mercredi 2 janvier 2019

Tekyo - Henka


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Tekyo - Henka

Tekyo c'est les applications découlant de l'étude d'un kata. Henka ce sont les variantes dans lesquelles on applique la technique principale du kata.
Pour un novice cela peut paraître la même chose, mais la connaissance de la différence entre ces notions est importante.
Lors de l'apprentissage d'une technique (kata), on applique une attitude et divers gestes appelés Kihon pour la mettre en œuvre. Ces gestes codifiés par le créateur du kata peuvent être légèrement adaptés à la morphologie et aux aptitudes physiques de chacun (Tori et Uke). Suivant la forme d'attaque du partenaire, les kihons sont étudiés pour répondre de façon correcte à cette agression tout en appliquant la technique demandée (précision des gestes et respect des consignes de l'instructeur). Les différentes formes d'attaque codifiées par Soke ou l'instructeur ne sont pas des variantes, mais des applications différentes d'une même technique. Tout cela, c'est Tekyo, les applications découlant de l'étude d'une technique.
Quand la technique est parfaitement maîtrisée, vient alors l'étude des variantes dans lesquelles, suivant son niveau et ses connaissances, on peut appliquer de différentes façons cette technique, la modifier ou la combiner avec d'autres. Le travail devient plus personnel et doit démontrer une maîtrise parfaite de la technique. C'est l'étude Henka, l'étude des variantes imaginées par le pratiquant (avec la participation de son partenaire). Il est compréhensible que ce travail ne peut se faire que lorsque l'étude Tekyo est pleinement assimilée. L'instructeur vérifie alors si la variante est plausible, c'est à dire si elle correspond bien à une attaque franche et si la technique est correctement appliquée suivant le niveau d'étude (dan).

Il est donc très important de ne pas mélanger ces deux formes d'étude et de bien les différencier suivant l'avancement du pratiquant. L'étude des variantes d'un niveau ne pourrait être faite que lorsque la maîtrise technique de ce niveau ne soit complète. Il est inutile de vouloir appliquer Henka (variantes) d'une technique (Teyko) mal maîtrisée. L'acquisition Tekyo doit être faite sans application de force et en souplesse pour éviter toute blessure lors du travail Henka. Le travail correct du corps ; la posture, la façon de se déplacer et de pivoter sont les premiers éléments à étudier et mettre en application dans l'étude Tekyo. L'étude des réceptions à la saisie ou tentative de saisie est l'élément suivant à connaître parfaitement. Et enfin l'étude du déséquilibre dans l'application de la technique doit aussi être complète pour éviter de forcer. Ce sont tous ces éléments appliqués parfaitement et ensembles qui vont permettre le travail correct en Tekyo d'abord et ensuite en Henka.

Suivant le niveau, d'autres éléments seront indispensables pour pouvoir répondre à des attaques franches et multiples : l'intuition, la perception d'attaque et la légère anticipation de réception, la connaissance des points Kyusho du partenaire, la vitesse d'exécution (qui ne doit pas masquer un défaut de déséquilibre), la stabilité, la vision globale, la mobilité de sauvegarde , ...


mercredi 19 décembre 2018

Art martial


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Martial art.



Mushin, c'est l'esprit calme, neutre, sans fixation, libre de toute volonté d'action, capable de provoquer une réaction appropriée du corps à chaque sensation perçue et même d'anticiper cette réaction. Cette notion est issue du bouddhisme taoïste et nous permet de vivre naturellement en communion avec l'univers, libre de tout attachement matériel. Mushin est peut être le concept le plus important à mettre en oeuvre dans la pratique des arts martiaux traditionnels japonais.
Laisser libre court aux actions spontanées est l'aboutissement de Mushin et de l'esprit Tao. C'est par cette voie humble et simple que le guerrier, en quête de perfection, peut acquérir la maîtrise de son art. Plus l'homme pense à être le plus efficace et à être le meilleur, moins il est en contact avec le réel. Les gestes et les réflexes instinctifs qui y sont liés doivent venir naturellement, sans artifice.
L'attitude physique et mentale du pratiquant est d'une grande importance pour permettre de montrer une technique fluide et efficace mais sans brutalité.
L'art du déséquilibre est aussi très présent dans les arts martiaux japonais. Le déséquilibre n'est d'ailleurs pas uniquement physique mais aussi mental. Laisser croire à Uke qu’il peut attaquer et gagner, et en même temps entrer dans son attaque avant même qu'elle ne soit commencée. La perception d'un éventuel agresseur doit nous mettre dans une attitude qui permette de percevoir le moment de son intention d'attaquer et en même temps nous permette de garder calme, sérénité et ouverture d'esprit.
La vigilance et l'intention doivent être bien présentes avant le départ de l'attaque, ainsi elles permettent de stopper l'agression au bon moment, placent Uke dans un début de déséquilibre autant mental que physique et l'empêchent d'aller plus loin dans son agression.

Cependant diverses difficultés nous attendent :
* Uke arrête son attaque trop tôt.
_ Uke a peur ou est intimidé. Il est important de respecter Uke et de le mettre en confiance, lui faire sentir qu’il peut attaquer sans détour.
        • Tori a contre-attaqué trop vite ou trop fort. Tori doit laisser Uke avancer assez loin dans son attaque ou anticiper légèrement. Attendre le dernier moment est essentiel pour Tori. C'est le choix crucial qui déterminera si la technique se fait en mode Ura (vers l'arrière) dans le premier cas ou Omote (vers l'avant) dans le deuxième. Mais cela peut aussi être un mélange des deux (aspirer pour mieux attaquer) .

* Uke s'engage fort dans son attaque et se retrouve déstabilisé avant même que Tori n'ait bougé ou agit sur lui.
        • Uke doit travailler sa stabilité et la réalité de son attaque tout en se contrôlant.
        • Uke ne doit pas se tendre en agressant, la saisie doit être forte mais souple. L'intention est bien de contrôler l'adversaire pour permettre une frappe, pas uniquement de saisir.

