Kokodo-budo-Libramont
Ishin
– Denshin.
Cela peut être traduit par « Ce
que l'esprit peux, le coeur le transmet. »
C'est la communication non verbale
typiquement japonaise utilisée par le maître pour permettre la
progression à un haut niveau (éveil) de l'élève.
« Cachée, la fleur. Non cachée,
pas de fleur ». Cette pensée célèbre d'un grand artiste de
théâtre Nô montre l'importance et la valeur profonde du sens non
visible des choses à faire découvrir. La découverte par soi-même
est bien plus riche et mieux ancrée dans notre propre ressenti. Le
professeur japonais ne répond pas toujours directement aux questions
de ses élèves, mais souvent sa réponse est une attitude, un regard
ou une autre question pour provoquer réflexion à celui qui peut
percevoir le message. Suivant le niveau de compréhension, chacun y
trouve sa réponse, peut être partielle. Ce n'est souvent que bien
plus tard que l'on se dit « je comprends enfin ce qu'il a
voulu dire ».
La pudeur japonaise demande de taire
ses vrais sentiments mais de communiquer par les gestes, le regard et
l'attitude (Shiseï), le sentiment à transmettre. Le Reï (salut)
est tout le symbole de cette attitude. Ne pas témoigner directement
d'affection, mais, par la profondeur du geste, montrer son respect.
Plus on attend de vous, plus on met d'égard et d'attention à vous
montrer. Le profond respect de l'autre demande d'être attentif à
chaque instant pour ne pas blesser avec des mots ou attitudes qui
pourraient être mal compris. Cette sensibilité aux choses cachées
et au shiseï, c'est aussi le travail du niveau supérieur dans la
pratique des arts martiaux, pas seulement dans le sens
professeur-élève, mais aussi l'inverse et également entre
élèves-partenaires.
Un kata ne peut être correctement
réalisé sans la connaissance de la technique, mas surtout sans la
participation effective de Tori et Uke, chacun jouant le plus
parfaitement possible sans animosité son rôle. L'esprit
Ishin-Denshin permet une synchronisation parfaite entre partenaires,
la compréhension de l'intention et une complicité sans
complaisance. Pas de jugement porté sur l'autre ou soi-même.
Humilité et compassion sont de mise. S'attacher à ne pas humilier
l'autre. Pardonner les faiblesses et encourager à persévérer.
Donner des
explications sans fin sur la réalisation d'une technique n'a pas
grande utilité, le travail calme et structuré sur les sensations
perçues est bien plus important que les mots entendus. Aucun mot ne
peut remplacer le ressenti corporel. Le débutant passe par une phase
de copie simple de la gestuelle. Quand on a réussit à imiter le
senseï, on pense « j'ai compris ». Mais très vite le
travail se complique en changeant d'uke. Chacun doit faire sien une
technique, l'adapter à sa propre morphologie et à ses propres
capacités physiques. Sans complexe et avec confiance mais aussi
humilité, il faut passer le plus rapidement possible à la phase
acquisition en travaillant avec l'esprit Ishin-Denshin.

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