mercredi 7 novembre 2018

Metsubushi


Kokodo-budo-Libramont


Metsubushi.


Dans le niveau Yondan, on demande souvent de légèrement anticiper l'attaque adverse. Pour cela il faut que dans un même mouvement soient réalisés la réception et le début de la technique demandée. C'est là que les difficultés apparaissent. On peut remarquer que Tori réalise une réception mais sans placer son corps dans la technique, car son intention est de réaliser cette réception et d'éloigner Uké. Donc le travail se fait en deux temps avec deux mouvements de corps différents, celui de la réception et ensuite celui du départ de la technique du kata. Ce qui permet à Uké de se mouvoir et de se placer dans une position qui ne permet plus la réalisation correcte de la technique. On peut dire que Tori effectue correctement une réception de niveau Shodan pour préparer sa technique, mais que dans le niveau supérieur cela ne fonctionne plus.
Il faut faire évoluer cette réception dès le niveau Nidan, pour arriver à pouvoir anticiper et gommer le geste Metsubushi mais pas l'intention, dans le niveau Yondan. Progressivement le corps intégrera la réception dès le début de la technique et, vice versa, la technique dans la réception.
Le geste Metsubushi est une frappe du revers des doigts vers les yeux de l'adversaire. Ce geste est issu de techniques Ninjutsu de lancer de poudre dans les yeux adverses ou de lacérer le regard avec des lames dissimulées dans les ongles. Il ne s'agit donc pas à proprement parler d'une frappe destructrice, mais plutôt d'un leurre visant à déstabiliser l'adversaire un fraction de secondes pour pouvoir le contrôler. Le corps n'est donc pas placé pour effectuer une frappe comme un coup de poing et ne demande qu'un léger mouvement de bras en tendant les doigts vers les yeux.
Ne pas exagérer les gestes et les torsions est l'apprentissage du contrôle d'Uké. Mais avant d'y penser, le contrôle de soi demandé au niveau Shodan doit évoluer et devenir plus intense et plus fin. « Pas de technique sans réception » devient « La technique est la réception ».
Dès le niveau Nidan, il faut assouplir la réception et la réaliser uniquement avec le bas du corps pour éviter de tendre le corps vers l'avant dans le geste Metsubushi. Cette intention de frappe doit se remarquer avec le travail des hanches. Le travail des bras doit être beaucoup plus sobre.
L'intention doit aussi se focaliser sur les possibilités de travail de la main libre d'Uké et non plus uniquement sur celle qui saisit. Le danger vient en effet de cette main libre. Il faut l'éloigner et se placer hors d'atteinte de cette main.
Ensuite dans le niveau Sandan, on peut commencer l'apprentissage de petites anticipations pour pouvoir contrôler Uké en évitant de faire le geste complet Metsubushi. Ce n'est pas pour cela qu'il faut supprimer l'intention de cette réception. Bien au contraire, elle doit être maintenue avec conviction. La réception est alors réalisée essentiellement avec le corps, le geste de bras tendu a presque disparu. L'attention est complète à la main libre d'Uké, tout en plaçant le regard dans celui d'Uké.
C'est cet apprentissage progressif qui permettra de réaliser, au niveau Yondan, une légère anticipation de l'attaque d'Uké pour pouvoir se positionner favorablement dès le début de la tentative de saisie avec un mouvement de corps qui permette de réaliser, ensembles, technique du kata et réception. Tout cela sans exagération, pour maintenir Uké dans la position recherchée de déstabilisation qui permette de continuer la réalisation de la technique de façon souple, mais aussi intense.
Dans le niveau Godan, Metsubushi n'est plus qu'une esquisse du geste, mais l'anticipation est totale. Le regard n'est plus focalisé sur l'adversaire mais sur l'environnement. Dès l'intention d'agression, le corps réagi instinctivement et se positionne correctement en réponse à la perception reçue. Les gestes viennent naturellement sans effort, sans contrainte, L'esprit est apaisé.


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