* La technique paraît souple et fluide, mais Uke ne subit aucun ou peu de déséquilibre et se laisse entraîner sans réagir.
- Uke ne veut pas ou ne pense pas à réagir. L'intention d'attaque d'Uke doit être maintenue malgré la réception et le début de déséquilibre. Uke doit penser à se préserver mais aussi à pouvoir profiter de la moindre possibilité pour contrer et attaquer si une faille est trouvée dans le contrôle de Tori.
- La rapidité de l'action de Tori ne lui en laisse pas le temps. La vitesse d'exécution n'est pas un élément essentiel et suffisant pour exécuter correctement une technique. Ce qui peut être fait lentement, peut être exécuté vite. Mais rarement l'inverse.
-Le déséquilibre est avant tout mental, Tori a un fort ascendant sur Uke qui n'ose pas réagir, de peur de le décevoir.
* La technique est brutale et Uke est mal contrôlé.
      • Tori doit répondre à l'attaque avec l'intensité et le contrôle adapté à ce que Uke lui donne, tout en le respectant.
      • Uke doit aussi contrôler son agression ou les contres possibles. Le réalisme doit être teinté de respect et de bienveillance envers le partenaire.
Uke doit mettre tout son cœur dans l'attaque et veiller à maintenir l'esprit d'agression tout en préservant son intégrité physique jusqu'au contrôle complet par Tori.
(Uke est celui qui agresse son partenaire Tori et qui ensuite subit la technique de Tori).

Pour exécuter correctement une technique, la participation réelle, concentrée et coordonnée de UKE et TORI est indispensable. L'apprentissage détaillé, en souplesse et sans stress, mais réaliste est important. Chaque geste compte, il doit être pur et efficace mais doit aussi être économisé (pas de mouvements parasites). Le bon mental de chacun est donc très important.

Il y a plusieurs termes japonais qui permettent de décrire les connaissances à mettre en pratique simultanément dans l'étude des arts martiaux. En voici quelques uns ;

MA-AÏ : la distance. Pour être sauf et aussi pour pouvoir attaquer d'un coup.
RI-AÏ : Le timing. Ni trop tôt, ni trop tard.
ZANSHIN : Concentration et vigilance.
SHISEÏ : La posture du corps, droite et ouverte.
KI AÏ : Le cri qui vient du ventre.
NINTAÏ : Ténacité, persévérance.
YOYU : Marge (endroit et moment) critique. Sentir ce moment est essentiel et ne peut être perçu que grâce aux concepts ci dessous.

Celui déjà évoqué ci dessus Mushin, avec plus spécialement les concepts suivants :
FUDOSHIN : Esprit calme.
JUNANSHIN : Esprit ouvert (souple).
MUGU MUSHIN : Mental sans ego, sans émotion, sans jugement.
Le plus difficile étant de les appliquer correctement et les mettre tous en pratique en même temps.
Mais ils devraient nous permettre de placer correctement (après quelques années d'entraînement intense);
SEN : Attaquer directement.
SEN NO SEN : Laisser passer et Contre attaquer.
GO NO SEN : Attaques simultanées des deux partenaires ou attaque de l'un et Parade avec contre attaque simultanée de l'autre.

Comme disait le célèbre samouraï Myamoto Musashi « Pensez-y bien ! »


jeudi 22 novembre 2018

Le Sage


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Le pot du sage.

Un sage réfléchi à la réponse qu'il peut donner à ses élèves venus lui demander comment gérer le temps et remplir au mieux leur agenda. Pour marquer les esprits embués, il leur fait en silence une petite démonstration. Il apporte un gros pot de verre vide, pour qu'ils en voient le futur contenu, le rempli de galets, puis demande : Ce pot est il plein ?
Oui, répondent les élèves. Il va chercher du gravier, revient devant ses élèves de plus en plus curieux et le fait descendre dans le pot, puis après que ses élèves aient encore jugés le pot plein, prend du sable fin et de nouveau le fait descendre dans le pot. Quand c'est terminé, il demande à nouveau : Ce pot est il plein ?
Cette fois oui, répondent les élèves. Alors le maître les quitte de nouveau un bref instant. Cette fois ils se demandent : il n'y a plus de place, que fait il encore ?
Mais il revient avec une cruche d'eau et la verse dans le pot jusqu'à début de débordement. Cette fois, c'est plein ! Dit il. Et que cela nous apprend t il ?
Qu'il y a toujours de la place pour de petites choses à faire dans notre emploi du temps, répond un élève qui se souvient du thème de la leçon.
Le sage répond : Non, pas du tout. Cette réflexion est primaire et sans profondeur. Rappelez vous l'ordre dans lequel j'ai rempli ce pot... Cela nous apprend surtout que l'on doit d'abord placer les choses importantes en premier, puis les moins graves ensuite et enfin les choses les plus ordinaires, celles qui coulent d'elles même. Si on fait l'inverse, le pot devient très difficile, voir impossible à remplir. Il faut agiter et secouer frénétiquement pour arriver à mettre tout en place, au risque de tout casser. Tandis que si on le réalise dans l'ordre que je vous ai montré, c'est facile. Remplir sa vie c'est cela, savoir quelles sont nos priorités et les placer avant toute autre chose, le reste se met de lui-même.

Le sage quitta son assemblée étrangement silencieuse, médusée par cette démonstration simple et claire.

Le problème c'est de savoir ce qui est vraiment important pour nous, de bien le déterminer sans se tromper et de le placer en premier. Combien de fois ne fonce-t-on pas tête baissée, pris par la nécessité du moment ou par des plaisirs futile ? On oublie de réaliser les choses qui nous tiennent réellement à cœur, celles qui ont une véritable nécessité, celles qui nous améliorent et nous apportent amour et bonheur. Inutile de remplir sa vie de peccadilles et de futilités, sinon il n'y a plus de place pour les choses essentielles que l'on regrettera d'avoir sous-estimées. Que ce soit en terme de travail, d'énergie sportive, d'argent, d'amour ou même de spiritualité, la pratique quotidienne de la méditation nous permettra de prendre le temps de nous poser fréquemment cette question : Qu'est ce qui est important dans ma vie, quelles sont mes grandes priorités ?...
Alors notre esprit s'éclaircira et nous placerons les gros galets en premier dans le pot de notre vie.

mercredi 7 novembre 2018

Metsubushi


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Metsubushi.


