vendredi 15 février 2019

Compter en japonais


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Compter en Japonais.


  1. ICHI
  2. NI
  3. SAN
  4. SHI ou YON
  5. GO
  6. ROKKU
  7. SHICHI ou NANA
  8. HACHI
  9. KYU ou KU
  10. JU

  1. JU ICHI
  2. JU NI
  3. JU SAN
  4. JU SHI
  5. JU GO

  1. NI JU
  2. NI JU ICHI
   22 NI JU NI
   23 NI JU SAN

  1. SAN JU
  2. SAN JU ICHI
  1. YON JU
  2. YON JU ICHI
  1. GO JU
  2. GO JU ICHI
  1. ROKKU JU

  1. HYAKU
  1. NI HYAKU

  2. NI HYAKU ICHI
  1. NI HYAKU GO JU GO
  1. SAN HYAKU
  1. SAN HYAKU YON JU GO  


mercredi 30 janvier 2019

Sutemi


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Sutemi.

Sutemi, peut être traduit par sacrifice ou abandon du corps, mais pour les orientaux la pensée est bien plus profonde. C'est plus proche de « jeter la graine ». L'origine de cette pensée vient d'un poème qui décrit une châtaigne emportée par la tempête. Si l'amande (graine ou partie la plus lourde) est abandonnée, la coque peut flotter librement dans le courant. Pour sauver l'enveloppe, il faut pouvoir sacrifier l'origine. Pour sauver le corps, il faut libérer l'esprit. Si l'esprit se fige, le corps ne peut réagir librement.
Entrer sur l'adversaire au moment d'une agression pour y répondre fait partie de Sutemi. Le corps entre dans une zone de danger pour pouvoir agir sur l'autre. Le timing de cette action doit être précis pour être efficace. En Judo, le travail sutemi waza est l'étude d'un déséquilibre en se positionnant sous l'adversaire, un vraie forme de sacrifice du corps pour tenter de déstabiliser l'autre. Ce sacrifice ne dure qu'un bref instant pendant lequel on a l'impression que celui qui l'exécute va perdre la partie. Mais la position qui parait faible se révèle être une position forte qui permet la victoire. Ce n'est pas un simple leurre, c'est vraiment un art du déséquilibre par la souplesse et l'esprit sutemi.
Agir au bon moment avec l'esprit Sutemi, c'est l'action instinctive sans préparation, sans volonté, mais avec le relâchement du corps et de l'esprit. L'esprit doit commander naturellement à l'instant critique une réaction foudroyante. Trop tôt, l'agresseur peut modifier son attaque et l'instant d'après ... c'est trop tard ! Sutemi est l'ultime perfectionnement après l'acquisition de la technique pure et de l'esprit fort.
Le samouraï au combat doit avoir cet esprit Sutemi, face à la mort il ne dépend plus de rien, libre de gagner ou de perdre. Il ne pense plus qu'à l'instant à venir. Il attend le moment propice pour placer une attaque foudroyante et vaincre ses adversaires. Les déstabilisant les uns après les autres, sinon physiquement, sûrement mentalement. Il cherche la faille chez chacun, se battant sans esprit de supériorité, mais confiant dans sa technique. Il ne porte aucun jugement, Il sait que c'est au dernier moment que l'adversaire qui attaque est fragile, lorsqu'il est totalement engagé dans l'action et qu'il ne peut plus modifier son attaque. L'esprit du guerrier est paisible, il attend l'instant propice, prêt au sacrifice, mais aussi prêt à montrer de quoi il est capable..
Ne peut être saisi que celui qui donne quelque chose à saisir. Si vous n'offrez rien, rien ne peut vous être pris. Agir sans intention, sans artifice, sans ruse, sans but est la voie de la sagesse. Elle permet l'action libre du Ki et de l'esprit unifiés. Libre ne veut pas dire vide. La liberté vient de ne pas accumuler de pensée, de ne pas figer l'esprit et le corps. Si l'action ne s'appuie sur rien, mais vient de l'instinct, de l'inconscient, il n'y a pas de traces, pas d'appui, rien qui permette une quelconque anticipation ou contre attaque.
Si le regard ne se fixe pas sur notre environnement, ce voisinage fait partie de notre monde, notre ennemi potentiel n'en est plus un et fait ainsi partie des Shizen Gensho (phénomènes naturels). Nous y réagissons instinctivement comme notre œil réagit à la lumière, notre système immunitaire aux virus. Mais un simple grain de poussière peut perturber notre vision, comme un simple jugement (sympathie ou antipathie) peut impressionner notre pensée. Voir un agresseur potentiel comme un simple objet en mouvement ou statique n'est pas à la portée du commun des mortels. En fait cette cible ne devient dangereuse que si le sentiment d'insécurité s'aggrave. Ressentir le danger, s'éloigner si c'est possible ou attendre le moment fatidique qui permette la réaction adéquate.
Vivre au quotidien Sutemi favorise la santé et prolonge la vie.

