Keiseikaï
Dojo Libramont.
Shiseï. 姿勢
C'est
la posture, l'attitude. Représenté par deux kanji, la forme ou
image extérieure et la vigueur, l'énergie intérieure. Il s'agit
donc d'une connexion entre l'intérieur et l'extérieur de nous-même,
entre ce que l'on ressent et ce que l'on fait. C'est en quelque sorte
notre façon de nous montrer et de faire comprendre notre esprit aux
autres. Le Shiseï doit être contrôlé car il fait partie du Reiho,
l'étiquette. C'est un élément essentiel de la bonne tenue dans le
dojo. C'est le support et la base de tout apprentissage de technique.
Sans cela, pas de possibilité de progression.
Il
n'y a pas de véritable recette pour obtenir le bon Shiseï, c'est le
travail de toute une vie et ça ne s'arrête jamais. Et en plus,
c'est bourré de paradoxes. Ce doit être fluide mais avec une
tension, rapide et lent, englobant et incisif, profond et léger.
Bref, le shiseï doit démontrer un esprit et un corps totalement
disponibles, prêts à tout, mais sous constant contrôle et en éveil
permanent.
Au
début, après l'étude des gestes de base, il faut commencer par
démontrer la sincérité et le respect, c'est la base de
l'acquisition de la posture correcte, surtout au moment des saluts,
mais aussi durant tout le travail dans le dojo. La réception lors
d'une agression c'est le Shiseï. A force de pratique sérieuse,
votre attitude montrera un comportement humble, attentif à toute
chose bonne ou mauvaise, une image gaie et accueillante que vous
offrirez paisiblement aux autres.
La
communication avec les autres dans le dojo s'occidentalise fortement,
il est communément toléré de parler modérément et d'échanger
des points de vue, dans une certaine mesure, entre pratiquants. Ce
n'était pas le cas il y a quelques décennies. En tous cas,
s'exprimer verbalement de façon mesurée et contrôlée,
respectueuse de tous, est nécessaire au sein du dojo et cela fait
partie du Shiseï.
Metsuke :
le regard est un élément important du shiseï, le regard est
humble, bienveillant et englobant, mais aussi précis et neutre.
L’œil est l'activation de l'esprit mais aussi le retour de votre
réflexion. Si votre esprit est disponible, votre regard l'est aussi.
Si votre esprit est crispé, l’œil le sera également. Tout doit
être perçu, mais aussi relativisé.
Maaï :
le regard apporte la distance qui vous sépare de votre adversaire,
mais quelle est cette distance ? Maaï, étymologiquement peut
être traduit par une unité entre deux personnes de possibilité
d'attaque. Très poétiquement en japonais c'est le rayon de lune qui
passe sous une porte fermée. Un court message de danger, aussi
étroit qu'un joint de porte et une faible lumière de lune. Cette
distance se modifie et s'adapte suivant votre perception et votre
ressenti. Donc suivant votre propre expérience, tout au long de
votre évolution.
Kokyu :
la respiration abdominale orientale s'obtient aussi progressivement
en pratiquant concentré et en pression constante. Elle doit être
profonde et lente, mais peut aussi être courte et légère. A
l'image de l'esprit, disponible et flexible, permettant n'importe
quel mouvement de corps sans modification de la posture générale,
ni de la pression sur l'adversaire.
Le
corps est fluide, mais fort et prêt à tout. La pression sur le sol
est souple et légère. La tête est droite mais flexible. La nuque
et les reins sont forts. Le rythme est présent dans tous les
mouvements. L'esthétique des gestes, la beauté intérieure, la
bienveillance, mais aussi la prudence, ressortiront de votre seule
présence et permettront aussi de percevoir votre (force intérieure)
Ki. Le Shiseï, c'est le miroir du cœur.

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