vendredi 6 juillet 2018

Douceur, art interne.


Kokodo-budo-Libramont


Douceur, art interne.


La douceur dans la pratique, c'est également le respect de soi-même et du partenaire. Rien ne s'obtient par la force visible. Ce qui ne veut pas dire que la force ne permet rien. Mais plutôt que le résultat final n'est pas en faveur de l'application de force physique apparente, mais est, in fine, surclassé par le mouvement doux qui permet d'économiser sa dépense d'énergie, de préserver son intégrité physique et d'utiliser au maximum toutes ses capacités mentales, sans se focaliser sur le travail des muscles.
La lenteur est un ingrédient indispensable pour acquérir les mouvements corrects, mais la douceur est aussi plus importante pour ressentir pleinement le potentiel énergétique du corps sans appliquer de force visible.

Douceur n'est pas nonchalance, ni relâchement désorganisé. Mais s'efforcer de réaliser un mouvement le plus naturel possible, en plaçant simultanément chaque partie du corps en action mobile constante et continue. L'action doit être unifiée pour obtenir une efficacité maximum dans un timing minimum.
C'est par la douceur que l'on obtient la rapidité, la vitesse, la spontanéité et ainsi créer la surprise chez l'adversaire. C'est aussi la douceur qui permet la maîtrise de chaque acte, le gommage de toute crispation et l'esprit Mushin.
La douceur s'obtient en travaillant avec une respiration calme et profonde, un tronc droit qui permet au souffle de descendre jusqu'au ventre, les jambes souples et légèrement fléchies, les pieds souples mais prêts à l'action. La disponibilité du corps est le fruit d'une concentration de l'esprit à ressentir pleinement toutes ces sensations corporelles et ce ne peut être réalisé que par la douceur.

Les arts internes chinois appliquent depuis des millénaires ces préceptes issus du taoïsme. Ils sont toujours d'actualité dans la pratique martiale actuelle. La souplesse et la rondeur des mouvements extérieurs cache la puissance énergétique interne du pratiquant. L'intention non fixée dirige tout mouvement. La puissance du ki est cachée et contenue. La posture est souple et décontractée mais vigilante. L'harmonie est totale entre le corps et l'esprit.
La force physique ne doit pas être utilisée pour mobiliser l'énergie. Il faut soigner le corps pour que l'âme s'y plaise. Si le corps est calme et disponible, l'esprit peut tout lui demander. De même notre volonté de répondre à une sollicitation doit se faire avec un esprit calme et apaisé. Notre corps répondra alors de façon correcte à notre intention.

La douceur est la fusion totale du mental et du geste. C'est vraiment une attitude de l'esprit qui se transmet au physique pour démontrer disponibilité et réceptivité. La sensation du corps qui agit comme un fouet. Accueillant et menaçant. Passant d'un état à l'autre dans le temps d'un claquement de doigts.
Hypnotiser son adversaire par un mouvement doux est l'art du serpent. Le temps que l'intrus se questionne pour trouver une signification à ce qu'il perçoit, il est trop tard.


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