mercredi 16 janvier 2019

Ishin Denshin


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Ishin – Denshin.




Cela peut être traduit par « Ce que l'esprit peux, le coeur le transmet. »

C'est la communication non verbale typiquement japonaise utilisée par le maître pour permettre la progression à un haut niveau (éveil) de l'élève.
« Cachée, la fleur. Non cachée, pas de fleur ». Cette pensée célèbre d'un grand artiste de théâtre Nô montre l'importance et la valeur profonde du sens non visible des choses à faire découvrir. La découverte par soi-même est bien plus riche et mieux ancrée dans notre propre ressenti. Le professeur japonais ne répond pas toujours directement aux questions de ses élèves, mais souvent sa réponse est une attitude, un regard ou une autre question pour provoquer réflexion à celui qui peut percevoir le message. Suivant le niveau de compréhension, chacun y trouve sa réponse, peut être partielle. Ce n'est souvent que bien plus tard que l'on se dit « je comprends enfin ce qu'il a voulu dire ».

La pudeur japonaise demande de taire ses vrais sentiments mais de communiquer par les gestes, le regard et l'attitude (Shiseï), le sentiment à transmettre. Le Reï (salut) est tout le symbole de cette attitude. Ne pas témoigner directement d'affection, mais, par la profondeur du geste, montrer son respect. Plus on attend de vous, plus on met d'égard et d'attention à vous montrer. Le profond respect de l'autre demande d'être attentif à chaque instant pour ne pas blesser avec des mots ou attitudes qui pourraient être mal compris. Cette sensibilité aux choses cachées et au shiseï, c'est aussi le travail du niveau supérieur dans la pratique des arts martiaux, pas seulement dans le sens professeur-élève, mais aussi l'inverse et également entre élèves-partenaires.

Un kata ne peut être correctement réalisé sans la connaissance de la technique, mas surtout sans la participation effective de Tori et Uke, chacun jouant le plus parfaitement possible sans animosité son rôle. L'esprit Ishin-Denshin permet une synchronisation parfaite entre partenaires, la compréhension de l'intention et une complicité sans complaisance. Pas de jugement porté sur l'autre ou soi-même. Humilité et compassion sont de mise. S'attacher à ne pas humilier l'autre. Pardonner les faiblesses et encourager à persévérer.

Donner des explications sans fin sur la réalisation d'une technique n'a pas grande utilité, le travail calme et structuré sur les sensations perçues est bien plus important que les mots entendus. Aucun mot ne peut remplacer le ressenti corporel. Le débutant passe par une phase de copie simple de la gestuelle. Quand on a réussit à imiter le senseï, on pense « j'ai compris ». Mais très vite le travail se complique en changeant d'uke. Chacun doit faire sien une technique, l'adapter à sa propre morphologie et à ses propres capacités physiques. Sans complexe et avec confiance mais aussi humilité, il faut passer le plus rapidement possible à la phase acquisition en travaillant avec l'esprit Ishin-Denshin.

