samedi 30 mai 2020

Yorochi


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Yorôchi



Traduction : Anticiper. Si tu cherches consciemment à t'opposer à ton ennemi , tu es déjà en retard. Cette sentence de Myamoto Musashi est aussi une illustration de l'utilité de parfaire l'art d'anticiper.

Première étude : Le mouvement se développe naturellement en accompagnant, c'est le principe Aïki. Le principe d'action en harmonie naturelle avec le mouvement perçu est un modèle typiquement japonais, l'art de l'inconsistance du moi. Il n'y a plus d'esprit de calcul, de feinte, de tromperie, l'action est spontanée à partir du hara centré. L'harmonie ne peut être que le résultat d'une présence légère, concentrée mais pas focalisée, de manière à permettre intuition et action en même temps. Il ne doit pas y avoir de rupture de rythme, l'énergie se manifeste dans l'état le plus pur. En kyudo, l'archer est en même temps l'arc, la flèche et la cible. La volonté d'agir, de retenir ou de bloquer disparaît, comme celle de tendre ou d'influencer quoi que ce soit.
Deuxième étude : L'intuition permet l'anticipation. Mais pour pouvoir détecter l'intention de mouvement il faut connaître le fonctionnement de celui qui fait ce mouvement et être en harmonie avec ses pensées et ses gestes. Cette connaissance ne s'acquiert que par l'expérimentation, l'expérience acquise par une pratique réaliste. La compréhension des signaux faibles émis par l'autre permet l'anticipation. L'attention et la vigilance mettent tous les sens en éveil, la perception est totale par la gravité de la situation de danger, mais le corps reste calme et décontracté pour pouvoir réagir dans l'instant. L'authenticité et le naturel sont nécessaires de part et d'autre, la moindre hésitation est fatale.

Troisième étude : Si l'art de survie est dans la défense, la chance de victoire est dans l'attaque. Encore un principe de guerrier. Il faut se défendre en attaquant, si ce n'est visuellement, ce doit être dans l'esprit. Absorber n'est pas reculer ou se replier, mais doit permettre l'offensive.

Quatrième étude : L'impatience est l'ennemi du temps. Connaître le moment exact de l'action efficace est la solution. Le moment propice est toujours le dernier instant, celui où l'agresseur s'est engagé et ne peut stopper ou modifier son action sans perdre son efficacité. Sentir calmement cet instant de danger imminent est primordial.

Cinquième et avant dernière étude : Les mots ne sont pas toujours le meilleur moyen d'enseigner, ils sont trop longs, ambigus et développent trop de distorsion de compréhension. L'action répétée intelligemment est bien plus enrichissante pour faire mieux. L'imagerie mentale est un autre moyen de progression. Répéter dans sa tête, simuler et visualiser les gestes à accomplir pour une technique parfaite.

Dernière étude : Ce n'est jamais fini, il y a toujours moyen d'améliorer. Méditer avec discernement est tout un art.



dimanche 3 mai 2020

Tao


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Tao.


La résonance est un des nombreux principes du taoïsme. C'est issu d'anciennes croyances aux manifestations cosmiques : toute action ou événement constitue une impulsion déclenchant tôt ou tard une réaction induite par cette action. Les vibrations sonores et l'écho sont des outils de résonance. La musique des instruments d'orchestre est la consonance, résonance accordée de plusieurs provenances. La force du souffle crée l'onde sonore par une vibration modulée. Certains sons ont des propriétés curatives ou maladives pour l'homme et les animaux. Dans la croyance tao, des soins sont toujours prodigués actuellement en se servant d'ondes sonores de provenance instrumentale ou de mélodie chantée avec des sons abdominaux graves ou thoraciques aigus.
Cette notion de résonance était aussi appliquée en gouvernance dans les antiques royaumes chinois. Le bénéfice de la sagesse d'un roi s'applique à tous ses sujets et il est d'autant plus fort que celui qui le dispense est puissant.