Dans le niveau Yondan, on demande souvent de légèrement anticiper l'attaque adverse. Pour cela il faut que dans un même mouvement soient réalisés la réception et le début de la technique demandée. C'est là que les difficultés apparaissent. On peut remarquer que Tori réalise une réception mais sans placer son corps dans la technique, car son intention est de réaliser cette réception et d'éloigner Uké. Donc le travail se fait en deux temps avec deux mouvements de corps différents, celui de la réception et ensuite celui du départ de la technique du kata. Ce qui permet à Uké de se mouvoir et de se placer dans une position qui ne permet plus la réalisation correcte de la technique. On peut dire que Tori effectue correctement une réception de niveau Shodan pour préparer sa technique, mais que dans le niveau supérieur cela ne fonctionne plus.
Il faut faire évoluer cette réception dès le niveau Nidan, pour arriver à pouvoir anticiper et gommer le geste Metsubushi mais pas l'intention, dans le niveau Yondan. Progressivement le corps intégrera la réception dès le début de la technique et, vice versa, la technique dans la réception.
Le geste Metsubushi est une frappe du revers des doigts vers les yeux de l'adversaire. Ce geste est issu de techniques Ninjutsu de lancer de poudre dans les yeux adverses ou de lacérer le regard avec des lames dissimulées dans les ongles. Il ne s'agit donc pas à proprement parler d'une frappe destructrice, mais plutôt d'un leurre visant à déstabiliser l'adversaire un fraction de secondes pour pouvoir le contrôler. Le corps n'est donc pas placé pour effectuer une frappe comme un coup de poing et ne demande qu'un léger mouvement de bras en tendant les doigts vers les yeux.
Ne pas exagérer les gestes et les torsions est l'apprentissage du contrôle d'Uké. Mais avant d'y penser, le contrôle de soi demandé au niveau Shodan doit évoluer et devenir plus intense et plus fin. « Pas de technique sans réception » devient « La technique est la réception ».
Dès le niveau Nidan, il faut assouplir la réception et la réaliser uniquement avec le bas du corps pour éviter de tendre le corps vers l'avant dans le geste Metsubushi. Cette intention de frappe doit se remarquer avec le travail des hanches. Le travail des bras doit être beaucoup plus sobre.
L'intention doit aussi se focaliser sur les possibilités de travail de la main libre d'Uké et non plus uniquement sur celle qui saisit. Le danger vient en effet de cette main libre. Il faut l'éloigner et se placer hors d'atteinte de cette main.
Ensuite dans le niveau Sandan, on peut commencer l'apprentissage de petites anticipations pour pouvoir contrôler Uké en évitant de faire le geste complet Metsubushi. Ce n'est pas pour cela qu'il faut supprimer l'intention de cette réception. Bien au contraire, elle doit être maintenue avec conviction. La réception est alors réalisée essentiellement avec le corps, le geste de bras tendu a presque disparu. L'attention est complète à la main libre d'Uké, tout en plaçant le regard dans celui d'Uké.
C'est cet apprentissage progressif qui permettra de réaliser, au niveau Yondan, une légère anticipation de l'attaque d'Uké pour pouvoir se positionner favorablement dès le début de la tentative de saisie avec un mouvement de corps qui permette de réaliser, ensembles, technique du kata et réception. Tout cela sans exagération, pour maintenir Uké dans la position recherchée de déstabilisation qui permette de continuer la réalisation de la technique de façon souple, mais aussi intense.
Dans le niveau Godan, Metsubushi n'est plus qu'une esquisse du geste, mais l'anticipation est totale. Le regard n'est plus focalisé sur l'adversaire mais sur l'environnement. Dès l'intention d'agression, le corps réagi instinctivement et se positionne correctement en réponse à la perception reçue. Les gestes viennent naturellement sans effort, sans contrainte, L'esprit est apaisé.


vendredi 19 octobre 2018

Eviter les blessures.


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Eviter les blessures. (Please, no injury !)



C'est le mot d'ordre fréquemment employé dans les Taikaïs et les entraînements yudanshas ou même simples cours aux dojos. Pourtant s'il y a bien une chose difficile à éviter dans la pratique des arts martiaux, c'est bien cela. Il y a tellement de raisons de se blesser ou de commettre une faute sur un partenaire que c'est impossible de les cerner toutes.
Voici quelques préceptes à appliquer avant de commencer la pratique :
Ne vous présentez pas à votre partenaire en mauvaise santé ou avec de mauvais réflexes sans le prévenir de vos problèmes ou de votre malaise.
Vérifier votre habillement, principalement la pose du hakama et la tenue même de ce vêtement particulier. Il existe plusieurs possibilités pour que cet habit puisse vous occasionner des désagréments, principalement au niveau des jambes et pieds.
La façon dont vous chutez est ensuite une autre cause de blessure courante. L'art de l'ukémi et du déplacement se travaille longtemps en perfectionnant sans cesse quel que soit l'âge. Prévenez votre partenaire en cas de problème de pratique de chute avant ou arrière, gauche ou droite, décollé ou simple roulé.
Votre rôle d'agresseur (uke) sur votre partenaire peut également être à l'origine de sérieuses blessures sur vous-même ou sur le partenaire si vous ne prenez garde à votre propre comportement dans cette difficile interprétation. Ne rester pas crispé ou tendu. Etre bon Uke demande un travail sur soi-même pour se calmer et augmenter ses facultés de perception pour pouvoir légèrement anticiper les réactions adverses. Percevoir la distance correcte de sécurité dans la pratique en état d'agression ou de réception demande également une longue expérience. Il faut avoir une attention constante à cette perception de danger quand on entre dans une zone où le partenaire peut vous atteindre facilement. Tori (celui qui fait la technique) n'oubliera pas que s'il travaille sur une main adverse, l'autre main est toujours disponible pour faire quelque chose et devient un danger pour lui.
Les risques pour un partenaire d'infliger une blessure à son opposant sont très nombreux. Certaines causes ne peuvent être évitées, car comme dans toute pratique, les accidents sont possibles.
Par contre certains accidents peuvent vraiment être évités en appliquant les recommandations émises par Soke dans le petit texte d'introduction à la pratique du niveau Shoden du Kokodo Jujutsu, qu'il est recommandé de lire et relire sans restriction. On ne saurait suffisamment insister sur la nécessité de travailler lentement, en souplesse et sans appliquer de force. L'utilisation du poids du corps doit se faire avec un extrême et rigoureux contrôle.
Prenez une particulière attention au travail avec des jeunes débutants, leur perception de la douleur n'est pas encore précise. Il se peut qu'ils frappent l'abandon trop tard. Spécialement les personnes (jeunes ou inexpérimentées) très souples, qui ne perçoivent la douleur qu'au tout dernier instant. Dans ce cas, il est fortement conseillé de non seulement stopper toute clé ou prise mais aussi de relâcher instantanément cette position qui a déjà été poussée trop loin.
Plus on avance dans la connaissance de la technique et plus le danger de blessure augmente. C'est une preuve de gain d'efficacité dans la pratique mais aussi une preuve de manque de contrôle de la connaissance acquise. Mais il est évident qu'il faille passer par des fautes pour arriver à maturité. Veillons à ce que ces erreurs soient le plus bénignes possible et sans conséquence pour autrui, nous-mêmes et l'image du Kokodo Jujutsu.

jeudi 4 octobre 2018

Mushotoku


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Mushotoku.


