vendredi 1 juin 2018

Attitude


Kokodo-budo-Libramont



Attitude de travail dans le dojo.


L'étiquette dans le dojo, s'appelle Reiho. Voyons en détail les qualités de cette attitude de travail dans le dojo.
Elle doit être emprunte de contrôle de soi, respect et patience.
L'attitude doit être profondément différente de celle des vestiaires ou de l'extérieur. Dès le salut d'entrée dans le dojo ou dès le salut qui marque le début de la pratique dans un hall et ce jusqu'à la fin soit la sortie du dojo ou le salut qui marque la fin de la pratique dans un hall, le calme et la concentration doivent être présents. Il est très difficile, pour tout le monde, de maintenir attention à cette façon de faire pendant toute la durée du cours. Mais nous devons tous nous y efforcer. Nous ne sommes pas au Japon et notre mentalité d'occidental correspond mal à cette façon d'être, mais de toute façon, lors des stages avec Senseï japonais nous nous efforçons de maintenir cette attitude, alors pourquoi ne pas commencer déjà dans notre dojo ?
Celui qui dirige le cours (Senseï) et le plus ancien (Sempaï) ont une grande responsabilité dans le maintien d'une attitude correcte pendant tout le cours, car l'exemple vient d'eux. Revenons sur ces trois qualités évoquées plus haut : Contrôle de soi, Respect et Patience et voyons comment, tous, quelque soit notre niveau, nous devons les communiquer aux autres.
L' habit propre et la tenue correcte sont les premiers éléments.
La posture et les salutations sont les éléments suivants.
La courtoisie et le respect de l'autre lors de nos déplacements ou prise de position de travail sont importants et témoignent de notre volonté de pratique en toute sécurité.
Et enfin, notre attitude de travail, senseï, sempaï et kohaï, durant tout le cours doit être concentrée sur ces trois qualités à mettre en pratique avec tout notre coeur.

L'échauffement, généralement donné par le sempaï, doit préparer le kohaï dans un rythme continu sans effort cardiaque intense pendant une quinzaine de minutes. La maîtrise de la gestuelle est importante, il faut travailler en souplesse mais de façon concentrée et suivant une cadence qui respecte la condition physique de chacun, tout en maintenant un effort continu. Les remarques du senseï pendant l'échauffement doivent être minimes et très courtes. Le maintien du silence et de la sérénité pendant cet effort sera déjà un premier test à gérer.
Pendant le cours proprement dit, les seuls moments pendant lesquels les pratiquants peuvent s'exprimer oralement sur invitation du senseï sont les Shugos (rassemblements pour instruction).
Normalement, le kohaï ne s'exprime que sur invitation du senseï.
Pour correspondre avec le senseï, le kohaï attend sa disponibilité et le salue avant d'entamer la conversation. Puis salue pour remercier des explications reçues.
En dehors de ces moments, il n'y a pas de raisons de s'exprimer verbalement, sauf demander de l'aide ou la permission de quitter le cours.
Si on doit communiquer avec son ou ses partenaires, on le fera à voix basse, de façon la plus brève possible.



Le silence est nécessaire à la concentration, qui est un élément fondamental de la progression. Senseï montre ou explique avec un minimum de mots le message à faire passer aux pratiquants et demande s'il y a des questions. Seulement à ce moment on peut communiquer.
Normalement, c'est le sempaï qui donne l'instruction Shugo, quand il sent que le senseï se prépare à donner des explications. La position pendant le Shugo est la position seiza. Une position assise Zazen est permise si les explications durent plus de 5 min.
Chaque fin de rassemblement (shugo) doit être marquée par un salut envers la personne qui donne des explications. Les pratiquants sont tenus de se dépêcher à entendre les explications et aussitôt après à reprendre leur place pour pratiquer. La lenteur dans ces moments pourrait être prise pour de la nonchalance et un manque de volonté de pratique.
Le sempaï ou l'instructeur s'efforce de donner le moins possible de remarques individuelles pendant le cours, la plupart des consignes doivent se faire pour tout le groupe présent.
De manière générale, il s'efforce de ne montrer aucune action, parole ou sourire qui pourrait être interprété comme moquerie à l'égard d'un ou de plusieurs pratiquants. Le maintien d'un climat de travail serein et enrichissant est primordial pour l'évolution de chacun. Les instructions sont données de manière calme sans élever la voix, le rythme de travail aussi doit être serein et adapté aux débutants qui sont présents.
Lors de la pratique, l'attention doit être portée sur chacun, sans oublier le débutant kohaï, ni le Sempaï (plus ancien). Le rythme de travail doit être maintenu et ne doit pas être cassé par le nombre ou la durée des explications.
Le Sempaï veille au bien être de chacun et à la bonne communication au sein du groupe. Il est aussi l'exemple à suivre et doit en être conscient dans son attitude, dans ses paroles et dans sa pratique. Il est aussi responsable de la bonne tenue dans le dojo et ne doit tolérer aucune ségrégation, discrimination, harcèlement, même minime, à l'égard de quiconque. Son autorité naturelle est basée sur le respect mutuel.
Le pratiquant débutant s'efforce de suivre suivant son niveau, se met en retrait sans sentiment de rejet s'il se sent dépassé. La concentration doit rester présente pendant tout le cours, ne pas se laisser distraire est difficile pour chacun. La patience envers soi-même et envers les autres doit faire partie de l'apprentissage. Faire de son mieux, sans jugement négatif, sans sentiment de culpabilité, doit être le maître-mot du kohaï.
Le respect mutuel est l'élément fondamental de cohésion du groupe de travail. Il faut pratiquer et enseigner avec son coeur, en calmant son égo et en recherchant à aider l'autre pour progresser soi-même. La pratique d'arts martiaux japonais a une finalité de grandeur humaine et de fraternité, et non une recherche d'acquisition de facultés permettant de soumettre les autres. C'est avec cet esprit que l'on évolue en qualité dans la pratique martiale.

Toutes ces directives peuvent paraître lourdes, mais forcent les pratiquants à maintenir ces trois qualités demandées. L'harmonie construite pendant le cours par chacun doit enrichir tout le groupe. Et de même, le ressenti de chacun sera amélioré par la qualité du travail collectif. Un sentiment de satisfaction et de plénitude devrait nous envahir tous, lors du salut final à la fin du cours. A ce moment là, on se rend compte du bénéfice que l'on en retire.

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