Dans l'étude des arts martiaux, le principe de résonance s'applique aussi. Toute action déclenche une réaction adverse. Tout l'art du pratiquant est de doser cette action pour maîtriser la réaction. Même l'intention d'agir peut activer la perception de l'autre.

D'où l'étude du principe Tao suivant : le non agir. Pratiquer la voie Taoïste c'est diminuer chaque jour pour arriver à ne plus rien faire, et cela correspond tout a fait à l'évolution physique de tout être humain. Cette nonchalance naturelle demande évidemment moins d'effort physique. En gouvernance, on parle de diriger sans imposer mais en guidant.

Dans l'étude des arts martiaux, l'action n'est plus volonté mais instinct naturel. Agir ne doit pas laisser de trace ni d'intention mais devient spontané. Il faut développer une habileté martiale intuitive. Vouloir appliquer une technique sur l'adversaire lui permet de trouver des solutions pour se sauver ou se défendre. Le corps agit librement, sans contraintes. La vitesse d'exécution est naturellement augmentée mais aussi l'esprit de l'autre ne peut s'y accrocher pour tenter de trouver une parade. Nonki, l'insouciance, est une apparence qui pourrait être trompeuse. Il s'agit plutôt de Nonbiri, attitude posée sans empressement, qui permet aussi des gestes foudroyants sans aucune crispation.

La méditation est un des armes sacrées du taoïsme pour l'acquisition de la clarté mentale et du calme intérieur nécessaires à développer le non agir. Se concentrer mentalement sur sa respiration abdominale, travailler à la visualisation des actions futures et des perceptions présentes, c'est un énorme travail d'introspection créative.

Les exercices gymniques respiratoires augmentent considérablement la circulation du souffle, l'énergie intérieure, le KI. Le Taïji Quan, sorte de boxe chinoise, est l'art martial Tao par excellence et développe idéalement le ki. Les mouvements longs et gracieux, avec ou sans arme, en sont la principale caractéristique. Il a été fondé traditionnellement par un moine chinois taoïste appelé Zhang Sanfeng, personnage légendaire du 14e siècle qui vécu dans la montagne Wudang. Le temple Zixiao Gong ou palais des nuages pourpres en est encore aujourd'hui le centre d'enseignement le plus important.


vendredi 3 avril 2020

Otoshi Nage


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Otoshi ou Nage.



Renversement, changement d'angle, chute vers le bas, laisser tomber. Ces termes définissent l'expression Otoshi employée dans les arts martiaux. Souvent Otoshi est dépendant du Kuzushi (déséquilibre) qui aura été placé précédemment. Otoshi étant alors un déséquilibre haut, où le corps d'Uke est tordu et déstabilisé pour provoquer une chute brisée arrière ou avant.

Nage se traduit plutôt par jeter ou faire chuter en poussant. Mais le mouvement est aussi dépendant du déséquilibre bas appliqué sur Uke pendant l'exécution de la technique. Le haut du corps d'Uke est alors placé vers le bas, penché vers l'avant, le côté ou l'arrière, pour provoquer une chute roulée plus facile à exécuter.
Otoshi est souvent issu d'un mouvement de hanche (Kochi) de Tori pour projeter l'adversaire. Le travail de la respiration (Kokyu) est aussi une particularité du travail de Tori sur les projections Otoshi, durant lequel on sollicite de manière plus profonde le haut du corps. Ce qui permet une projection plus aisée, plus ample, plus haute, mais aussi plus dangereuse pour Uke car sans appui.

Pour un uke débutant, le mouvement Otoshi est souvent transformé en Nage pour permettre une chute plus facile avec appui. Mais pour des pratiquants de niveau plus élevé, le mouvement de hanche de Tori et de chute brisée décollée d'Uke doivent être réalisés et démontrés.