Traduction : Sans but, sans intention, sans volonté.
Cela fait partie du Zen. Agir dans ce sens est très difficile pour nous. L'art du combat est de laisser l'esprit agir librement, sans fixation aucune.
Dès que la pensée se focalise sur une action ou réaction à faire, un jugement, une appréciation, l'esprit est perturbé car un décalage se produit par la volonté d'agir ou par la comparaison avec notre aptitude à réagir.
La pratique profonde ne s'aquiert qu'en travaillant, mais surtout en pouvant nous regarder en détail travailler. Polir notre technique c'est comme polir un miroir dans lequel on peut se voir. Jusqu'à faire disparaître notre image et le miroir. Alors il n'y a plus rien. Nous sommes ce que nous sommes, il faut l'accepter. Notre instinct primaire est notre intention, laissons le agir librement.
Pour cela, nous devons être présent avant l'intention. Percevoir l'intention nous permet de prendre un temps d'avance, qui est vraiment nécessaire, pour pouvoir agir correctement. Présent veut dire observateur attentif, mais pas passif.
L'action doit être unie à l'esprit. Si nous agissons, c'est naturellement, en un temps, sans réflexion, dans un mouvement instinctif. Cela ne peut venir qu'après un apprentissage parfait des technique de combat et aussi un pratique approfondie de la méditation Zen.
On n'est pas obligé pour cela de devenir religieux Bouddhiste, il suffit de comprendre certains préceptes qu'ils appliquent et de les mettre en pratique.
Contrôler son égo peut être l'outil le plus important pour améliorer son aptitude à agir sans volonté. Sur le Kyosaku (bâton de frappe) des moines est traditionnellement gravé l'inscription « Maku moso » ce qui être traduit par « pas d'illusion ». Si on frappe les épaules du moine avec ce bâton c'est pour lui rappeler qu'il faut se concentrer sur la profondeur de la pratique, sans cela pas de progrès possible.
On est toujours dans l'illusion de l'efficacité. Le but de mieux se contrôler, de mieux bouger, de mieux contrôler l'autre est un rêve utopique. Prendre du pouvoir sur les autres ou sur une situation est encore illusoire, bien que cela ne soit pas mauvais en soi, au contraire. L'égo, il en faut quand même un peu. Nous devons nous accorder de la valeur. Mais il ne faut pas en tirer de satisfaction, c'est juste un moment éphémère avant de passer à autre chose.
Notre ego n'a pas de consistance, mais c'est notre esprit qui tente par tous les moyens de justifier cet Ego et essaie de mettre en place des schémas d'action pour établir sa solidité. On se sent d'ailleurs particulièrement menacé par le sentiment de perte de contrôle de ces schémas et par la perte d'estime des autres. Nous devons prendre conscience de ce discours intérieur pour le combattre. La recherche d'une basse flatterie ou d'une confirmation de notre bon jugement est une activité préférée de l'esprit Ego. C'est aussi la source de tromperie de dupe, on en revient à l'utilité de l'expression « maku moso ».
Le véritable guerrier ne pense pas aux conséquences de la perte des biens matériels, de la famille ou des êtres chers. Il agit conscient de l'illusion des liens, de la fatalité de la séparation. Il n'y a rien à chercher, rien à terminer. Il pense juste à réagir calmement, sans chagrin, sans colère, en accomplissant son destin.
Lorsque l'esprit ne repose sur rien, le véritable esprit de guerrier apparaît.

vendredi 14 septembre 2018

L'équilibre


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L'équilibre.


L'équilibre est une notion essentielle dans la pratique martiale, c'est même la première chose à ressentir sur soi-même avant de pouvoir placer l'autre en déséquilibre. Inutile de penser à déstabiliser quelqu'un, si soi-même, on manque d'équilibre.
L'équilibre, logiquement et basiquement, c'est quand on ne ressent aucun déséquilibre. Tout déséquilibre dans un sens, amène tôt ou tard à un autre déséquilibre dans le sens opposé pour obtenir compensation. Cette loi est immuable et s'applique aux choses comme aux actes et même aux réflexions.
Pour le corps, cela veut dire que toute exagération de mouvement est inutile. Pour l'esprit, c'est un peu la même chose, toute pensée perverse est à abolir, toute perception exagérée est à éviter. La simple volonté de faire une action nous place déjà en déséquilibre.
Agir sur autrui se fait dans la pureté de l'instant de perception en bougeant naturellement. La recherche d'équilibre se fait dans la sobriété et l'économie de gestes, comme de pensées. Eviter le superflu, nettoyer la tête pour y mettre l'essentiel. Plus le cerveau s'active, moins on peut percevoir notre environnement présent.
Le Shiseï correct est l'équilibre. Prendre attention à notre position naturelle de départ est le début de la recherche de l'état d'équilibre. Cette position est la position debout naturelle, pieds sur une même ligne écartés de la largeur des hanches, les genoux sont très légèrement fléchis. Les épaules sont relâchées et tombantes, la poitrine est ouverte. La pression du hara doit se ressentir sur le noeud de ceinture, ainsi que dans les reins, le bas du dos.
Dès la réception, placer le corps droit entre les deux pieds avec un écart suffisant dans les deux sens pour une stabilité optimale. La pression égale de la pointe des pieds sur le sol permet une spontanéité naturelle de mouvement et une flexion plus intense du genou avant permet, outre une juste répartition du poids du corps, de répondre positivement, c'est à dire d'avancer. Les hanches sont souples. Le genou avant est en pression naturelle sur l'agresseur, la jambe arrière est presque tendue pour permettre de subir une poussée. Les coudes sont presque collés au corps. La position idéale est la distance maximum d'un poing entre le coude et le corps.
Il est évident que cette recherche d'équilibre se poursuivra pendant tout le travail avec le partenaire jusqu'au contrôle final. Cette attention nous premettra de réagir correctement à toute sollicitation du partenaire, même si la technique en elle-même est mal appliquée ou si le partenaire modifie sa position pour tenter de contre-attaquer.
L'équilibre est la condition essentielle pour un mouvement correct et une technique pure.

lundi 27 août 2018

Reiho


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Reïho et Reïshiki.

