jeudi 22 novembre 2018

Le Sage


Kokodo-budo-Libramont


Le pot du sage.

Un sage réfléchi à la réponse qu'il peut donner à ses élèves venus lui demander comment gérer le temps et remplir au mieux leur agenda. Pour marquer les esprits embués, il leur fait en silence une petite démonstration. Il apporte un gros pot de verre vide, pour qu'ils en voient le futur contenu, le rempli de galets, puis demande : Ce pot est il plein ?
Oui, répondent les élèves. Il va chercher du gravier, revient devant ses élèves de plus en plus curieux et le fait descendre dans le pot, puis après que ses élèves aient encore jugés le pot plein, prend du sable fin et de nouveau le fait descendre dans le pot. Quand c'est terminé, il demande à nouveau : Ce pot est il plein ?
Cette fois oui, répondent les élèves. Alors le maître les quitte de nouveau un bref instant. Cette fois ils se demandent : il n'y a plus de place, que fait il encore ?
Mais il revient avec une cruche d'eau et la verse dans le pot jusqu'à début de débordement. Cette fois, c'est plein ! Dit il. Et que cela nous apprend t il ?
Qu'il y a toujours de la place pour de petites choses à faire dans notre emploi du temps, répond un élève qui se souvient du thème de la leçon.
Le sage répond : Non, pas du tout. Cette réflexion est primaire et sans profondeur. Rappelez vous l'ordre dans lequel j'ai rempli ce pot... Cela nous apprend surtout que l'on doit d'abord placer les choses importantes en premier, puis les moins graves ensuite et enfin les choses les plus ordinaires, celles qui coulent d'elles même. Si on fait l'inverse, le pot devient très difficile, voir impossible à remplir. Il faut agiter et secouer frénétiquement pour arriver à mettre tout en place, au risque de tout casser. Tandis que si on le réalise dans l'ordre que je vous ai montré, c'est facile. Remplir sa vie c'est cela, savoir quelles sont nos priorités et les placer avant toute autre chose, le reste se met de lui-même.

Le sage quitta son assemblée étrangement silencieuse, médusée par cette démonstration simple et claire.

Le problème c'est de savoir ce qui est vraiment important pour nous, de bien le déterminer sans se tromper et de le placer en premier. Combien de fois ne fonce-t-on pas tête baissée, pris par la nécessité du moment ou par des plaisirs futile ? On oublie de réaliser les choses qui nous tiennent réellement à cœur, celles qui ont une véritable nécessité, celles qui nous améliorent et nous apportent amour et bonheur. Inutile de remplir sa vie de peccadilles et de futilités, sinon il n'y a plus de place pour les choses essentielles que l'on regrettera d'avoir sous-estimées. Que ce soit en terme de travail, d'énergie sportive, d'argent, d'amour ou même de spiritualité, la pratique quotidienne de la méditation nous permettra de prendre le temps de nous poser fréquemment cette question : Qu'est ce qui est important dans ma vie, quelles sont mes grandes priorités ?...
Alors notre esprit s'éclaircira et nous placerons les gros galets en premier dans le pot de notre vie.

mercredi 7 novembre 2018

Metsubushi


Kokodo-budo-Libramont


Metsubushi.


Dans le niveau Yondan, on demande souvent de légèrement anticiper l'attaque adverse. Pour cela il faut que dans un même mouvement soient réalisés la réception et le début de la technique demandée. C'est là que les difficultés apparaissent. On peut remarquer que Tori réalise une réception mais sans placer son corps dans la technique, car son intention est de réaliser cette réception et d'éloigner Uké. Donc le travail se fait en deux temps avec deux mouvements de corps différents, celui de la réception et ensuite celui du départ de la technique du kata. Ce qui permet à Uké de se mouvoir et de se placer dans une position qui ne permet plus la réalisation correcte de la technique. On peut dire que Tori effectue correctement une réception de niveau Shodan pour préparer sa technique, mais que dans le niveau supérieur cela ne fonctionne plus.
Il faut faire évoluer cette réception dès le niveau Nidan, pour arriver à pouvoir anticiper et gommer le geste Metsubushi mais pas l'intention, dans le niveau Yondan. Progressivement le corps intégrera la réception dès le début de la technique et, vice versa, la technique dans la réception.
Le geste Metsubushi est une frappe du revers des doigts vers les yeux de l'adversaire. Ce geste est issu de techniques Ninjutsu de lancer de poudre dans les yeux adverses ou de lacérer le regard avec des lames dissimulées dans les ongles. Il ne s'agit donc pas à proprement parler d'une frappe destructrice, mais plutôt d'un leurre visant à déstabiliser l'adversaire un fraction de secondes pour pouvoir le contrôler. Le corps n'est donc pas placé pour effectuer une frappe comme un coup de poing et ne demande qu'un léger mouvement de bras en tendant les doigts vers les yeux.
Ne pas exagérer les gestes et les torsions est l'apprentissage du contrôle d'Uké. Mais avant d'y penser, le contrôle de soi demandé au niveau Shodan doit évoluer et devenir plus intense et plus fin. « Pas de technique sans réception » devient « La technique est la réception ».
Dès le niveau Nidan, il faut assouplir la réception et la réaliser uniquement avec le bas du corps pour éviter de tendre le corps vers l'avant dans le geste Metsubushi. Cette intention de frappe doit se remarquer avec le travail des hanches. Le travail des bras doit être beaucoup plus sobre.
L'intention doit aussi se focaliser sur les possibilités de travail de la main libre d'Uké et non plus uniquement sur celle qui saisit. Le danger vient en effet de cette main libre. Il faut l'éloigner et se placer hors d'atteinte de cette main.
Ensuite dans le niveau Sandan, on peut commencer l'apprentissage de petites anticipations pour pouvoir contrôler Uké en évitant de faire le geste complet Metsubushi. Ce n'est pas pour cela qu'il faut supprimer l'intention de cette réception. Bien au contraire, elle doit être maintenue avec conviction. La réception est alors réalisée essentiellement avec le corps, le geste de bras tendu a presque disparu. L'attention est complète à la main libre d'Uké, tout en plaçant le regard dans celui d'Uké.
C'est cet apprentissage progressif qui permettra de réaliser, au niveau Yondan, une légère anticipation de l'attaque d'Uké pour pouvoir se positionner favorablement dès le début de la tentative de saisie avec un mouvement de corps qui permette de réaliser, ensembles, technique du kata et réception. Tout cela sans exagération, pour maintenir Uké dans la position recherchée de déstabilisation qui permette de continuer la réalisation de la technique de façon souple, mais aussi intense.
Dans le niveau Godan, Metsubushi n'est plus qu'une esquisse du geste, mais l'anticipation est totale. Le regard n'est plus focalisé sur l'adversaire mais sur l'environnement. Dès l'intention d'agression, le corps réagi instinctivement et se positionne correctement en réponse à la perception reçue. Les gestes viennent naturellement sans effort, sans contrainte, L'esprit est apaisé.


Arts internes

  Arts internes. Dans les arts martiaux chinois, les «formes internes» s’opposent à celles que l’on appellent les «formes externes»...