mercredi 19 décembre 2018

Art martial


Kokodo-budo-Libramont




Martial art.



Mushin, c'est l'esprit calme, neutre, sans fixation, libre de toute volonté d'action, capable de provoquer une réaction appropriée du corps à chaque sensation perçue et même d'anticiper cette réaction. Cette notion est issue du bouddhisme taoïste et nous permet de vivre naturellement en communion avec l'univers, libre de tout attachement matériel. Mushin est peut être le concept le plus important à mettre en oeuvre dans la pratique des arts martiaux traditionnels japonais.
Laisser libre court aux actions spontanées est l'aboutissement de Mushin et de l'esprit Tao. C'est par cette voie humble et simple que le guerrier, en quête de perfection, peut acquérir la maîtrise de son art. Plus l'homme pense à être le plus efficace et à être le meilleur, moins il est en contact avec le réel. Les gestes et les réflexes instinctifs qui y sont liés doivent venir naturellement, sans artifice.
L'attitude physique et mentale du pratiquant est d'une grande importance pour permettre de montrer une technique fluide et efficace mais sans brutalité.
L'art du déséquilibre est aussi très présent dans les arts martiaux japonais. Le déséquilibre n'est d'ailleurs pas uniquement physique mais aussi mental. Laisser croire à Uke qu’il peut attaquer et gagner, et en même temps entrer dans son attaque avant même qu'elle ne soit commencée. La perception d'un éventuel agresseur doit nous mettre dans une attitude qui permette de percevoir le moment de son intention d'attaquer et en même temps nous permette de garder calme, sérénité et ouverture d'esprit.
La vigilance et l'intention doivent être bien présentes avant le départ de l'attaque, ainsi elles permettent de stopper l'agression au bon moment, placent Uke dans un début de déséquilibre autant mental que physique et l'empêchent d'aller plus loin dans son agression.

Cependant diverses difficultés nous attendent :
* Uke arrête son attaque trop tôt.
_ Uke a peur ou est intimidé. Il est important de respecter Uke et de le mettre en confiance, lui faire sentir qu’il peut attaquer sans détour.
        • Tori a contre-attaqué trop vite ou trop fort. Tori doit laisser Uke avancer assez loin dans son attaque ou anticiper légèrement. Attendre le dernier moment est essentiel pour Tori. C'est le choix crucial qui déterminera si la technique se fait en mode Ura (vers l'arrière) dans le premier cas ou Omote (vers l'avant) dans le deuxième. Mais cela peut aussi être un mélange des deux (aspirer pour mieux attaquer) .

* Uke s'engage fort dans son attaque et se retrouve déstabilisé avant même que Tori n'ait bougé ou agit sur lui.
        • Uke doit travailler sa stabilité et la réalité de son attaque tout en se contrôlant.
        • Uke ne doit pas se tendre en agressant, la saisie doit être forte mais souple. L'intention est bien de contrôler l'adversaire pour permettre une frappe, pas uniquement de saisir.

* La technique paraît souple et fluide, mais Uke ne subit aucun ou peu de déséquilibre et se laisse entraîner sans réagir.
- Uke ne veut pas ou ne pense pas à réagir. L'intention d'attaque d'Uke doit être maintenue malgré la réception et le début de déséquilibre. Uke doit penser à se préserver mais aussi à pouvoir profiter de la moindre possibilité pour contrer et attaquer si une faille est trouvée dans le contrôle de Tori.
- La rapidité de l'action de Tori ne lui en laisse pas le temps. La vitesse d'exécution n'est pas un élément essentiel et suffisant pour exécuter correctement une technique. Ce qui peut être fait lentement, peut être exécuté vite. Mais rarement l'inverse.
-Le déséquilibre est avant tout mental, Tori a un fort ascendant sur Uke qui n'ose pas réagir, de peur de le décevoir.
* La technique est brutale et Uke est mal contrôlé.
      • Tori doit répondre à l'attaque avec l'intensité et le contrôle adapté à ce que Uke lui donne, tout en le respectant.
      • Uke doit aussi contrôler son agression ou les contres possibles. Le réalisme doit être teinté de respect et de bienveillance envers le partenaire.
Uke doit mettre tout son cœur dans l'attaque et veiller à maintenir l'esprit d'agression tout en préservant son intégrité physique jusqu'au contrôle complet par Tori.
(Uke est celui qui agresse son partenaire Tori et qui ensuite subit la technique de Tori).

Pour exécuter correctement une technique, la participation réelle, concentrée et coordonnée de UKE et TORI est indispensable. L'apprentissage détaillé, en souplesse et sans stress, mais réaliste est important. Chaque geste compte, il doit être pur et efficace mais doit aussi être économisé (pas de mouvements parasites). Le bon mental de chacun est donc très important.

Il y a plusieurs termes japonais qui permettent de décrire les connaissances à mettre en pratique simultanément dans l'étude des arts martiaux. En voici quelques uns ;

MA-AÏ : la distance. Pour être sauf et aussi pour pouvoir attaquer d'un coup.
RI-AÏ : Le timing. Ni trop tôt, ni trop tard.
ZANSHIN : Concentration et vigilance.
SHISEÏ : La posture du corps, droite et ouverte.
KI AÏ : Le cri qui vient du ventre.
NINTAÏ : Ténacité, persévérance.
YOYU : Marge (endroit et moment) critique. Sentir ce moment est essentiel et ne peut être perçu que grâce aux concepts ci dessous.

Celui déjà évoqué ci dessus Mushin, avec plus spécialement les concepts suivants :
FUDOSHIN : Esprit calme.
JUNANSHIN : Esprit ouvert (souple).
MUGU MUSHIN : Mental sans ego, sans émotion, sans jugement.
Le plus difficile étant de les appliquer correctement et les mettre tous en pratique en même temps.
Mais ils devraient nous permettre de placer correctement (après quelques années d'entraînement intense);
SEN : Attaquer directement.
SEN NO SEN : Laisser passer et Contre attaquer.
GO NO SEN : Attaques simultanées des deux partenaires ou attaque de l'un et Parade avec contre attaque simultanée de l'autre.

Comme disait le célèbre samouraï Myamoto Musashi « Pensez-y bien ! »


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