Le Reïho (étiquette des saluts) est la première chose qui retiendra l'attention d'un expert lors d'une démonstration. La traduction de Reï, c'est « salut ». Mais la calligraphie japonaise est bien plus riche de sens et cela veut plutôt dire : « faire offrande à l'autre de sa profondeur de sentiment, de ce qui est divin en nous ».
Alors que d'ordinaire, le japonais cherche à ne pas montrer ce qu'il ressent, dans le salut, il veut montrer son respect et son désir de communiquer par un geste simple mais très riche en finesse. Toute sa profondeur de sentiment est dans son attitude et dans sa gestuelle en faisant le Reï. C'est aussi le respect de la tradition et des ancêtres. Ce moment unique n'est pas banal et doit être vécu avec attention.
Déjà dans le vestiaire du dojo, l'attention doit être au Reïho. Si l'habillement est incorrect, la pratique le sera aussi. En prenant son équipement à la maison, l'attention est aussi au Reïho. En saluant sa famille, ses collègues de travail, ses supérieurs, l'attention se fait ainsi naturellement avec la même intensité qu'au dojo.
Reïshiki, c'est la charte d'engagement du pratiquant à suivre les règles de bienséance dans la pratique à l'intérieur d'un dojo. Après quelques années, cela devient une règle de vie constante et naturelle, totalement imprégnée dans la vie courante et dans l'esprit de celui qui pratique avec engagement.
Saluer c'est vénérer, avec modération et humilité, les choses comme les personnes. Mais on ne salue pas de la même façon un mur d'honneur, le tatami, un senseï, un partenaire ou une arme. Chaque salut doit avoir une fonction riche de sens dans notre esprit. Savoir pourquoi on salue est primordial et cette raison est personnelle. Il doit y avoir un sens particulier à chaque chose que l'on fait, cela permet la profondeur du Reï.
Savoir anticiper c'est se sauvegarder. Celui qui a à l'esprit ce qu'il fait est attentif à toute chose qui permet de mieux faire. Être serein permet d'être disponible. L'esprit apaisé permet la réaction foudroyante.
Cultiver son esprit dans la recherche d'une attitude correcte et sereine pour chaque action est un art de vivre qui pousse naturellement au respect, voire même à la crainte si le désir de perturber est présent chez l'autre.
Les hommes à l'étiquette parfaite sont généralement les plus dangereux car ils ont une grande maîtrise d'eux-même en même temps qu'un grand respect de ce qu'ils pratiquent, donc forcément ils possèdent une grande connaissance de leur art.
Respecter la position de chaque chose et de chaque personne est impératif. Dans le dojo, le mur d'honneur est le Shomen ou Kamiza (s'il y a un autel ou une présentation graphique). Le senseï se place dos au Shomen. En face de lui, c'est le Shimoza, mur devant lequel se placent les élèves. A droite du senseï se placent les débutants (Kohaï), à gauche les plus anciens (Sempaï). Le mur de gauche par rapport au senseï est le Joseki, côté des anciens et des invités. Et le mur de droite est le Shimoseki, sortie et entrée dans le dojo.

Le salut Reï Shinto
Toute pratique sérieuse devrait commencer et se terminer par le salut Rei shinto, le salut traditionnel japonais en seiza dédié aux kami sama, âmes honorables, ancêtres fondateurs ou parents vénérés.Il faut s'imprégner pour cela de l'importance de la compréhension du dicton « Keiko Shakon », littéralement « apprendre du passé pour donner vie au présent », dans la recherche d'une pratique sérieuse en concordance avec l'âme du fondateur de l'école.
Ce salut est traditionnellement, en début de cours, une prière, un appel aux âmes des ancêtres à venir illuminer nos esprits pour permettre une pratique cohérente à celle du senseï et en fin de cours, un remerciement à ces mêmes acteurs spirituels de leur participation à notre pratique éclairée.
Voyons par le détail ce salut Rei Shinto : de la position seiza tournée vers le Shomen ou Kamiza, on salue deux fois en s'inclinant, puis on frotte deux fois les paumes de main l'une contre l'autre à hauteur du visage. A même hauteur, on frappe deux fois dans les mains et pour terminer, on s'incline pour un salut. Le tout est réalisé en suivant le rythme du senseï présent pour harmoniser l'ensemble de la gestuelle. L'important est de créer une communion entre tous les participants et les kamis, donc la réalisation la plus uniforme est demandée.
Il est évident que ce qui se passe dans la tête de chacun à ce moment est privé et unique. Cela peut être fait à une ou plusieurs fins personnelles, ayant chacune leur propre signification. Certains s'inclineront pour leurs parents ou autres membres de leur famille, d'autres pour leur professeur, ami, ou personne fortement présente dans leur pensée. Peu importe l'interprétation privée de ce salut, l'important est d'entrer en communion avec notre esprit et d'apaiser notre âme par un retour de cette connexion.
La base même du Shinto japonais est la liberté d'expression, de souhait, de vœux, de prière, sans règle écrite particulière. Le désir humain d'une vie paisible libre de toute entrave est une aspiration universelle, c'est l'esprit Shinto. Mais nous devons moralement par ce salut nous engager à respecter les volontés de ceux qui, avant nous, se sont engagés aussi à accomplir en particulier l'étude originale d'un Budo.
Les kihons (exercices) qui seront travaillés au cours de la pratique ont déjà derrière eux plusieurs siècles d'histoire et ont été transmis à travers de multiples générations de pratiquants emprunts de ce même esprit Shinto. Il est donc un devoir pour nous de tenter de retrouver cette âme originale qui est à la base de notre étude. Nous devons profiter un maximum de l'opportunité de pénétrer l'essence dissimulée de ces techniques grâce au senseï présent et à ce qu'il nous montre.
L'étude de Budo conduit le pratiquant à un haut niveau d'élévation de moralité et à un respect profond de sa propre vie, mais aussi de celle des autres, y compris son ennemi. Ainsi on parvient à un idéal de vie, à la réalisation d'un haut degré d'humanité.
Par le salut Shinto, on présente sa compréhension à l'esprit religieux traditionnel japonais lié à la pratique d'un Budo ou Bujutsu. C'est une forme d'engagement personnel dans la pratique à perpétuer l'esprit original de ce Budo traditionnel japonais.
Le Reï (salut ordinaire) doit montrer la confiance, le contrôle et le respect.
 Pas de précipitation,  juste se concentrer pour faire des gestes nets et posés. Pour prendre la position  Seiza ou Shakuza, descendre droit, sans se pencher en avant, en tordant légèrement les hanches pour poser genou gauche puis droit avec les mains posées sur le haut des cuisses. Hakama sabaki, léger balayage de la main droite à hauteur et derrière les genoux (gauche droite). Pas de bruits forts venant du hakama. Quand vous vous inclinez, ne montrez pas la nuque. Ne pas élever les fesses par rapport aux talons. Tenir 3 secondes avant de se redresser. Metsuke (regard) droit devant en se redressant. 
Avant le cours. Quand on entre dans le dojo, saluer debout avec profondeur en direction du Shomen ou Shinzen. Discrétion et politesse sont de rigueur, saluer vos partenaires, parler poliment et à voix basse, pas de gestes trop démonstratifs. Les Zoris doivent être alignées et placés les uns à côté des autres, pointe vers la sortie. Si les sacs sont dans le dojo, ils doivent être placés de façon à ne pas gêner le cours, si possible alignés sur le mur du fond et rangés (les vêtements repliés non dépassants)..
Au début du cours. Sur ordre du Sempaï « SEI RETS », tout le monde s'aligne sur sa position par ordre de grade. Le Sempaï annonce « Seiza (ou Shakuza) ». Tout le monde se met en seiza en même temps, de façon sobre et concentrée, regard vers l'avant, les gestes sont mesurés et l'attitude reste droite et fière. Le Sempaï annonce « Senseï ni reï » : on salue le ou les professeurs. Ensuite le Sempaï annonce « Otoga ni reï », le salut pour tous. Maintenir un salut profond trois secondes en prononçant « ONEGAISHIMAZU » et se redresser. Le senseï se lève d'abord et on attend ses instructions.
Fin de cours. Sur ordre du Sempaï « Sei Rets », tout le monde s'aligne sur lui. Le Sempaï annonce dès que le senseï se met à genoux « Seiza ou Shakuza » : on descend en seiza. Le Sempaï annonce « Senseï ni reï » : on salue le ou les professeurs et ensuite « Otoga ni reï » , le salut pour tous en prononçant « DOMO ORIGATO GOZAI MASHITA ». On attend que le senseï se redresse debout et on se met debout sur ordre du sempaï « Kiritsu ». On fait un dernier salut de politesse debout.
Fin de cours il est de coutume de saluer ces partenaires avec la formule « Domo arigato gosaimashta » (formule de remerciement).
Ne pas oublier de saluer vers le Shomen ou shinzen en quittant le tatami et le dojo.