mercredi 2 janvier 2019

Tekyo - Henka


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Tekyo - Henka

Tekyo c'est les applications découlant de l'étude d'un kata. Henka ce sont les variantes dans lesquelles on applique la technique principale du kata.
Pour un novice cela peut paraître la même chose, mais la connaissance de la différence entre ces notions est importante.
Lors de l'apprentissage d'une technique (kata), on applique une attitude et divers gestes appelés Kihon pour la mettre en œuvre. Ces gestes codifiés par le créateur du kata peuvent être légèrement adaptés à la morphologie et aux aptitudes physiques de chacun (Tori et Uke). Suivant la forme d'attaque du partenaire, les kihons sont étudiés pour répondre de façon correcte à cette agression tout en appliquant la technique demandée (précision des gestes et respect des consignes de l'instructeur). Les différentes formes d'attaque codifiées par Soke ou l'instructeur ne sont pas des variantes, mais des applications différentes d'une même technique. Tout cela, c'est Tekyo, les applications découlant de l'étude d'une technique.
Quand la technique est parfaitement maîtrisée, vient alors l'étude des variantes dans lesquelles, suivant son niveau et ses connaissances, on peut appliquer de différentes façons cette technique, la modifier ou la combiner avec d'autres. Le travail devient plus personnel et doit démontrer une maîtrise parfaite de la technique. C'est l'étude Henka, l'étude des variantes imaginées par le pratiquant (avec la participation de son partenaire). Il est compréhensible que ce travail ne peut se faire que lorsque l'étude Tekyo est pleinement assimilée. L'instructeur vérifie alors si la variante est plausible, c'est à dire si elle correspond bien à une attaque franche et si la technique est correctement appliquée suivant le niveau d'étude (dan).

Il est donc très important de ne pas mélanger ces deux formes d'étude et de bien les différencier suivant l'avancement du pratiquant. L'étude des variantes d'un niveau ne pourrait être faite que lorsque la maîtrise technique de ce niveau ne soit complète. Il est inutile de vouloir appliquer Henka (variantes) d'une technique (Teyko) mal maîtrisée. L'acquisition Tekyo doit être faite sans application de force et en souplesse pour éviter toute blessure lors du travail Henka. Le travail correct du corps ; la posture, la façon de se déplacer et de pivoter sont les premiers éléments à étudier et mettre en application dans l'étude Tekyo. L'étude des réceptions à la saisie ou tentative de saisie est l'élément suivant à connaître parfaitement. Et enfin l'étude du déséquilibre dans l'application de la technique doit aussi être complète pour éviter de forcer. Ce sont tous ces éléments appliqués parfaitement et ensembles qui vont permettre le travail correct en Tekyo d'abord et ensuite en Henka.

Suivant le niveau, d'autres éléments seront indispensables pour pouvoir répondre à des attaques franches et multiples : l'intuition, la perception d'attaque et la légère anticipation de réception, la connaissance des points Kyusho du partenaire, la vitesse d'exécution (qui ne doit pas masquer un défaut de déséquilibre), la stabilité, la vision globale, la mobilité de sauvegarde , ...


mercredi 19 décembre 2018

Art martial


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Martial art.



Mushin, c'est l'esprit calme, neutre, sans fixation, libre de toute volonté d'action, capable de provoquer une réaction appropriée du corps à chaque sensation perçue et même d'anticiper cette réaction. Cette notion est issue du bouddhisme taoïste et nous permet de vivre naturellement en communion avec l'univers, libre de tout attachement matériel. Mushin est peut être le concept le plus important à mettre en oeuvre dans la pratique des arts martiaux traditionnels japonais.
Laisser libre court aux actions spontanées est l'aboutissement de Mushin et de l'esprit Tao. C'est par cette voie humble et simple que le guerrier, en quête de perfection, peut acquérir la maîtrise de son art. Plus l'homme pense à être le plus efficace et à être le meilleur, moins il est en contact avec le réel. Les gestes et les réflexes instinctifs qui y sont liés doivent venir naturellement, sans artifice.
L'attitude physique et mentale du pratiquant est d'une grande importance pour permettre de montrer une technique fluide et efficace mais sans brutalité.
L'art du déséquilibre est aussi très présent dans les arts martiaux japonais. Le déséquilibre n'est d'ailleurs pas uniquement physique mais aussi mental. Laisser croire à Uke qu’il peut attaquer et gagner, et en même temps entrer dans son attaque avant même qu'elle ne soit commencée. La perception d'un éventuel agresseur doit nous mettre dans une attitude qui permette de percevoir le moment de son intention d'attaquer et en même temps nous permette de garder calme, sérénité et ouverture d'esprit.
La vigilance et l'intention doivent être bien présentes avant le départ de l'attaque, ainsi elles permettent de stopper l'agression au bon moment, placent Uke dans un début de déséquilibre autant mental que physique et l'empêchent d'aller plus loin dans son agression.

