Kokodo-budo-Libramont
Jinaï,
Shinsetsu.
Ces
mots japonais peuvent être traduit par Bonté ou Bienveillance. Cela
fait partie du rituel de politesse Aïsatsu. Le samouraï éduqué
s'attache à ne pas dire seulement « merci » , mais
« je vous suis reconnaissant de ce que vous faites pour moi »,
soit : « Yoroshiku onegaï shimasu ».
Cette
bonté à l'égard d'autrui, c'est le côté féminin du caractère
du guerrier qui donne une image élégante et une attitude
révérencieuse, démontrant le contrôle de soi et le respect à
l'égard d'autrui.
Mais
la Bienveillance, c'est bien plus que cette première approche
visuelle de politesse, c'est le vrai principe de la vertu de l'âme
qui porte à désirer le bien-être d'autrui dans le dénuement
matériel et qui est demandé au guerrier de mettre en pratique dans
le Bushido. C'est le résultat et la finalité de la grandeur
de l'âme selon le Bouddhisme, rejoint en cela par F.Hutcheson
philosophe anglais du 18e siècle.
Ce
dernier met d'ailleurs en garde : la bienveillance n'est pas un
instrument servant une quelconque reconnaissance d'affection ou
d'intérêt, mais une disposition vertueuse s'appliquant à ouvrir
son cœur et son attention à l'autre. C'est lui signifier que l'on
donne de l'importance à cette personne, qu'on la valorise. Cela crée
un climat naturel de disposition et d'écoute de cette autre personne
à vos propres aspirations.
C'est
la qualité première exigée du supérieur ou de l'enseignant. Le
principe de bienveillance fait d'ailleurs partie des outils modernes
de bonne gouvernance, de convivialité et d'éducation enseignés aux
dirigeants, responsables commerciaux, ainsi qu'aux enseignants de
toutes écoles et éducateurs de mouvements de jeunesse.
La
Bienveillance n'est pas laxisme ou complaisance, elle demande de la
vigilance. Ce n'est pas un acquis, cela se travaille chaque jour en
gérant ses émotions et en contrôlant ses attitudes. Cette
attention à l'autre doit se faire sans calcul, sans besoin de
retour, ni de jugement. Elle demande réflexion, il faut méditer sur
ce qui est bien pour soi et pour les autres sans commettre
d'injustice. Savoir ce qui est juste pour tous, c'est donner une
dimension universelle à la bienveillance, cela ne se cantonne plus à
un simple rapport de personne à personne.
Politesse,
empathie, disponibilité, ponctualité, honnêteté, amabilité,
voilà les qualités premières à mettre en pratique pour obtenir
une communication enrichissante, à cela on peut ajouter une attitude
(Shiseï) calme, souriante, positive et optimiste, en rejetant
formellement moquerie et médisance. La Bienveillance demande vérité,
rigueur et sagesse d'esprit. Toute communication verbale ou écrite
doit être filtrée par la vérité, la qualité et
l'utilité.
Si ces trois aspects ne sont pas réunis, il faut s'attacher à
rejeter cette communication.
Il
ne doit pas y avoir de volonté de changer l'autre, mais simplement
se forcer à modifier son propre comportement pour provoquer une
ouverture d'esprit, sans attente de brusque amélioration, ni de
jugement quelconque.
Donner le meilleur de soi, sans attente de retour. C'est le sens
moral pur et beau, l'élévation de l'âme.

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