Étiquette : Avant le cours.

Tout d'abord se présenter au cours avec une hygiène corporelle correcte. Habillé, vérifier votre tenue vestimentaire. Vérifier également que vous avez enlevé montre, bijou et autres fantaisies. Les ongles sont coupés courts et les cheveux longs attachés ou noués. Les boucles d'oreilles et sont fortement déconseillées. Par contre, le port de tabi est hautement conseillé.

Pendant le cours.

Le pratiquant est tenu de respecter les consignes de sécurité et de vérifier si son travail ne peut mettre en danger son partenaire ou ses autres collègues de travail.
Le travail avec partenaire doit se faire avec un profond respect de ce dernier pour éviter toute blessure physique ou psychique. Plus on monte en grade, plus l'attention doit être portée à cet aspect de la pratique, plus la responsabilité augmente face au partenaire.
La maîtrise de la parole est de rigueur durant tout le séjour dans le dojo, cela fait aussi partie du contrôle de soi et de l'étiquette. Le pratiquant veille à parler à voix basse, à ne pas déranger le travail des autres, à attendre le moment et l'attitude propice pour adresser la parole au senseï (uniquement lorsqu'il est face à vous et qu'il est disponible).
Les remarques aux autres pratiquants sont superflues et sans intérêt, elle ne peuvent que mettre le doute dans l'esprit des autres. Par contre, les félicitations et congratulations diverses sont autorisées de façon modérée et même recommandées, en fin de cours, après les saluts.
Le Reiho n'est pas uniquement une question d'attitudes physiques et de simple politesse, c'est une réflexion constante et un état d'esprit à maintenir pendant tout le cours, qui contribue à améliorer votre personnalité et votre contact aux autres.

Fin de cours.

Ne pas oublier de saluer vers le Shomen ou shinzen en quittant le tatami et le dojo.
Maintenir l'esprit du travail sérieux accompli le plus longtemps possible.



jeudi 26 juillet 2018

Introduction au Shodan.

Traduction libre du livret Shodan-gi de M. Seamarck adaptée à mon idée actuelle du Kokodo.


Kokodo-budo- Libramont

Introduction au Shodan.

Bienvenue au premier niveau de l'étude du Kokodo jujutsu. Dans ce niveau on étudie les techniques secrètes de ce budo démontrées par le fondateur, Soke Irie Yasuhiro. Ces katas sont un outil de référence pour l’entraînement avec Soke au Hombu dojo. Il s'agit donc de sa propre création et de l'esprit même de son art. C'est notre devoir de les respecter et de les étudier suivant ses recommandations. Le niveau Shodan (premier niveau) est le début d'un long et fructueux cheminement dans l'étude du Kokodo Jujutsu. C'est l'essence de cet art, on y trouve la façon de se tenir, de bouger, de ressentir, d'ouvrir les yeux à cette pratique et aussi un tronc commun à toutes les techniques.