Cependant diverses difficultés nous attendent :
* Uke arrête son attaque trop tôt.
_ Uke a peur ou est intimidé. Il est important de respecter Uke et de le mettre en confiance, lui faire sentir qu’il peut attaquer sans détour.
        • Tori a contre-attaqué trop vite ou trop fort. Tori doit laisser Uke avancer assez loin dans son attaque ou anticiper légèrement. Attendre le dernier moment est essentiel pour Tori. C'est le choix crucial qui déterminera si la technique se fait en mode Ura (vers l'arrière) dans le premier cas ou Omote (vers l'avant) dans le deuxième. Mais cela peut aussi être un mélange des deux (aspirer pour mieux attaquer) .

* Uke s'engage fort dans son attaque et se retrouve déstabilisé avant même que Tori n'ait bougé ou agit sur lui.
        • Uke doit travailler sa stabilité et la réalité de son attaque tout en se contrôlant.
        • Uke ne doit pas se tendre en agressant, la saisie doit être forte mais souple. L'intention est bien de contrôler l'adversaire pour permettre une frappe, pas uniquement de saisir.

* La technique paraît souple et fluide, mais Uke ne subit aucun ou peu de déséquilibre et se laisse entraîner sans réagir.
- Uke ne veut pas ou ne pense pas à réagir. L'intention d'attaque d'Uke doit être maintenue malgré la réception et le début de déséquilibre. Uke doit penser à se préserver mais aussi à pouvoir profiter de la moindre possibilité pour contrer et attaquer si une faille est trouvée dans le contrôle de Tori.
- La rapidité de l'action de Tori ne lui en laisse pas le temps. La vitesse d'exécution n'est pas un élément essentiel et suffisant pour exécuter correctement une technique. Ce qui peut être fait lentement, peut être exécuté vite. Mais rarement l'inverse.
-Le déséquilibre est avant tout mental, Tori a un fort ascendant sur Uke qui n'ose pas réagir, de peur de le décevoir.
* La technique est brutale et Uke est mal contrôlé.
      • Tori doit répondre à l'attaque avec l'intensité et le contrôle adapté à ce que Uke lui donne, tout en le respectant.
      • Uke doit aussi contrôler son agression ou les contres possibles. Le réalisme doit être teinté de respect et de bienveillance envers le partenaire.
Uke doit mettre tout son cœur dans l'attaque et veiller à maintenir l'esprit d'agression tout en préservant son intégrité physique jusqu'au contrôle complet par Tori.
(Uke est celui qui agresse son partenaire Tori et qui ensuite subit la technique de Tori).

Pour exécuter correctement une technique, la participation réelle, concentrée et coordonnée de UKE et TORI est indispensable. L'apprentissage détaillé, en souplesse et sans stress, mais réaliste est important. Chaque geste compte, il doit être pur et efficace mais doit aussi être économisé (pas de mouvements parasites). Le bon mental de chacun est donc très important.

Il y a plusieurs termes japonais qui permettent de décrire les connaissances à mettre en pratique simultanément dans l'étude des arts martiaux. En voici quelques uns ;

MA-AÏ : la distance. Pour être sauf et aussi pour pouvoir attaquer d'un coup.
RI-AÏ : Le timing. Ni trop tôt, ni trop tard.
ZANSHIN : Concentration et vigilance.
SHISEÏ : La posture du corps, droite et ouverte.
KI AÏ : Le cri qui vient du ventre.
NINTAÏ : Ténacité, persévérance.
YOYU : Marge (endroit et moment) critique. Sentir ce moment est essentiel et ne peut être perçu que grâce aux concepts ci dessous.

Celui déjà évoqué ci dessus Mushin, avec plus spécialement les concepts suivants :
FUDOSHIN : Esprit calme.
JUNANSHIN : Esprit ouvert (souple).
MUGU MUSHIN : Mental sans ego, sans émotion, sans jugement.
Le plus difficile étant de les appliquer correctement et les mettre tous en pratique en même temps.
Mais ils devraient nous permettre de placer correctement (après quelques années d'entraînement intense);
SEN : Attaquer directement.
SEN NO SEN : Laisser passer et Contre attaquer.
GO NO SEN : Attaques simultanées des deux partenaires ou attaque de l'un et Parade avec contre attaque simultanée de l'autre.

Comme disait le célèbre samouraï Myamoto Musashi « Pensez-y bien ! »


jeudi 22 novembre 2018

Le Sage


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Le pot du sage.

