion.
Kakudo : L'angle. Utiliser
correctement un angle de réception en fonction de l'angle d'attaque
de façon à neutraliser la force adverse. Votre contrôle sur Uke
dépendra également de votre angle correct de travail en effectuant
la technique.
Takasa : La hauteur.
Utiliser correctement la hauteur du corps (en pliant les genoux).
Passer sous la force de l'adversaire si nécessaire, pour le
déstabiliser. Utiliser la puissance des muscles des cuisses, les
plus puissants du corps humains.
Zanshin : La vigilance.
Conscience mentale de toute chose, attention au respect et à sa
sauvegarde.
Metsuke : Le regard. Voir
toute chose sans fixer le regard. Enzan no metsuke ou regard au loin
qui englobe tout et permet aussi de percevoir les détails du paysage
grâce à l'attention que l'on placera à la perception de ces
petites choses insignifiantes au premier regard.
Dori : Le devoir.
L'obligation, le devoir, de faire toute chose correctement, dans la
bonne voie.
Rasen : La spirale.
Beaucoup de mouvements du Kokodo Jujutsu sont inspirés de cette
figure géométrique montante ou descendante au départ d'une
ellipse.
Les Atémis (les Gakuns font
parties des atemis).
Donnés sans brutalité, mais avec
contrôle. Non pas pour détruire l'adversaire, mais pour distraire,
mettre en déséquilibre, modifier la distance, permettre un contrôle
du corps, stopper momentanément, provoquer un changement d'esprit et
d'attitude chez le partenaire.
Etudier précisément les Kyushos,
points vitaux d'atémis, relatifs au shiatsu, indissociable du Kokodo
Jujutsu, est une nécessité et doit être pensé comme l'application
d'une méthode de soin ou de santé, et non une punition ou douleur à
infliger au partenaire.