L'apprentissage commence par un exercice de chute sans appui, chute décollée sans appui au sol. Pour cela la chute brisée doit être complètement assimilée et maîtrisée.
Petit à petit Uke apprend à chuter sans appui en plaçant ses mains dans son obi par exemple. Ensuite il s'exerce avec partenaire en seiza à faire des chutes décollées. En fin d'apprentissage Tori exerce un déséquilibre de la hanche sur Uke (Hanche contre hanche) pour permettre une chute décollée courte, soit en chute arrière, soit en chute avant.

Uke doit prendre confiance en ses capacités et aussi avoir confiance dans la technique de Tori pour lui permettre de réaliser des chutes décollées sans difficulté et sans contrainte. Le timing précis et simultané des actions, ainsi que la connivence des partenaires sont nécessaires. Mais cela ne doit pas trop se voir pour que l'action soit plausible et ne paraisse pas trop préparée.


lundi 9 mars 2020

Seme


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SEME

Comment exprimer Sémé (la menace) en Jujutsu ? Tout mouvement ou attitude corporelle peut montrer cette menace : le regard, la posture de la tête, la position de la main, la pression des pieds, l'ouverture de la poitrine... Mais pour que ce soit sincère et paraisse réel, cela doit venir essentiellement de l'esprit, pas uniquement de la volonté. Tout votre être doit répondre à une menace d'agression de la bonne manière, sans fixation, sans peur, avec calme et détermination.

L'expression de Seme est personnelle à chacun, mais l'adversaire doit la percevoir. Cette perception doit engendrer, si pas une crainte, une hésitation ou une inquiétude, un stress, quelque chose qui nous donnera un avantage décisif dans la suite des événements. Le calme et la maîtrise de soi peuvent être plus menaçants que n'importe quelle gestuelle ou regard agressif. La maîtrise des gestes est fondamentale. La lenteur, la rapidité, la fluidité, la pureté, vont engendrer des mouvements de corps menaçants et terriblement efficaces. La simultanéité de la participation corps et esprit démontre Seme, une action forte ne peut venir si l'esprit n'est pas correct. Un décalage entre les deux peut anéantir le Seme. L'esprit ne doit pas se fixer sur une saisie ni sur la volonté de faire mal en travaillant sur une articulation ou une pression sur un méridien. Fixer son esprit sur une volonté de faire quelque chose provoque une possibilité de réaction chez l'adversaire.

L'esprit doit être tranchant comme le sabre. Toute action est artifice pour déstabiliser l'adversaire, couper son agressivité.

Seme s'exprime tout d'abord par la posture (Shiseï). Debout, elle doit être droite, forte et souple, le genou avant légèrement fléchi et la jambe arrière légèrement tendue, l'appui au sol se fait sur l'avant des pieds et les hanches sont alignées vers l'avant, les bras doivent rester souples, le tranchant de main est menaçant et disponible. La pression sur l'adversaire doit venir du hara (ventre), la pression est centrée.
Le regard est le deuxième paramètre important à mettre en place pour marquer le Seme. Montrer calme et respect sans agressivité. L'oeil ne doit pas trop se focaliser sur une personne mais doit englober toute la scène tout en maintenant un juste niveau de précision.
Tous ces détails doivent participer à la mise en place de la menace. C'est la parfaite technique et le parfait esprit de combat confondus dans la même action qui permettent de vaincre.
Il ne peut y avoir de technique sans esprit, ni d'esprit sans technique.

L'état mental du pratiquant est donc d'une grande importance. Une guerre se fait d'abord à soi-même avant de vouloir affronter les autres. Cet esprit de combat n'est pas un désir de supériorité, ni une rage de vaincre démesurée, mais plutôt une harmonisation avec soi-même et avec l'adversaire pour permettre la perspicacité et la perception des intentions d'action.


mercredi 12 février 2020

Randori


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Randori.


