Kokodo-budo-Libramont
Attitude
de travail dans le dojo.
L'étiquette
dans le dojo, s'appelle Reiho. Voyons en détail les qualités de
cette attitude de travail dans le dojo.
Elle
doit être emprunte de contrôle de soi, respect et patience.
L'attitude
doit être profondément différente de celle des vestiaires ou de
l'extérieur. Dès le salut d'entrée dans le dojo ou dès le salut
qui marque le début de la pratique dans un hall et ce jusqu'à la
fin soit la sortie du dojo ou le salut qui marque la fin de la
pratique dans un hall, le calme et la concentration doivent être
présents. Il est très difficile, pour tout le monde, de maintenir
attention à cette façon de faire pendant toute la durée du cours.
Mais nous devons tous nous y efforcer. Nous ne sommes pas au Japon et
notre mentalité d'occidental correspond mal à cette façon d'être,
mais de toute façon, lors des stages avec Senseï japonais nous nous
efforçons de maintenir cette attitude, alors pourquoi ne pas
commencer déjà dans notre dojo ?
Celui
qui dirige le cours (Senseï) et le plus ancien (Sempaï) ont une
grande responsabilité dans le maintien d'une attitude correcte
pendant tout le cours, car l'exemple vient d'eux. Revenons sur ces
trois qualités évoquées plus haut : Contrôle de soi,
Respect et Patience et voyons comment, tous, quelque soit
notre niveau, nous devons les communiquer aux autres.
L'
habit propre et la tenue correcte sont les premiers éléments.
La
posture et les salutations sont les éléments suivants.
La
courtoisie et le respect de l'autre lors de nos déplacements ou
prise de position de travail sont importants et témoignent de notre
volonté de pratique en toute sécurité.
Et
enfin, notre attitude de travail, senseï, sempaï et kohaï, durant
tout le cours doit être concentrée sur ces trois qualités à
mettre en pratique avec tout notre coeur.
L'échauffement,
généralement donné par le sempaï, doit préparer le kohaï dans
un rythme continu sans effort cardiaque intense pendant une quinzaine
de minutes. La maîtrise de la gestuelle est importante, il faut
travailler en souplesse mais de façon concentrée et suivant une
cadence qui respecte la condition physique de chacun, tout en
maintenant un effort continu. Les remarques du senseï pendant
l'échauffement doivent être minimes et très courtes. Le maintien
du silence et de la sérénité pendant cet effort sera déjà un
premier test à gérer.
Pendant
le cours proprement dit, les seuls moments pendant lesquels les
pratiquants peuvent s'exprimer oralement sur invitation du senseï
sont les Shugos (rassemblements pour instruction).
Normalement,
le kohaï ne s'exprime que sur invitation du senseï.
Pour
correspondre avec le senseï, le kohaï attend sa disponibilité et
le salue avant d'entamer la conversation. Puis salue pour remercier
des explications reçues.
En
dehors de ces moments, il n'y a pas de raisons de s'exprimer
verbalement, sauf demander de l'aide ou la permission de quitter le
cours.
Si
on doit communiquer avec son ou ses partenaires, on le fera à voix
basse, de façon la plus brève possible.
Le silence est nécessaire à la concentration, qui est un élément
fondamental de la progression. Senseï montre ou explique avec un
minimum de mots le message à faire passer aux pratiquants et demande
s'il y a des questions. Seulement à ce moment on peut communiquer.
Normalement,
c'est le sempaï qui donne l'instruction Shugo, quand il sent que le
senseï se prépare à donner des explications. La position pendant
le Shugo est la position seiza. Une position assise Zazen est permise
si les explications durent plus de 5 min.
Chaque
fin de rassemblement (shugo) doit être marquée par un salut envers
la personne qui donne des explications. Les pratiquants sont tenus de
se dépêcher à entendre les explications et aussitôt après à
reprendre leur place pour pratiquer. La lenteur dans ces moments
pourrait être prise pour de la nonchalance et un manque de volonté
de pratique.
Le
sempaï ou l'instructeur s'efforce de donner le moins possible de
remarques individuelles pendant le cours, la plupart des consignes
doivent se faire pour tout le groupe présent.
De
manière générale, il s'efforce de ne montrer aucune action, parole
ou sourire qui pourrait être interprété comme moquerie à l'égard
d'un ou de plusieurs pratiquants. Le maintien d'un climat de travail
serein et enrichissant est primordial pour l'évolution de chacun.
Les instructions sont données de manière calme sans élever la
voix, le rythme de travail aussi doit être serein et adapté aux
débutants qui sont présents.
Lors
de la pratique, l'attention doit être portée sur chacun, sans
oublier le débutant kohaï, ni le Sempaï (plus ancien). Le rythme
de travail doit être maintenu et ne doit pas être cassé par le
nombre ou la durée des explications.
Le
Sempaï veille au bien être de chacun et à la bonne communication
au sein du groupe. Il est aussi l'exemple à suivre et doit en être
conscient dans son attitude, dans ses paroles et dans sa pratique. Il
est aussi responsable de la bonne tenue dans le dojo et ne doit
tolérer aucune ségrégation, discrimination, harcèlement, même
minime, à l'égard de quiconque. Son autorité naturelle est basée
sur le respect mutuel.
Le
pratiquant débutant s'efforce de suivre suivant son niveau, se met
en retrait sans sentiment de rejet s'il se sent dépassé. La
concentration doit rester présente pendant tout le cours, ne pas se
laisser distraire est difficile pour chacun. La patience envers
soi-même et envers les autres doit faire partie de l'apprentissage.
Faire de son mieux, sans jugement négatif, sans sentiment de
culpabilité, doit être le maître-mot du kohaï.
Le
respect mutuel est l'élément fondamental de cohésion du groupe de
travail. Il faut pratiquer et enseigner avec son coeur, en calmant
son égo et en recherchant à aider l'autre pour progresser soi-même.
La pratique d'arts martiaux japonais a une finalité de grandeur
humaine et de fraternité, et non une recherche d'acquisition de
facultés permettant de soumettre les autres. C'est avec cet esprit
que l'on évolue en qualité dans la pratique martiale.
Toutes
ces directives peuvent paraître lourdes, mais forcent les
pratiquants à maintenir ces trois qualités demandées. L'harmonie
construite pendant le cours par chacun doit enrichir tout le groupe.
Et de même, le ressenti de chacun sera amélioré par la qualité du
travail collectif. Un sentiment de satisfaction et de plénitude
devrait nous envahir tous, lors du salut final à la fin du cours. A
ce moment là, on se rend compte du bénéfice que l'on en retire.

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