dimanche 7 avril 2019

Kotaï


Kokodo-budo-Libramont



Kotaï.

« Kotaï » (Changer), est un terme utilisé pour désigner le changement de partenaire comme pour exprimer l'échange neutre d'armes. Il s'agit donc d'un ordre de travail pour commander un changement pour permettre l'étude de techniques et non d'une forme d'agression puissante (Kotaï peut aussi vouloir dire : solide, fort). Cet ordre peut aussi commander le départ direct de l'agression dans le Kakari Geiko pour ne pas dire chaque fois « Ajime ». A ce moment, le nouveau partenaire Uke attaque franchement Tori. Ce dernier, dans le même temps, neutralise calmement cette agression.
Ce n'est pas pour cela que cette polie complaisance entre partenaires doit faire tourner en dérision l'agression. L'attaque d'Uke et la réception de Tori doivent être nettes et effectuées avec le corps dans un timing correct, sans attendre. Il ne s'agit pas d'un simple geste banal, il doit démontrer qu'en un temps et ensembles, Uke et Tori sont prêts. Uke doit se comporter, avec respect, comme un véritable Teki (ennemi). Kotaï devient alors un instant de neutralité des combattants qui doit être fort et intense tout en restant souple, car l'instant d'après est encore plus dangereux pour les deux partenaires.
Il est évident que s'il n'y a pas d'agression réelle et mesurée d'Uke, celui qui reçoit (Tori) ne ressent rien et ne peut effectuer de réception. Si ce dernier (Tori) n'est pas prêt, il ne peut recevoir son adversaire. Dans ces deux cas on effectue alors un simulacre de technique. La complicité et l'attention des deux partenaires à effectuer un Kotaï (changement et rencontre) correct est la base de la démonstration d'une technique réaliste.
L'apprentissage de Uke et Tori aux diverses frappes ou formes d'agression avec divers déplacements (Taï Sabaki) et formes de réception est important. La connaissance parfaite du Maaï (distance de danger) est aussi d'une grande nécessité pour les deux antagonistes. Mais pour démontrer un Kotaï correct Uke et Tori doivent aussi et d'abord appliquer avec calme et de façon intense Zanshin (vigilance), Seme (menace), Shiseï (attitude), Metsuke (regard) avant de penser à agresser.
Une agression réalisée en présentation de kata est plus codifiée que celle réalisée durant un randori. Cependant l'esprit et la réflexion doivent être les mêmes. La difficulté est de maintenir un timing et une distance correcte malgré les mouvements constants et la vitesse des déplacements des partenaires. C'est pourtant la réalisation correcte de cet instant fragile (Kotaï : changer et rencontrer) qui permettra l'application d'une technique réaliste. Les partenaires doivent donc veiller mutuellement à être attentif à permettre l'avènement de ce moment de neutralité Kotaï.
C'est la responsabilité de tous les partenaires du randori, Uké ou Tori, de permettre la réalisation coordonnée attaque-réception de ce moment Kotaï. Tori doit être vigilant et prêt très tôt, bien avant l'agression. Par ailleurs, Uke doit calculer ses gestes et prendre une distance correcte pour attaquer et ne pas pousser trop loin son attaque. Le regard ne doit pas se figer sur des objectifs mais sur une vision globale du dojo.
Il s'agit bien entendu d'une forme d'apprentissage qui doit évoluer avec le niveau dan. Au fil de la progression et avec l'acquisition de gestes instantanés, Kotaï est de moins en moins marqué. Peu à peu Tori anticipera légèrement l'attaque de Tori pour placer une réception pénétrante qui empêchera Uke d'aller plus loin et permettra une technique fluide de Tori. Mais ce n'est pas pour cela que Kotaï disparaît complètement, au contraire. L'instant Kotaï devient fugace, mais a toujours sa nécessité.

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