Randori peut être traduit par exercice libre. Dans ce jeu de combat, le ou les adversaires (Uke) choisissent librement leur attaque et Tori y répond suivant une technique libre de son choix. Mais ce qui doit être démontré est avant tout la liberté que Tori va prendre face à ces adversaires, liberté face à l'agression et aussi face à ces propres angoisses. Le calme et la douceur associés à des taï sabaki amples et précis vous permettront de voyager librement face à vos adversaires.
S'attacher à respecter ses partenaires est un état d'esprit permanent du côté de Tori comme du côté d' Uke. L'attitude doit être décontractée tout en montrant détermination et une gestuelle qui a du sens, autant pour Uke que pour Tori. La brutalité, les crispations et l'utilisation de la force sont à proscrire, tout cela vous enferme dans la gestuelle et vous empêche de réagir librement avec rapidité. Par contre il faut privilégier la recherche de souplesse, de fluidité et de contrôle en douceur. Le contrôle du corps et de l'esprit apporte la liberté et vitesse de mouvements.
Répondre de façon appropriée à une attaque est un exercice mental difficile. La connaissance des techniques Kata, des variations Tekyo et de variantes Henka est une première nécessité. Cette parfaite connaissance des différentes possibilités de réactions doit libérer l'esprit et permettre l'accomplissement de gestes instinctifs.
Le regard, pour Uke ou Tori, doit être mobile à 360° en permanence et porté constamment sur le(s) partenaire(s). Ne pas s'attarder vers la saisie, la clé ou la frappe. Se relever directement après la chute ou le contrôle au sol. Vérifier sa position par rapport aux autres et sentir les différents mouvements des partenaires. Il s'agit d'éviter les bousculades et de donner un tempo suffisant d'agressions et réceptions combinées.
Le sens du déplacement est aussi important. Pour se libérer, Tori doit veiller à passer à l'extérieur de ses partenaires et à aussi bouger en diagonale pour ne pas se faire coincer dans un angle. La connaissance et l'utilisation des taï sabaki est évidement requise. Tori doit pouvoir emmener ses adversaires où il le désire et non subir les attaques en reculant. La mobilité vous donnera la juste distance pour recevoir, absorber ou anticiper l'agression. Il ne s'agit pas de s'échapper constamment, mais de pouvoir avancer en forme Omote sur le ou les adversaires suivant la distance choisie qui vous permette de réaliser la technique choisie. Bien entendu tout cela dépendra de la vitesse d'exécution, parfois il sera nécessaire de partir sous une forme Ura en évitant et reculant légèrement pour pouvoir exécuter la technique choisie.
Le relâchement musculaire et le mental souple sont nécessaires pour démontrer pleinement son potentiel. L'efficacité est souvent plus une affaire d'attitude et de mental que de pure connaissance de technique. La réception correcte vous donnera les possibilités d'action et le choix de technique appropriée. C'est le mental souple qui permet la recherche d'opportunité, il convient de ne pas oublier l'essentiel, maîtriser ou éloigner tout en se plaçant en sécurité sans panique. Pouvoir voir la possibilité de réaction vient de l'instinct, réfléchir à ce que l'on veut faire comprime l'esprit et l'empêche de fonctionner librement.
L'apprentissage commence par une prise de confiance en soi avec un seul partenaire, dans un rythme lent, puis petit à petit le tempo s'accélère et d'autres partenaires peuvent entrer dans le jeu. Le jeu doit aussi avoir ses règles précises au départ, ne pas combiner toutes les formes d'agression, mais sélectionner certaines formes pour faciliter l'apprentissage. Plus les codes sont précis et connus, meilleure sera la confiance de travail. Vérifier les distances d'agression pour permettre un travail correct des partenaires. La durée du randori peut aussi être un facteur d'apprentissage. L'étude du randori doit commencer par l'étude de la souplesse et de la fluidité des mouvements. L'étude de la réalité d'action et de la rapidité ne vient que plus tard, en accomplissement final.

mardi 21 janvier 2020

Taï Sabaki


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Taï Sabaki.


