Kokodo-budo-Libramont
Douceur,
art interne.
La
douceur dans la pratique, c'est également le respect de soi-même et
du partenaire. Rien ne s'obtient par la force visible. Ce qui ne veut
pas dire que la force ne permet rien. Mais plutôt que le résultat
final n'est pas en faveur de l'application de force physique
apparente, mais est, in fine, surclassé par le mouvement doux qui
permet d'économiser sa dépense d'énergie, de préserver son
intégrité physique et d'utiliser au maximum toutes ses capacités
mentales, sans se focaliser sur le travail des muscles.
La
lenteur est un ingrédient indispensable pour acquérir les
mouvements corrects, mais la douceur est aussi plus importante pour
ressentir pleinement le potentiel énergétique du corps sans
appliquer de force visible.
Douceur
n'est pas nonchalance, ni relâchement désorganisé. Mais s'efforcer
de réaliser un mouvement le plus naturel possible, en plaçant
simultanément chaque partie du corps en action mobile constante et
continue. L'action doit être unifiée pour obtenir une efficacité
maximum dans un timing minimum.
C'est
par la douceur que l'on obtient la rapidité, la vitesse, la
spontanéité et ainsi créer la surprise chez l'adversaire. C'est
aussi la douceur qui permet la maîtrise de chaque acte, le gommage
de toute crispation et l'esprit Mushin.
La
douceur s'obtient en travaillant avec une respiration calme et
profonde, un tronc droit qui permet au souffle de descendre jusqu'au
ventre, les jambes souples et légèrement fléchies, les pieds
souples mais prêts à l'action. La disponibilité du corps est le
fruit d'une concentration de l'esprit à ressentir pleinement toutes
ces sensations corporelles et ce ne peut être réalisé que par la
douceur.
Les
arts internes chinois appliquent depuis des millénaires ces
préceptes issus du taoïsme. Ils sont toujours d'actualité dans la
pratique martiale actuelle. La souplesse et la rondeur des mouvements
extérieurs cache la puissance énergétique interne du pratiquant.
L'intention non fixée dirige tout mouvement. La puissance du ki est
cachée et contenue. La posture est souple et décontractée mais
vigilante. L'harmonie est totale entre le corps et l'esprit.
La
force physique ne doit pas être utilisée pour mobiliser l'énergie.
Il faut soigner le corps pour que l'âme s'y plaise. Si le corps est
calme et disponible, l'esprit peut tout lui demander. De même notre
volonté de répondre à une sollicitation doit se faire avec un
esprit calme et apaisé. Notre corps répondra alors de façon
correcte à notre intention.
La
douceur est la fusion totale du mental et du geste. C'est vraiment
une attitude de l'esprit qui se transmet au physique pour démontrer
disponibilité et réceptivité. La sensation du corps qui agit comme
un fouet. Accueillant et menaçant. Passant d'un état à l'autre
dans le temps d'un claquement de doigts.
Hypnotiser
son adversaire par un mouvement doux est l'art du serpent. Le temps
que l'intrus se questionne pour trouver une signification à ce qu'il
perçoit, il est trop tard.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire