Kokodo-budo-Libramont
Regard
sur soi.
La
compassion, cet affect que nous avons envers autrui, l'avons nous
envers nous-même ? Il n'est pas inutile de s'y attarder.
Se
voir tel que l'on est vraiment est un vrai challenge permanent et
nous devons travailler chaque jour à améliorer au quotidien cette
vision. Se dénigrer est inutile et ne permet aucun mieux. Se
surestimer n'est pas meilleur. Efforçons nous à tendre notre esprit
vers une vue objective de ce que nous sommes vraiment et de ce que
nous montrons, sans pour autant dramatiser la situation. La
méditation calme Zen est vraiment utile à cette réalisation.
Prendre du temps à la réflexion est essentiel.
Cette
relation qui nous pousse à agir pour nous rendre ou rendre l'autre
meilleur ne doit pas se faire sous le sentiment de culpabilité mais
sous un élan naturel de bonté. Nous devons avoir une attention
identique à notre propre besoin de devenir meilleur. Se dépasser
est une affaire de cœur, pas uniquement un vague objectif que nous
nous rappelons de temps en temps.
Vouloir
comprendre celui qu'on aide en s'identifiant à lui est souvent un
échec. De même, vouloir se comprendre et s'analyser sans cesse est
une erreur. Seule l'attention intelligente à la progression nous
permet d'avancer en mémorisant les sensations du corps qui nous
plaisent et aussi nous rendent meilleur.
Si
nous aidons autrui en lui donnant de la valeur, une reconnaissance
réciproque et profonde s’établit, c'est idem pour nous-mêmes.
Donnons nous également une valeur réelle et une reconnaissance
profonde. La principale qualité de la compassion est l'établissement
de relations de cœur.
Notre
propre sentiment de vulnérabilité nous pousse à agir avec
compassion sur la souffrance d'autrui. C'est aussi ce même sentiment
de futilité de l'existence et de perception de mort qui nous pousse
à nous dépasser pour donner un sens à notre vie. Si nous n'avons
pas cette perception imminente de danger, notre corps ne peut accéder
pleinement à un dépassement de ses capacités. Ouvrir notre regard
à nos capacités est le rôle des vrais senseïs, mais nous ne
pouvons y accéder qu'en nous plaçant dans un état d'esprit de
vulnérabilité, d'humilité.
La
maladresse fait partie de l'humanité compatissante. Ce n'est pas de
l'incompétence, au contraire, c'est un mouvement incontrôlé du
cœur. S'accorder le droit à l'erreur est essentiel.
La
souffrance étant éternelle pendant l'existence, la compassion l'est
aussi, avec un sentiment de travail ou bonheur inachevé. Notre
propre progression est identique.

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