Le déplacement. C'est peut être le premier apprentissage dans la pratique martiale et aussi celui qui doit être travaillé le plus longtemps. L'art de bouger peut paraître facile, mais dans la réalité, il n'en est rien.
Pour que les gestes soient précis et économiseurs d'énergie, il faut maintenir l'esprit calme et la respiration ancrée dans le bas ventre. Ne pas monter le corps, maintenir le buste droit, ne pas creuser le dos. placer le menton vers la poitrine avec une tension dans la nuque, mettre de la force dans les reins et le tanden. Le maintien du corps droit et des épaules relâchées est la posture idéale.
La sensation d'équilibre doit aussi être permanente. L'idée n'est pas de bouger n'importe comment vers l'adversaire, mais bien d'être perpétuellement en chasse d'opportunité.
Pour cela, la stabilité constante est aussi primordiale. L'équilibre doit être autant mental que physique. Répondre correctement à l'agression se fait de manière mesurée et appropriée. L'esprit doit être clair, libre de toute perception et sans intention. La créativité des gestes doit être spontanée. Taï sabaki doit commencer doucement pour se terminer soudainement.
Le mouvement doit commencer par la perception soit du regard ou de l'ouïe. La tête tourne et le corps suit le plus naturellement possible la perception. La perception de ses propres sensations est aussi importante que celle des mouvements de l'adversaire. L'aisance naturelle doit être redécouverte, et contradictoirement pour l'atteindre, la maîtrise de soi doit entrer en action.
L'harmonisation des mouvements se fait par l'esprit calme et l'écoute de soi. La justesse et l'opportunité de chaque mouvement se fait en fonction des disponibilités corporelles et de l'intention de voir ce qui se passe tout en restant en équilibre constant. Voilà le vrai sens du Taï sabaki. Placer le corps dans l'action. Unir le corps à l'esprit.
Bien sur, le mimétisme gestuel complique encore un peu les choses. La volonté est souvent de faire comme le senseï montre. Ne vous formalisez pas, le senseï est encore en recherche, il ne faut pas copier intégralement ses gestes. Mais plutôt tâcher d'intégrer dans vos possibilités des gestes s'approchant de ceux du senseï tout en sentant ce que vous faites. L'imperceptibilité des petits gestes du senseï diminuera au fur et à mesure de la pratique. La découverte est permanente si l'attention l'est aussi.
Le corps mouvant est l'âme du ninjutsu, ancêtre du jujutsu. Le Taï sabaki est donc essentiel dans la pratique martiale du jujutsu. Si on parvient à associer complètement l'idée de corps et d'esprit de combat dans une seule entité instinctive, on obtient le taï sabaki pur.
Beaucoup de démonstrations d'experts martiaux sont issues de mouvements imperceptibles. Ces mouvements sont tellement rapides que le regard ne peut les accrocher. Les vêtements cachent aussi une grande parties de ces mouvements. Mais le secret est dans la fluidité du corps et sa disponibilité. C'est vraiment nécessaire de se détendre et ainsi d'éviter les crispations.
Penser aux sensations engrangées et à la finalité du mouvement. Pour désirer savoir ce qui se passe derrière, il ne faut pas reculer, ni avancer, mais simplement pivoter sur un axe le plus simplement possible en maintenant votre équilibre. Le centrage du corps sur son axe est permanent dans tout le mouvement. Les bras ne servent pas de balancier au corps. Ce sont les jambes qui sont le support du corps. Les bras sont maintenus en protection, mains ouvertes verticales, coudes à 10cm du buste. Jambe avant fléchie, jambe arrière tendue. Le regard est maintenu horizontal pendant tout le mouvement.

lundi 16 décembre 2019

Kibadachi


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Kiba Dachi.


La position du cavalier. C'est une position typique des arts martiaux asiatiques. La position Mabu dans les arts martiaux chinois est similaire et peut être un peu plus basse qu'au Japon. La position de la cérémonie des sumotori, Shikko Dachi, est aussi similaire mais avec les genoux plus écartés et les pieds à 45 degrés.

Cette position Kiba dachi est un ancrage solide dans le sol avec une possibilité de mouvements de corps accrue. Elle permet de tourner les hanches facilement et de passer en position genou au sol, Jigo Dachi, de façon naturelle et contrôlée, sans déséquilibre.

Au départ la position est un peu difficile à réaliser musculairement et cela demande un apprentissage des muscles des cuisses. Le maintien du dos droit est aussi une autre difficulté. Il ne s'agit pas de faire des squats et de descendre le bassin en pliant le buste vers l'avant pour garder l'équilibre ou de lever les talons du sol.

La position Kiba Dachi se prend jambes écartées, les pieds sont dans le même axe que les hanches, légèrement tournés vers l'extérieur d'un angle de 15°, le dos est droit et vertical sans être creusé trop fort. Plier légèrement les genoux vers l'avant pour maintenir le bassin dans l'axe d'équilibre centré et vertical du corps. Les pieds sont maintenus écartés et bien à plat, d'une position permettant une bonne stabilité et suivant les possibilités physique du pratiquant. Les genoux sont maintenus écartés au dessus des chevilles pendant tout le travail, éviter de les rapprocher pour faciliter le travail des cuisses. Le travail des mollets est aussi important que celui des cuisses. Le Hara est maintenu puissant pendant la descente et la montée. La nuque doit être tendue, les reins et les abdominaux forts. Les épaules sont décontractées, ne pas comprimer les muscles des bras, ni serrer les poings. Le regard est maintenu horizontal pendant la descente et la montée.

La souplesse naturelle des bras et du buste doit être équilibrée par la puissance corporelle et l'ancrage au sol du bas du corps. Cette position Kiba Dachi doit permettre un travail du haut du corps stable et des mouvements de hanche puissants. L'exercice se fait lentement pour l'apprentissage musculaire mais en réalité dans la pratique le mouvement est très rapide. La prise de position doit se faire en un mouvement, pendant le déplacement de pied latéral.
La descente du corps souple et verticale fera aussi descendre le partenaire sans effort, naturellement. Le contrôle au sol sera ensuite facilité par le corps maintenu droit et la souplesse des hanches. La position Jigo Dachi genou au sol et déplacement Shikko permettant le contrôle permanent du partenaire au sol est grandement facilité par la position Kiba Dachi.

L'enchaînement prise de garde, position Kiba Dachi, suivi de Jigo Dachi, puis déplacement Shikko au sol peut aussi être un excellent exercice d'entraînement ou d'échauffement pour les pratiquants de Jujutsu.


mardi 26 novembre 2019

Mokuso



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Méditation Mokuso


Mokuso est le terme utilisé pour commander la petite période de concentration et de calme avant ou après la pratique martiale japonaise. Le mot veut dire méditer et est employé pour permettre aux pratiquants japonais de calmer leur respiration, développer le bon Ki (énergie) et de se mettre en phase avec une pratique respectueuse des kamis (âmes des ancêtres).

Ce moment de silence est idéal pour se placer dans un état d'esprit serein et permettre une bonne réceptivité à l'enseignement et au travail avec partenaire. En position seiza, avant les saluts, mettre les mains paumes vers le ciel sur le haut des cuisses, main gauche posée dans la main droite, pouces vers le haut en très léger contact, yeux fermés, tête droite menton vers la poitrine, buste droit.

Se concentrer calmement sur sa propre respiration, sentir l'air qui entre par le nez ou la bouche et qui descend lentement dans la poitrine. Maintenir un peu l'air et souffler lentement. A chaque inspiration, se concentrer sur le souffle d'air qui entre et qui sort. Détendre les maxillaires de la mâchoire, ensuite les épaules et le sternum. Faites un petit effort pour ouvrir la poitrine, descendre les épaules, serrer les omoplates et faciliter ainsi la respiration. Ne pas se pencher vers l'arrière, ni creuser le dos.

