lundi 27 août 2018

Reiho


Kokodo-budo-Libramont

Reïho et Reïshiki.

Le Reïho (étiquette des saluts) est la première chose qui retiendra l'attention d'un expert lors d'une démonstration. La traduction de Reï, c'est « salut ». Mais la calligraphie japonaise est bien plus riche de sens et cela veut plutôt dire : « faire offrande à l'autre de sa profondeur de sentiment, de ce qui est divin en nous ».
Alors que d'ordinaire, le japonais cherche à ne pas montrer ce qu'il ressent, dans le salut, il veut montrer son respect et son désir de communiquer par un geste simple mais très riche en finesse. Toute sa profondeur de sentiment est dans son attitude et dans sa gestuelle en faisant le Reï. C'est aussi le respect de la tradition et des ancêtres. Ce moment unique n'est pas banal et doit être vécu avec attention.
Déjà dans le vestiaire du dojo, l'attention doit être au Reïho. Si l'habillement est incorrect, la pratique le sera aussi. En prenant son équipement à la maison, l'attention est aussi au Reïho. En saluant sa famille, ses collègues de travail, ses supérieurs, l'attention se fait ainsi naturellement avec la même intensité qu'au dojo.
Reïshiki, c'est la charte d'engagement du pratiquant à suivre les règles de bienséance dans la pratique à l'intérieur d'un dojo. Après quelques années, cela devient une règle de vie constante et naturelle, totalement imprégnée dans la vie courante et dans l'esprit de celui qui pratique avec engagement.
Saluer c'est vénérer, avec modération et humilité, les choses comme les personnes. Mais on ne salue pas de la même façon un mur d'honneur, le tatami, un senseï, un partenaire ou une arme. Chaque salut doit avoir une fonction riche de sens dans notre esprit. Savoir pourquoi on salue est primordial et cette raison est personnelle. Il doit y avoir un sens particulier à chaque chose que l'on fait, cela permet la profondeur du Reï.
Savoir anticiper c'est se sauvegarder. Celui qui a à l'esprit ce qu'il fait est attentif à toute chose qui permet de mieux faire. Être serein permet d'être disponible. L'esprit apaisé permet la réaction foudroyante.
Cultiver son esprit dans la recherche d'une attitude correcte et sereine pour chaque action est un art de vivre qui pousse naturellement au respect, voire même à la crainte si le désir de perturber est présent chez l'autre.
Les hommes à l'étiquette parfaite sont généralement les plus dangereux car ils ont une grande maîtrise d'eux-même en même temps qu'un grand respect de ce qu'ils pratiquent, donc forcément ils possèdent une grande connaissance de leur art.
Respecter la position de chaque chose et de chaque personne est impératif. Dans le dojo, le mur d'honneur est le Shomen ou Kamiza (s'il y a un autel ou une présentation graphique). Le senseï se place dos au Shomen. En face de lui, c'est le Shimoza, mur devant lequel se placent les élèves. A droite du senseï se placent les débutants (Kohaï), à gauche les plus anciens (Sempaï). Le mur de gauche par rapport au senseï est le Joseki, côté des anciens et des invités. Et le mur de droite est le Shimoseki, sortie et entrée dans le dojo.