Reiho : les saluts et l'attitude correcte dans le dojo. Au Japon, le dojo est un lieu sacré.
Dès que l'on entre dans un dojo, l'attitude doit être en éveil à l'apprentissage du budo et se conformer à l'étiquette émise par Soke.
Le respect envers tous, mais plus encore aux plus anciens représentés par le kamisa ou shinzen. Les plus hauts gradés sont toujours tournés dos au kamisa ou shinzen.
Soignons notre « shisei » posture pour les saluts, se tenir droit, bras le long du corps en position debout, ou sur le haut des cuisses en position seiza.
Maintenir la nuque tendue en rentrant légèrement le menton et plier le corps à hauteur du bassin pour saluer, le regard suit naturellement le mouvement du corps.
En seiza, les mains sont jointes à plat, index et pouces formant un triangle devant soi, pour le salut au shomen ou au sensei.
Pour saluer un partenaire en seiza, le salut est moins prononcé et en appui sur les pouces à coté des genoux ou en position debout, les bras le long du corps.
Le respect envers le supérieur implique une demande pour prendre la parole ou d'attendre le moment propice pour ne pas déranger les explications en cours, et de saluer en remerciement des explications ou conseils reçus.
Le respect envers le partenaire implique des saluts avant et après toute pratique commune.
La petite phrase « Arigato Gosaïmaz(u) » est la bienvenue en remerciement de toute chose.
Pendant le cours, penser à toujours être en attitude réceptive et attentive aux explications données et garder un maintien correct, sans appuis fautifs (assis de façon désinvolte ou debout dos appuyé contre le mur) .
En début de cours à la fin du salut Otogani rei, on dit tous ensembles : Oneigashimaz(u).
En fin de cours à la fin du salut Otogani rei, on dit tous ensembles : Domo Arigato Gozaïmashita.

Reiho veut dire étiquette. Il s'agit donc d'un comportement qui doit venir d'une réflexion personnelle et d'un état d'esprit constant. Ce n'est pas seulement une attitude de début et de fin de cours.

Shiseï est l'attitude corporelle, le maintien. Le reflet de notre personnalité et de notre esprit.
La tenue vestimentaire fait partie intégrante du shiseï, porter des habits propres et avoir un corps propre est la base même du respect de soi-même et des autres.
Noeud de ceinture : Après avoir fait le double tour du corps avec la ceinture, placer la partie tenue dans la main droite au dessus de celle tenue dans la main gauche. L'extrémité tenue par la main droite passe en dessous de la totalité de la ceinture du bas vers le haut. A nouveau la partie droite est introduite entre les deux tours de ceinture du haut vers le bas. Puis la partie gauche est introduite dans le nœud du bas vers le haut. Serrer les deux extrémités de façon à obtenir un nœud équilibré et esthétique.
L'esprit Budo.

La recherche constante d'efficacité est un leurre dans l'étude des budos et peut entraîner des dérives. Budo est traduit étymologiquement par deux kanjis dont la signification est « la voie pour arrêter la lance ». Ce qui implique des concepts pacifiques de contrôle de soi avant même de penser à contrôler l'adversaire. L'art doit être recherché par l'esprit autant que par la technique pure.
L'esthétique et la beauté des mouvements doit aussi être approfondie. Pour cela il ne faut pas utiliser la force brutale, mais la souplesse, de façon à ce que les deux partenaires réalisent des mouvements sans complaisance mais effectifs et magnifiques.
La recherche de la sauvegarde de l'intégrité physique personnelle tout en maintenant la continuité d' « agression » neutre sans volonté de destruction doit être dans l'esprit des deux partenaires. Le terme agression est volontairement placé entre guillemets car c'est ce que l'on doit voir, mais pas ce que l'on doit ressentir.
Effectuer des mouvements lents permet de contrôler et de vérifier les gestes exécutés et leur effet sur le partenaire. Seulement après ces contrôles, les gestes peuvent être exécutés plus rapidement pour éviter toute blessure à autrui.
La pratique suivant les règles et conseils prodigués doit permettre une progression rapide de la technique et un développement réel de l'esprit du pratiquant dans la voie décrite par Soke Irié.
Kokodo Jujutsu n'est pas seulement un hobby que l'on pratique de temps en temps, cela doit devenir une façon de vivre sa vie en maintenant l'esprit de pratique au jour le jour. Cela permet de résoudre des conflits, d'avoir une vie plus saine et pacifique, de diminuer le stress et d'obtenir une vue plus pragmatique du monde qui nous entoure.
Toute décision prise et action effectuée, nous affecte nous-même, mais aussi tous ceux qui nous entourent. La réflexion et le maintien de l'esprit calme est l'objectif premier de la pratique.

Tai Sabaki Se déplacer.

A l'entraînement au Hombu dojo on peut souvent entendre Soke demander à ce que les mouvements soient beaux. C'est un des secrets pour assimiler correctement le Kokodo et pour progresser. Malgré le fait que l'on pratique un art martial de self défense, les déplacements se font sans brutalité, de façon naturelle et raffinée, ce qui rend de plus la technique plus pure. L'esprit transparaît dans l'attitude de travail.

Le fondateur : Irie Yasuhiro Soke.


Soke Irie commence son étude des arts martiaux au Jujutsu Hakko Ryu sous la direction du fondateur Ryuho Okuyama. En 1977, il reçoit le plus haut titre Menkyo Kaiden Shian San Daï Kichu et est directeur technique pendant plusieurs années. Il quitte cette école en 1993 et décide de fonder son propre style de Jujutsu et Shiatsu dans la voie des budos traditionnels japonais.
Le Kokodo Jujutsu est fondé le 1er Avril 1995 sous la direction de Soke Irie. Depuis Soke continue encore à améliorer chaque jour en se référant aux principes Aïki pour développer et approfondir ses techniques, en s'efforçant de transmettre lui-même ses connaissances au Hombu dojo. Cet enseignement d'homme à homme et d'esprit à esprit est évidemment très enrichissant et Soke est mondialement connu pour sa gentillesse, sa disponibilité et sa haute qualité d'enseignement. Non seulement ses Koryus sont beaux à regarder, mais ils sont aussi simples à appliquer et à apprendre au niveau Shoden.
Actuellement, il y a plus de 40 dojos dans plus de 20 pays à travers le monde. Des étudiants de partout viennent apprendre l'enseignement de Soke au Hombu dojo au Japon. Ils peuvent y apprendre des techniques issues des principes Aïki de grands maîtres tels Sokaku Takeda et Ueshiba.

Soji.
Nettoyer, pas seulement le sol, mais aussi notre esprit.
C'est une coutume typiquement japonaise de nettoyer avant ou après tout entraînement. Cela doit être fait dans le calme et la discrétion par les plus jeunes et moins gradés. Montrer sa volonté à remettre toute chose en place telle qu'on la trouvée en arrivant ou même plus belle est un devoir. Cela démontre notre humilité et notre volonté de progression.

Concepts de base appliqués dans la pratique du Kokodo Jujutsu:

Il est très important pour tout pratiquant de s'efforcer à appliquer ces principaux concepts de manière à maintenir l'esprit développé par notre fondateur Soke Irié dans l'étude du Kokodo Jujutsu. C'est vraiment la base de son enseignement. En les négligeant, on oublie le fondement même de notre pratique.