Pour les enfants : Laissez vos pensées et vos émotions à l'extérieur de vous. Voyez les comme des papillons de toutes les couleurs qui viennent vous voir. Leurs couleurs sont celles de vos émotions, noir comme la colère, gris comme la tristesse, rouge comme la honte, bleu comme la peur, ou jaune comme la joie. Ces jolis papillons ne vont que passer, déjà ils s'éloignent. Remerciez les, tout bas, d'être venus vous voir.

Pour les adultes : Continuez encore trois respirations lentes en vous relâchant. Le calme descend jusque dans vos mains.
La durée de Mokuso varie suivant l'état de nervosité des pratiquants. Pour les enfants, une minute est un bonne durée. Pour les adultes, trente secondes, soit trois longues respirations, est suffisant.

Mokuso jame : est l'ordre de fin de méditation. On reprend la position normale des paumes de main en triangle sur les cuisses pour effectuer les saluts.

lundi 28 octobre 2019

Tsukuri Kake


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Tsukuri - Kake.


Tsukuri est la préparation, l'attitude physique de réception que Tori place en réponse à une agression d'Uke.

Kake est l'enchaînement de la technique, l'engrenage fluide dans lequel Tori place Uke pour contrôler l'agression.

Tsukuri et kake sont deux termes habituellement utilisés en Judo. Ce sont des choses séparées et consécutives, mais en réalité elles devraient fusionner pour ne faire qu'un. La préparation et la technique se rejoignent pour ne former qu'une action instantanée. Cet apprentissage de synchronisation se développe petit à petit pour permettre à Tori d'enchaîner en un temps la réception et l'application de la technique sans marquer d'arrêt.

Pour ne pas donner à Uke de possibilité de réaction ou de se restabiliser, il est indispensable de réaliser cette succession d'actions dans un tempo réduit mais pas dans la précipitation. Il s'agit plutôt de fluidité continue, comme un flot ininterrompu, sans coupure, ni rupture de rythme.

L'apprentissage du jujutsu passe par la réalisation de phases arrêtées et l'aimable complaisance d'Uke. Mais l'acquisition réelle ne peut être faite que dans l'enchaînement complet des actions sans possibilité de réaction d'Uke: réception avec déséquilibre (Kuzushi) d'Uke, application de la technique choisie et en final la clé contrôlée sur Uke. Si le corps ne suit pas, c'est que la volonté d'action est trop forte par rapport à la souplesse corporelle. Si le corps bouge trop tôt ou que l'on utilise la force, c'est que l'esprit n'est pas dans l'action mais aussi dans la volonté de faire. Mettre l'esprit en concordance avec l'action c'est agir instinctivement, sans réelle intention forte. D'où l'utilisation de la douceur et de départ lent, en gommant l'égo. L'idée d'aspirer Uke en l'invitant à attaquer devrait inspirer Tori pour sentir la bonne attitude de travail.

Dans le mouvement du déséquilibre léger d'Uke durant la réception, Tori place déjà son corps pour se trouver directement dans une position optimale pour l'application de la technique envisagée sur Uke. La réalisation simultanée des deux actions réception et placement de corps, associée à une légère anticipation sur la saisie ou la frappe d'Uke, sont nécessaires à Tori pour pouvoir répondre efficacement à l'agression.


jeudi 10 octobre 2019

Taï Sabaki


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Taï Sabaki.


