dimanche 5 mai 2019

Kuzushi.


Kokodo-budo-Libramont


Kuzushi.

L'art du déséquilibre, principe de base de l'aïkido, judo et jujutsu. Mais le mot contient aussi la notion de briser ou abattre l'attitude d'agression. Le simple déséquilibre physique est l'art de placer le centre de gravité du partenaire hors de la ligne centrale du corps pour le faire tomber. Au premier abord, il s'agit d'un travail de sape corporelle pour déstabiliser Uke. Cela peut venir d'un mouvement de réception de forme positive ou négative, mais aussi d'un atémi ou simple metsubushi. Il est clair que le mental aide aussi à la réalisation de Kuzushi. Si l'esprit est correct, l'attitude sera bonne et la perception claire.
Kuzushi peut être très fort dès le départ, dans la réception même. C'est une façon efficace de répondre à une agression. Cependant la technique pure sera gommée par le Kuzushi et la vision sera celle d'une gestuelle forte et très incisive. Ce n'est pas pour cela que c'est mauvais, mais cela demande une bonne connaissance corporelle pour éviter les blessures et sera réservé à des partenaires expérimentés.
Se fier uniquement à un atémi et au metsubushi pour déstabiliser le partenaire est aussi une possible erreur, car tous les adversaires ne se laissent pas impressionner par ce geste. Kuzushi doit être un savant mélange et dosage de plusieurs paramètres à appliquer : le shiseï ou l'attitude dirigée par un mental calme et fort, la perception de la distance d'agression ou le maaï, la légère anticipation, la maîtrise de soi, le déplacement taï sabaki stable et souple, l'utilisation de tout le corps en partant du centre et en privilégiant le travail du bas du corps, le mouvement tournant des hanches et maintien du hara fort, la réalisation de mouvements courts de bras mais amples en spirale de corps, ne pas trop écarter les coudes du corps. Le corps tout entier sert de levier pour permettre le kuzushi.
Le Kuzushi de réception doit être franc et marqué, mais il doit aussi être mesuré. Il ne s'agit pas de faire peur à Uke ou de lui permettre de s'échapper ou de le forcer à s'enfuir mas plutôt de lui donner l'impression qu'il peut maintenir l'agression sans se restabiliser. Il doit garder l'idée qu'il a toujours la possibilité de prendre le dessus pas sa forme d'agression initiale. Mais ce n'est pas pour cela qu'il faut lui rétablir son équilibre. C'est l'idée d'un Kuzushi doux et maîtrisé de départ qui doit permettre de placer une technique efficace et précise. Un savant dosage de savoir faire et de maîtrise corporelle permet le contrôle permanent du déséquilibre de l'adversaire.
Kuzushi ne doit pas permettre l'utilisation correcte par Uke de sa main libre. C'est une notion fondamentale du déséquilibre que d'empêcher Uke de réagir pleinement avec la main libre. Cette main parait souvent morte par Uke complaisant qui subit sans volonté de réaction.
Kuzushi doit être maintenu de façon précise pendant toute la technique jusqu'au contrôle final. Si pendant un bref instant l'équilibre du partenaire est rétabli, il est certain que les possibilités de réaction sont présentes, même si elles ne sont pas utilisées par le partenaire complaisant. Il n'est pas nécessaire d'utiliser une grande force physique pour le Kuzushi. Au contraire, plus on applique de force, plus les possibilités de contrer sont là. La souplesse et l'utilisation juste du corps sont importantes. La subtilité est l'invisibilité de la technique, mais aussi son efficacité. La vitesse ne doit pas être un paramètre essentiel, elle ne sera présente que par des mouvement de corps issus de la fluidité des gestes et de l'utilisation de mouvement fluides de hanches courts et brefs.
En résumé, le débutant privilégiera un Kuzushi léger et contrôlé dans la réception, puis appliquera un Kuzushi plus important et soutenu pendant toute la réalisation de la technique sans appliquer la force des bras, mais en se servant essentiellement de mouvements de corps. L'esprit sera calme et serein, le respect du partenaire est essentiel.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Arts internes

  Arts internes. Dans les arts martiaux chinois, les «formes internes» s’opposent à celles que l’on appellent les «formes externes»...