Le salut Reï Shinto
Toute pratique sérieuse devrait commencer et se terminer par le salut Rei shinto, le salut traditionnel japonais en seiza dédié aux kami sama, âmes honorables, ancêtres fondateurs ou parents vénérés.Il faut s'imprégner pour cela de l'importance de la compréhension du dicton « Keiko Shakon », littéralement « apprendre du passé pour donner vie au présent », dans la recherche d'une pratique sérieuse en concordance avec l'âme du fondateur de l'école.
Ce salut est traditionnellement, en début de cours, une prière, un appel aux âmes des ancêtres à venir illuminer nos esprits pour permettre une pratique cohérente à celle du senseï et en fin de cours, un remerciement à ces mêmes acteurs spirituels de leur participation à notre pratique éclairée.
Voyons par le détail ce salut Rei Shinto : de la position seiza tournée vers le Shomen ou Kamiza, on salue deux fois en s'inclinant, puis on frotte deux fois les paumes de main l'une contre l'autre à hauteur du visage. A même hauteur, on frappe deux fois dans les mains et pour terminer, on s'incline pour un salut. Le tout est réalisé en suivant le rythme du senseï présent pour harmoniser l'ensemble de la gestuelle. L'important est de créer une communion entre tous les participants et les kamis, donc la réalisation la plus uniforme est demandée.
Il est évident que ce qui se passe dans la tête de chacun à ce moment est privé et unique. Cela peut être fait à une ou plusieurs fins personnelles, ayant chacune leur propre signification. Certains s'inclineront pour leurs parents ou autres membres de leur famille, d'autres pour leur professeur, ami, ou personne fortement présente dans leur pensée. Peu importe l'interprétation privée de ce salut, l'important est d'entrer en communion avec notre esprit et d'apaiser notre âme par un retour de cette connexion.
La base même du Shinto japonais est la liberté d'expression, de souhait, de vœux, de prière, sans règle écrite particulière. Le désir humain d'une vie paisible libre de toute entrave est une aspiration universelle, c'est l'esprit Shinto. Mais nous devons moralement par ce salut nous engager à respecter les volontés de ceux qui, avant nous, se sont engagés aussi à accomplir en particulier l'étude originale d'un Budo.
Les kihons (exercices) qui seront travaillés au cours de la pratique ont déjà derrière eux plusieurs siècles d'histoire et ont été transmis à travers de multiples générations de pratiquants emprunts de ce même esprit Shinto. Il est donc un devoir pour nous de tenter de retrouver cette âme originale qui est à la base de notre étude. Nous devons profiter un maximum de l'opportunité de pénétrer l'essence dissimulée de ces techniques grâce au senseï présent et à ce qu'il nous montre.
L'étude de Budo conduit le pratiquant à un haut niveau d'élévation de moralité et à un respect profond de sa propre vie, mais aussi de celle des autres, y compris son ennemi. Ainsi on parvient à un idéal de vie, à la réalisation d'un haut degré d'humanité.
Par le salut Shinto, on présente sa compréhension à l'esprit religieux traditionnel japonais lié à la pratique d'un Budo ou Bujutsu. C'est une forme d'engagement personnel dans la pratique à perpétuer l'esprit original de ce Budo traditionnel japonais.
Le Reï (salut ordinaire) doit montrer la confiance, le contrôle et le respect.
 Pas de précipitation,  juste se concentrer pour faire des gestes nets et posés. Pour prendre la position  Seiza ou Shakuza, descendre droit, sans se pencher en avant, en tordant légèrement les hanches pour poser genou gauche puis droit avec les mains posées sur le haut des cuisses. Hakama sabaki, léger balayage de la main droite à hauteur et derrière les genoux (gauche droite). Pas de bruits forts venant du hakama. Quand vous vous inclinez, ne montrez pas la nuque. Ne pas élever les fesses par rapport aux talons. Tenir 3 secondes avant de se redresser. Metsuke (regard) droit devant en se redressant. 
Avant le cours. Quand on entre dans le dojo, saluer debout avec profondeur en direction du Shomen ou Shinzen. Discrétion et politesse sont de rigueur, saluer vos partenaires, parler poliment et à voix basse, pas de gestes trop démonstratifs. Les Zoris doivent être alignées et placés les uns à côté des autres, pointe vers la sortie. Si les sacs sont dans le dojo, ils doivent être placés de façon à ne pas gêner le cours, si possible alignés sur le mur du fond et rangés (les vêtements repliés non dépassants)..
Au début du cours. Sur ordre du Sempaï « SEI RETS », tout le monde s'aligne sur sa position par ordre de grade. Le Sempaï annonce « Seiza (ou Shakuza) ». Tout le monde se met en seiza en même temps, de façon sobre et concentrée, regard vers l'avant, les gestes sont mesurés et l'attitude reste droite et fière. Le Sempaï annonce « Senseï ni reï » : on salue le ou les professeurs. Ensuite le Sempaï annonce « Otoga ni reï », le salut pour tous. Maintenir un salut profond trois secondes en prononçant « ONEGAISHIMAZU » et se redresser. Le senseï se lève d'abord et on attend ses instructions.
Fin de cours. Sur ordre du Sempaï « Sei Rets », tout le monde s'aligne sur lui. Le Sempaï annonce dès que le senseï se met à genoux « Seiza ou Shakuza » : on descend en seiza. Le Sempaï annonce « Senseï ni reï » : on salue le ou les professeurs et ensuite « Otoga ni reï » , le salut pour tous en prononçant « DOMO ORIGATO GOZAI MASHITA ». On attend que le senseï se redresse debout et on se met debout sur ordre du sempaï « Kiritsu ». On fait un dernier salut de politesse debout.
Fin de cours il est de coutume de saluer ces partenaires avec la formule « Domo arigato gosaimashta » (formule de remerciement).
Ne pas oublier de saluer vers le Shomen ou shinzen en quittant le tatami et le dojo.

Étiquette : Avant le cours.

Tout d'abord se présenter au cours avec une hygiène corporelle correcte. Habillé, vérifier votre tenue vestimentaire. Vérifier également que vous avez enlevé montre, bijou et autres fantaisies. Les ongles sont coupés courts et les cheveux longs attachés ou noués. Les boucles d'oreilles et sont fortement déconseillées. Par contre, le port de tabi est hautement conseillé.

Pendant le cours.

Le pratiquant est tenu de respecter les consignes de sécurité et de vérifier si son travail ne peut mettre en danger son partenaire ou ses autres collègues de travail.
Le travail avec partenaire doit se faire avec un profond respect de ce dernier pour éviter toute blessure physique ou psychique. Plus on monte en grade, plus l'attention doit être portée à cet aspect de la pratique, plus la responsabilité augmente face au partenaire.
La maîtrise de la parole est de rigueur durant tout le séjour dans le dojo, cela fait aussi partie du contrôle de soi et de l'étiquette. Le pratiquant veille à parler à voix basse, à ne pas déranger le travail des autres, à attendre le moment et l'attitude propice pour adresser la parole au senseï (uniquement lorsqu'il est face à vous et qu'il est disponible).
Les remarques aux autres pratiquants sont superflues et sans intérêt, elle ne peuvent que mettre le doute dans l'esprit des autres. Par contre, les félicitations et congratulations diverses sont autorisées de façon modérée et même recommandées, en fin de cours, après les saluts.
Le Reiho n'est pas uniquement une question d'attitudes physiques et de simple politesse, c'est une réflexion constante et un état d'esprit à maintenir pendant tout le cours, qui contribue à améliorer votre personnalité et votre contact aux autres.

Fin de cours.

Ne pas oublier de saluer vers le Shomen ou shinzen en quittant le tatami et le dojo.
Maintenir l'esprit du travail sérieux accompli le plus longtemps possible.



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