vendredi 15 juin 2018

Jinaï - Shinsetsu


Kokodo-budo-Libramont


Jinaï, Shinsetsu.


Ces mots japonais peuvent être traduit par Bonté ou Bienveillance. Cela fait partie du rituel de politesse Aïsatsu. Le samouraï éduqué s'attache à ne pas dire seulement « merci » , mais « je vous suis reconnaissant de ce que vous faites pour moi », soit : « Yoroshiku onegaï shimasu ».
Cette bonté à l'égard d'autrui, c'est le côté féminin du caractère du guerrier qui donne une image élégante et une attitude révérencieuse, démontrant le contrôle de soi et le respect à l'égard d'autrui.
Mais la Bienveillance, c'est bien plus que cette première approche visuelle de politesse, c'est le vrai principe de la vertu de l'âme qui porte à désirer le bien-être d'autrui dans le dénuement matériel et qui est demandé au guerrier de mettre en pratique dans le Bushido. C'est le résultat et la finalité de la grandeur de l'âme selon le Bouddhisme, rejoint en cela par F.Hutcheson philosophe anglais du 18e siècle.
Ce dernier met d'ailleurs en garde : la bienveillance n'est pas un instrument servant une quelconque reconnaissance d'affection ou d'intérêt, mais une disposition vertueuse s'appliquant à ouvrir son cœur et son attention à l'autre. C'est lui signifier que l'on donne de l'importance à cette personne, qu'on la valorise. Cela crée un climat naturel de disposition et d'écoute de cette autre personne à vos propres aspirations.
C'est la qualité première exigée du supérieur ou de l'enseignant. Le principe de bienveillance fait d'ailleurs partie des outils modernes de bonne gouvernance, de convivialité et d'éducation enseignés aux dirigeants, responsables commerciaux, ainsi qu'aux enseignants de toutes écoles et éducateurs de mouvements de jeunesse.
La Bienveillance n'est pas laxisme ou complaisance, elle demande de la vigilance. Ce n'est pas un acquis, cela se travaille chaque jour en gérant ses émotions et en contrôlant ses attitudes. Cette attention à l'autre doit se faire sans calcul, sans besoin de retour, ni de jugement. Elle demande réflexion, il faut méditer sur ce qui est bien pour soi et pour les autres sans commettre d'injustice. Savoir ce qui est juste pour tous, c'est donner une dimension universelle à la bienveillance, cela ne se cantonne plus à un simple rapport de personne à personne.
Politesse, empathie, disponibilité, ponctualité, honnêteté, amabilité, voilà les qualités premières à mettre en pratique pour obtenir une communication enrichissante, à cela on peut ajouter une attitude (Shiseï) calme, souriante, positive et optimiste, en rejetant formellement moquerie et médisance. La Bienveillance demande vérité, rigueur et sagesse d'esprit. Toute communication verbale ou écrite doit être filtrée par la vérité, la qualité et l'utilité. Si ces trois aspects ne sont pas réunis, il faut s'attacher à rejeter cette communication.
Il ne doit pas y avoir de volonté de changer l'autre, mais simplement se forcer à modifier son propre comportement pour provoquer une ouverture d'esprit, sans attente de brusque amélioration, ni de jugement quelconque.

Donner le meilleur de soi, sans attente de retour. C'est le sens moral pur et beau, l'élévation de l'âme.

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