Kokodo-budo-Libramont
Metsubushi.
Dans le niveau Yondan, on demande
souvent de légèrement anticiper l'attaque adverse. Pour cela il
faut que dans un même mouvement soient réalisés la réception et
le début de la technique demandée. C'est là que les difficultés
apparaissent. On peut remarquer que Tori réalise une réception mais
sans placer son corps dans la technique, car son intention est de
réaliser cette réception et d'éloigner Uké. Donc le travail se
fait en deux temps avec deux mouvements de corps différents, celui
de la réception et ensuite celui du départ de la technique du kata.
Ce qui permet à Uké de se mouvoir et de se placer dans une position
qui ne permet plus la réalisation correcte de la technique. On peut
dire que Tori effectue correctement une réception de niveau Shodan
pour préparer sa technique, mais que dans le niveau supérieur cela
ne fonctionne plus.
Il faut faire évoluer cette
réception dès le niveau Nidan, pour arriver à pouvoir anticiper et
gommer le geste Metsubushi mais pas l'intention, dans le niveau
Yondan. Progressivement le corps intégrera la réception dès
le début de la technique et, vice versa, la technique dans la
réception.
Le geste Metsubushi est une frappe du
revers des doigts vers les yeux de l'adversaire. Ce geste est issu de
techniques Ninjutsu de lancer de poudre dans les yeux adverses ou de
lacérer le regard avec des lames dissimulées dans les ongles. Il ne
s'agit donc pas à proprement parler d'une frappe destructrice, mais
plutôt d'un leurre visant à déstabiliser l'adversaire un fraction
de secondes pour pouvoir le contrôler. Le corps n'est donc pas placé
pour effectuer une frappe comme un coup de poing et ne demande qu'un
léger mouvement de bras en tendant les doigts vers les yeux.
Ne pas exagérer les gestes et les
torsions est l'apprentissage du contrôle d'Uké. Mais avant d'y
penser, le contrôle de soi demandé au niveau Shodan doit évoluer
et devenir plus intense et plus fin. « Pas de technique sans
réception » devient « La technique est la réception ».
Dès le niveau Nidan, il faut
assouplir la réception et la réaliser uniquement avec le bas du
corps pour éviter de tendre le corps vers l'avant dans le geste
Metsubushi. Cette intention de frappe doit se remarquer avec le
travail des hanches. Le travail des bras doit être beaucoup plus
sobre.
L'intention doit aussi se focaliser sur
les possibilités de travail de la main libre d'Uké et non plus
uniquement sur celle qui saisit. Le danger vient en effet de cette
main libre. Il faut l'éloigner et se placer hors d'atteinte de cette
main.
Ensuite dans le niveau Sandan, on peut
commencer l'apprentissage de petites anticipations pour pouvoir
contrôler Uké en évitant de faire le geste complet Metsubushi. Ce
n'est pas pour cela qu'il faut supprimer l'intention de cette
réception. Bien au contraire, elle doit être maintenue avec
conviction. La réception est alors réalisée essentiellement avec
le corps, le geste de bras tendu a presque disparu. L'attention est
complète à la main libre d'Uké, tout en plaçant le regard dans
celui d'Uké.
C'est cet apprentissage progressif qui
permettra de réaliser, au niveau Yondan, une légère anticipation
de l'attaque d'Uké pour pouvoir se positionner favorablement dès le
début de la tentative de saisie avec un mouvement de corps qui
permette de réaliser, ensembles, technique du kata et réception.
Tout cela sans exagération, pour maintenir Uké dans la position
recherchée de déstabilisation qui permette de continuer la
réalisation de la technique de façon souple, mais aussi intense.
Dans le niveau Godan, Metsubushi n'est
plus qu'une esquisse du geste, mais l'anticipation est totale. Le
regard n'est plus focalisé sur l'adversaire mais sur
l'environnement. Dès l'intention d'agression, le corps réagi
instinctivement et se positionne correctement en réponse à la
perception reçue. Les gestes viennent naturellement sans effort,
sans contrainte, L'esprit est apaisé.

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