lundi 28 octobre 2019

Tsukuri Kake


Kokodo-budo-Libramont



Tsukuri - Kake.


Tsukuri est la préparation, l'attitude physique de réception que Tori place en réponse à une agression d'Uke.

Kake est l'enchaînement de la technique, l'engrenage fluide dans lequel Tori place Uke pour contrôler l'agression.

Tsukuri et kake sont deux termes habituellement utilisés en Judo. Ce sont des choses séparées et consécutives, mais en réalité elles devraient fusionner pour ne faire qu'un. La préparation et la technique se rejoignent pour ne former qu'une action instantanée. Cet apprentissage de synchronisation se développe petit à petit pour permettre à Tori d'enchaîner en un temps la réception et l'application de la technique sans marquer d'arrêt.

Pour ne pas donner à Uke de possibilité de réaction ou de se restabiliser, il est indispensable de réaliser cette succession d'actions dans un tempo réduit mais pas dans la précipitation. Il s'agit plutôt de fluidité continue, comme un flot ininterrompu, sans coupure, ni rupture de rythme.

L'apprentissage du jujutsu passe par la réalisation de phases arrêtées et l'aimable complaisance d'Uke. Mais l'acquisition réelle ne peut être faite que dans l'enchaînement complet des actions sans possibilité de réaction d'Uke: réception avec déséquilibre (Kuzushi) d'Uke, application de la technique choisie et en final la clé contrôlée sur Uke. Si le corps ne suit pas, c'est que la volonté d'action est trop forte par rapport à la souplesse corporelle. Si le corps bouge trop tôt ou que l'on utilise la force, c'est que l'esprit n'est pas dans l'action mais aussi dans la volonté de faire. Mettre l'esprit en concordance avec l'action c'est agir instinctivement, sans réelle intention forte. D'où l'utilisation de la douceur et de départ lent, en gommant l'égo. L'idée d'aspirer Uke en l'invitant à attaquer devrait inspirer Tori pour sentir la bonne attitude de travail.

Dans le mouvement du déséquilibre léger d'Uke durant la réception, Tori place déjà son corps pour se trouver directement dans une position optimale pour l'application de la technique envisagée sur Uke. La réalisation simultanée des deux actions réception et placement de corps, associée à une légère anticipation sur la saisie ou la frappe d'Uke, sont nécessaires à Tori pour pouvoir répondre efficacement à l'agression.


jeudi 10 octobre 2019

Taï Sabaki


Kokodo-budo-Libramont

Taï Sabaki.


Le déplacement. C'est peut être le premier apprentissage dans la pratique martiale et aussi celui qui doit être travaillé le plus longtemps. L'art de bouger peut paraître facile, mais dans la réalité du combat, il n'en est rien.
La respiration est la première chose à maîtriser. Les gestes doivent être précis et économiseurs d'énergie. Maintenir l'esprit calme et la respiration ancrée dans le bas ventre. ne pas monter trop le corps et ouvrir trop la poitrine, ne pas creuser le dos. Tendre la nuque avec un regard horizontal, placer le menton vers la poitrine, mettre de la force dans les reins et le tanden. Le maintien du corps droit et des épaules relâchées est important.
La sensation d'équilibre doit aussi être permanente. L'idée n'est pas de bouger n'importe comment vers l'adversaire ou en recul, mais bien d'être perpétuellement en chasse d'opportunité.
Pour cela, la stabilité constante est aussi primordiale que la mobilité de la tête. L'équilibre doit être autant mental que physique. Répondre correctement à l'agression se fait de manière mesurée et appropriée. L'esprit doit être clair, libre de toute perception et sans intention. La créativité des gestes doit être spontanée. Taï sabaki doit commencer doucement pour se terminer soudainement.
Le mouvement doit commencer par la perception soit du regard ou de l'ouïe. La tête tourne et le corps suit le plus naturellement possible la perception. Toute la difficulté vient du mot naturellement. En effet, le petit bébé tourne instinctivement la tête et son corps suit, il étonne ses parents par sa facilité de retournement. Mais les contraintes physiques s'accumulent vite et après quelques années on peut déjà remarquer le manque de liberté dans les mouvements. Les enfants qui font de la danse retrouvent facilement cette liberté, la danse leur impose d'assouplir leurs gestes. La perception de ses propres sensations est aussi importante que celle des mouvements de l'adversaire. L'aisance naturelle doit être redécouverte, et contradictoirement pour l'atteindre, la maîtrise de soi doit entrer en action.
L'harmonisation des mouvements se fait par l'esprit calme et l'écoute de soi. La justesse et l'opportunité de chaque mouvement se fait en fonction des disponibilités corporelles et de l'intention de voir ce qui se passe tout en restant en équilibre constant. Voilà le vrai sens du Taï sabaki. Placer le corps dans l'action. Unir le corps à l'esprit.
Bien sur, le mimétisme gestuel complique encore un peu les choses. Il faut faire comme le senseï montre. Ne vous formalisez pas, le senseï est encore en recherche, il ne faut pas copier intégralement ses gestes. Mais plutôt tâcher d'intégrer dans vos possibilités des gestes s'approchant de ceux du senseï tout en sentant ce que vous faites. L'imperceptibilité des petits gestes du senseï diminuera au fur et à mesure de la pratique. La découverte est permanente si l'attention l'est aussi.
Le corps mouvant est l'âme du ninjutsu, ancêtre du jujutsu. Le Taï sabaki est donc essentiel dans la pratique martiale du jujutsu. Si on parvient à associer complètement l'idée de corps et d'esprit de combat dans une seule entité instinctive, on obtient le taï sabaki pur.
Beaucoup de démonstrations d'experts martiaux sont issues de mouvements imperceptibles des hanches et du dos. Ces mouvements sont tellement rapides que le regard ne peut les accrocher. Cela paraît magique ! Les vêtements cachent aussi une grande parties de ces mouvements. Mais le secret est dans la fluidité du corps et sa disponibilité. Se détendre et éviter les crispations.
Penser aux sensations engrangées et à la finalité du mouvement. Pour désirer savoir ce qui se passe derrière,il ne faut pas reculer, ni avancer, mais simplement pivoter sur un axe le plus simplement possible en maintenant votre équilibre. Le centrage du corps sur son axe est permanent dans tout le mouvement. Les bras ne servent pas de balancier au corps. Ce sont les jambes qui sont le support du corps. Les bras sont maintenus en protection, mains ouvertes verticales, coudes à 10cm du buste. Le regard est maintenu horizontal pendant tout le mouvement.

Arts internes

  Arts internes. Dans les arts martiaux chinois, les «formes internes» s’opposent à celles que l’on appellent les «formes externes»...