vendredi 24 mai 2019

Jiseï


Kokodo-budo-Libramont



Jiseï.



Maîtrise de soi. Huitième vertu du Bushido, la plus importante pour un détenteur d'arme. Mais pratiquer le Jujutsu c'est comme porter une arme. Les arts martiaux traditionnels japonais sont utilisés pour permettre de contrôler un ou plusieurs adversaires. Avant de vouloir contrôler l'autre il faut d'abord penser à obtenir une grande maîtrise de soi, tout autant physique que mentale.
Pour y arriver, il faut être Humble, Tenace et Compatissant. La remise en question constante de notre façon de pratiquer est un élément essentiel de la progression. Cette réflexion ne peut être mise en route sans une profonde humilité. Croire que l'on a réussi à acquérir un niveau par ses propres dons est une erreur, c'est le naturel de l'action réalisée qui démontre le niveau. Il n'y a pas de performance par la volonté de démontrer, mais par l'intégration des éléments enseignés au naturel de notre pratique.
Il ne s'agit pas non plus de douter continuellement de nous-même. La ténacité est nécessaire pour permettre de continuer à progresser malgré les difficultés. S'accrocher à un rêve, un idéal, pour autant qu'il soit réaliste, est une nécessité pour tout individu. La volonté de continuer à progresser doit être constante et sans faille, sinon inutile de rêver. L'échec n'est qu'une marche de l'escalier du progrès.
L'acceptation de la faute passe par la faculté de compassion. Nous devons nous autoriser des erreurs, des échecs. Il n'y a rien de plus humain que cela. Ne pas se juger soi-même, ni juger les autres, permet de percevoir ses propres acquis et d'apercevoir chez l'autre les qualités à mettre en œuvre dans notre propre pratique. Donc, la compassion permet de maintenir le regard clair, ouvert à toute chose utile.
Jiseï demande une réflexion approfondie et calme sur nos capacités de perception de nos actes et de nos pensées, un véritable tsunami introspectif en mode Zen. N'ayons pas peur de chambouler nos vieilles habitudes, se placer en difficulté est la meilleure façon de sentir nos lacunes. Filtrer ses réactions et même ses perceptions est très difficile. Cela demande une attention particulière en phase d'apprentissage. Mais une fois les filtres corrects placés, les choses se mettent en place naturellement. La méditation, la réflexion profonde sur notre pratique est essentielle et nécessaire pour la progression et surtout pour notre propre amélioration d'être humain.
Zen et naturel, voilà les deux mots qui définissent le mieux l'attitude du pratiquant accompli de Jiseï. Jiseï parfait vous permet alors de répondre, chaque jour et chaque instant, à toute sollicitation de manière appropriée.
Jiseï est un quelque chose d'abstrait pour les enfants habitués à subir l'autorité. Leur réflexion se borne à éviter les punitions ou les remarques désobligeantes. Permettre aux enfants une approche de Jiseï de leur propre volonté est particulièrement difficile pour un enseignant. Plus l'enfant est jeune plus il agit par réflexe instinctif, plus il avance en âge plus il est conditionné par l'autorité des adultes et par son environnement. Faire redécouvrir des attitudes et gestes naturels de défense est compliqué mais possible par l'approche du jeu contrôlé. Tout le problème est là, jusqu'où est ce un jeu et comment contrôler son impulsivité. Le Jiseï et la bienveillance de l'enseignant sont indispensables, le moindre défaut et le dérapage arrive.


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