Le déplacement. C'est peut être le premier apprentissage dans la pratique martiale et aussi celui qui doit être travaillé le plus longtemps. L'art de bouger peut paraître facile, mais dans la réalité du combat, il n'en est rien.
La respiration est la première chose à maîtriser. Les gestes doivent être précis et économiseurs d'énergie. Maintenir l'esprit calme et la respiration ancrée dans le bas ventre. ne pas monter trop le corps et ouvrir trop la poitrine, ne pas creuser le dos. Tendre la nuque avec un regard horizontal, placer le menton vers la poitrine, mettre de la force dans les reins et le tanden. Le maintien du corps droit et des épaules relâchées est important.
La sensation d'équilibre doit aussi être permanente. L'idée n'est pas de bouger n'importe comment vers l'adversaire ou en recul, mais bien d'être perpétuellement en chasse d'opportunité.
Pour cela, la stabilité constante est aussi primordiale que la mobilité de la tête. L'équilibre doit être autant mental que physique. Répondre correctement à l'agression se fait de manière mesurée et appropriée. L'esprit doit être clair, libre de toute perception et sans intention. La créativité des gestes doit être spontanée. Taï sabaki doit commencer doucement pour se terminer soudainement.
Le mouvement doit commencer par la perception soit du regard ou de l'ouïe. La tête tourne et le corps suit le plus naturellement possible la perception. Toute la difficulté vient du mot naturellement. En effet, le petit bébé tourne instinctivement la tête et son corps suit, il étonne ses parents par sa facilité de retournement. Mais les contraintes physiques s'accumulent vite et après quelques années on peut déjà remarquer le manque de liberté dans les mouvements. Les enfants qui font de la danse retrouvent facilement cette liberté, la danse leur impose d'assouplir leurs gestes. La perception de ses propres sensations est aussi importante que celle des mouvements de l'adversaire. L'aisance naturelle doit être redécouverte, et contradictoirement pour l'atteindre, la maîtrise de soi doit entrer en action.
L'harmonisation des mouvements se fait par l'esprit calme et l'écoute de soi. La justesse et l'opportunité de chaque mouvement se fait en fonction des disponibilités corporelles et de l'intention de voir ce qui se passe tout en restant en équilibre constant. Voilà le vrai sens du Taï sabaki. Placer le corps dans l'action. Unir le corps à l'esprit.
Bien sur, le mimétisme gestuel complique encore un peu les choses. Il faut faire comme le senseï montre. Ne vous formalisez pas, le senseï est encore en recherche, il ne faut pas copier intégralement ses gestes. Mais plutôt tâcher d'intégrer dans vos possibilités des gestes s'approchant de ceux du senseï tout en sentant ce que vous faites. L'imperceptibilité des petits gestes du senseï diminuera au fur et à mesure de la pratique. La découverte est permanente si l'attention l'est aussi.
Le corps mouvant est l'âme du ninjutsu, ancêtre du jujutsu. Le Taï sabaki est donc essentiel dans la pratique martiale du jujutsu. Si on parvient à associer complètement l'idée de corps et d'esprit de combat dans une seule entité instinctive, on obtient le taï sabaki pur.
Beaucoup de démonstrations d'experts martiaux sont issues de mouvements imperceptibles des hanches et du dos. Ces mouvements sont tellement rapides que le regard ne peut les accrocher. Cela paraît magique ! Les vêtements cachent aussi une grande parties de ces mouvements. Mais le secret est dans la fluidité du corps et sa disponibilité. Se détendre et éviter les crispations.
Penser aux sensations engrangées et à la finalité du mouvement. Pour désirer savoir ce qui se passe derrière,il ne faut pas reculer, ni avancer, mais simplement pivoter sur un axe le plus simplement possible en maintenant votre équilibre. Le centrage du corps sur son axe est permanent dans tout le mouvement. Les bras ne servent pas de balancier au corps. Ce sont les jambes qui sont le support du corps. Les bras sont maintenus en protection, mains ouvertes verticales, coudes à 10cm du buste. Le regard est maintenu horizontal pendant tout le mouvement.

Arts internes

  Arts internes. Dans les arts martiaux chinois, les «formes internes» s’opposent à celles que l’on appellent les «formes externes»...