Fujiru : Aténuer la force. Neutraliser la puissance adverse de diverses façons (voir çi dessous) mais principalement dès la réception en anticipant légèrement l'action adverse.

Datsu ryoku : Laisser tomber la force. Rejeter l'utilisation de la force musculaire dans la pratique.

Kuzushi : Balancer. Contrôler par le travers, rompre l'agression. Mettre l'adversaire en déséquilibre.

Sei tanden : Force du bas ventre. Le tanden est situé quelques centimètres sous le nombril et est considéré en Orient comme le siège de la Force. Utiliser la posture et la respiration correcte permet de se servir de la puissance du bas ventre.

Koshi kaiten : Puissance des hanches.Utiliser la rotation des hanches pour mettre de la force dans les mouvements de bras.
Koshi no ototsu : Evasion de hanche. Permettre la souplesse permanente des hanches, ne pas les maintenir raides. Les mouvements extrêmement rapides et invisibles de corps sont fournis par le travail des hanches.

Maai : La distance. Etude de la perception instantanée de la distance correcte de travail en agression ou réception.
Tai sabaki : Mouvement du corps. Utiliser le déplacement correct du corps, sans balacement, et le poids du corps placé au centre pour maintenir une bonne stabilité. Pour l'étude, seul, de ce mouvement, pensez à effectuer le taï sabaki commandé par le regard de façon la plus naturelle possible.

Ashi sabaki : Le déplacement des pieds. Utiliser la marche japonaise (avec les genoux légèrement pliés) et le mouvement correct des pieds pour maintenir une bonne stabilité dans toute occasion.

Kakudo : L'angle. Utiliser correctement un angle de réception en fonction de l'angle d'attaque de façon à neutraliser la force adverse. Votre contrôle sur Uke dépendra également de votre angle correct de travail en effectuant la technique.

Takasa : La hauteur. Utiliser correctement la hauteur du corps (en pliant les genoux). Passer sous la force de l'adversaire si nécessaire, pour le déstabiliser. Utiliser la puissance des muscles des cuisses, les plus puissants du corps humains.

Zanshin : La vigilance. Conscience mentale de toute chose, attention au respect et à sa sauvegarde.

Metsuke : Le regard. Voir toute chose sans fixer le regard. Enzan no metsuke ou regard au loin qui englobe tout et permet aussi de percevoir les détails du paysage grâce à l'attention que l'on placera à la perception de ces petites choses insignifiantes au premier regard.

Dori : Le devoir. L'obligation, le devoir, de faire toute chose correctement, dans la bonne voie.

Rasen : La spirale. Beaucoup de mouvements du Kokodo Jujutsu sont inspirés de cette figure géométrique montante ou descendante au départ d'une ellipse.

Les Atémis (les Gakuns font parties des atemis).
Donnés sans brutalité, mais avec contrôle. Non pas pour détruire l'adversaire, mais pour distraire, mettre en déséquilibre, modifier la distance, permettre un contrôle du corps, stopper momentanément, provoquer un changement d'esprit et d'attitude chez le partenaire.
Etudier précisément les Kyushos, points vitaux d'atémis, relatifs au shiatsu, indissociable du Kokodo Jujutsu, est une nécessité et doit être pensé comme l'application d'une méthode de soin ou de santé, et non une punition ou douleur à infliger au partenaire.


vendredi 6 juillet 2018

Douceur, art interne.


Kokodo-budo-Libramont


Douceur, art interne.


La douceur dans la pratique, c'est également le respect de soi-même et du partenaire. Rien ne s'obtient par la force visible. Ce qui ne veut pas dire que la force ne permet rien. Mais plutôt que le résultat final n'est pas en faveur de l'application de force physique apparente, mais est, in fine, surclassé par le mouvement doux qui permet d'économiser sa dépense d'énergie, de préserver son intégrité physique et d'utiliser au maximum toutes ses capacités mentales, sans se focaliser sur le travail des muscles.
La lenteur est un ingrédient indispensable pour acquérir les mouvements corrects, mais la douceur est aussi plus importante pour ressentir pleinement le potentiel énergétique du corps sans appliquer de force visible.

Douceur n'est pas nonchalance, ni relâchement désorganisé. Mais s'efforcer de réaliser un mouvement le plus naturel possible, en plaçant simultanément chaque partie du corps en action mobile constante et continue. L'action doit être unifiée pour obtenir une efficacité maximum dans un timing minimum.
C'est par la douceur que l'on obtient la rapidité, la vitesse, la spontanéité et ainsi créer la surprise chez l'adversaire. C'est aussi la douceur qui permet la maîtrise de chaque acte, le gommage de toute crispation et l'esprit Mushin.
La douceur s'obtient en travaillant avec une respiration calme et profonde, un tronc droit qui permet au souffle de descendre jusqu'au ventre, les jambes souples et légèrement fléchies, les pieds souples mais prêts à l'action. La disponibilité du corps est le fruit d'une concentration de l'esprit à ressentir pleinement toutes ces sensations corporelles et ce ne peut être réalisé que par la douceur.

Les arts internes chinois appliquent depuis des millénaires ces préceptes issus du taoïsme. Ils sont toujours d'actualité dans la pratique martiale actuelle. La souplesse et la rondeur des mouvements extérieurs cache la puissance énergétique interne du pratiquant. L'intention non fixée dirige tout mouvement. La puissance du ki est cachée et contenue. La posture est souple et décontractée mais vigilante. L'harmonie est totale entre le corps et l'esprit.
La force physique ne doit pas être utilisée pour mobiliser l'énergie. Il faut soigner le corps pour que l'âme s'y plaise. Si le corps est calme et disponible, l'esprit peut tout lui demander. De même notre volonté de répondre à une sollicitation doit se faire avec un esprit calme et apaisé. Notre corps répondra alors de façon correcte à notre intention.

La douceur est la fusion totale du mental et du geste. C'est vraiment une attitude de l'esprit qui se transmet au physique pour démontrer disponibilité et réceptivité. La sensation du corps qui agit comme un fouet. Accueillant et menaçant. Passant d'un état à l'autre dans le temps d'un claquement de doigts.
Hypnotiser son adversaire par un mouvement doux est l'art du serpent. Le temps que l'intrus se questionne pour trouver une signification à ce qu'il perçoit, il est trop tard.


Arts internes

  Arts internes. Dans les arts martiaux chinois, les «formes internes» s’opposent à celles que l’on appellent les «formes externes»...