Un sage réfléchi à la réponse qu'il peut donner à ses élèves venus lui demander comment gérer le temps et remplir au mieux leur agenda. Pour marquer les esprits embués, il leur fait en silence une petite démonstration. Il apporte un gros pot de verre vide, pour qu'ils en voient le futur contenu, le rempli de galets, puis demande : Ce pot est il plein ?
Oui, répondent les élèves. Il va chercher du gravier, revient devant ses élèves de plus en plus curieux et le fait descendre dans le pot, puis après que ses élèves aient encore jugés le pot plein, prend du sable fin et de nouveau le fait descendre dans le pot. Quand c'est terminé, il demande à nouveau : Ce pot est il plein ?
Cette fois oui, répondent les élèves. Alors le maître les quitte de nouveau un bref instant. Cette fois ils se demandent : il n'y a plus de place, que fait il encore ?
Mais il revient avec une cruche d'eau et la verse dans le pot jusqu'à début de débordement. Cette fois, c'est plein ! Dit il. Et que cela nous apprend t il ?
Qu'il y a toujours de la place pour de petites choses à faire dans notre emploi du temps, répond un élève qui se souvient du thème de la leçon.
Le sage répond : Non, pas du tout. Cette réflexion est primaire et sans profondeur. Rappelez vous l'ordre dans lequel j'ai rempli ce pot... Cela nous apprend surtout que l'on doit d'abord placer les choses importantes en premier, puis les moins graves ensuite et enfin les choses les plus ordinaires, celles qui coulent d'elles même. Si on fait l'inverse, le pot devient très difficile, voir impossible à remplir. Il faut agiter et secouer frénétiquement pour arriver à mettre tout en place, au risque de tout casser. Tandis que si on le réalise dans l'ordre que je vous ai montré, c'est facile. Remplir sa vie c'est cela, savoir quelles sont nos priorités et les placer avant toute autre chose, le reste se met de lui-même.

Le sage quitta son assemblée étrangement silencieuse, médusée par cette démonstration simple et claire.

Le problème c'est de savoir ce qui est vraiment important pour nous, de bien le déterminer sans se tromper et de le placer en premier. Combien de fois ne fonce-t-on pas tête baissée, pris par la nécessité du moment ou par des plaisirs futile ? On oublie de réaliser les choses qui nous tiennent réellement à cœur, celles qui ont une véritable nécessité, celles qui nous améliorent et nous apportent amour et bonheur. Inutile de remplir sa vie de peccadilles et de futilités, sinon il n'y a plus de place pour les choses essentielles que l'on regrettera d'avoir sous-estimées. Que ce soit en terme de travail, d'énergie sportive, d'argent, d'amour ou même de spiritualité, la pratique quotidienne de la méditation nous permettra de prendre le temps de nous poser fréquemment cette question : Qu'est ce qui est important dans ma vie, quelles sont mes grandes priorités ?...
Alors notre esprit s'éclaircira et nous placerons les gros galets en premier dans le pot de notre vie.

mercredi 7 novembre 2018

Metsubushi


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Metsubushi.


Dans le niveau Yondan, on demande souvent de légèrement anticiper l'attaque adverse. Pour cela il faut que dans un même mouvement soient réalisés la réception et le début de la technique demandée. C'est là que les difficultés apparaissent. On peut remarquer que Tori réalise une réception mais sans placer son corps dans la technique, car son intention est de réaliser cette réception et d'éloigner Uké. Donc le travail se fait en deux temps avec deux mouvements de corps différents, celui de la réception et ensuite celui du départ de la technique du kata. Ce qui permet à Uké de se mouvoir et de se placer dans une position qui ne permet plus la réalisation correcte de la technique. On peut dire que Tori effectue correctement une réception de niveau Shodan pour préparer sa technique, mais que dans le niveau supérieur cela ne fonctionne plus.
Il faut faire évoluer cette réception dès le niveau Nidan, pour arriver à pouvoir anticiper et gommer le geste Metsubushi mais pas l'intention, dans le niveau Yondan. Progressivement le corps intégrera la réception dès le début de la technique et, vice versa, la technique dans la réception.
Le geste Metsubushi est une frappe du revers des doigts vers les yeux de l'adversaire. Ce geste est issu de techniques Ninjutsu de lancer de poudre dans les yeux adverses ou de lacérer le regard avec des lames dissimulées dans les ongles. Il ne s'agit donc pas à proprement parler d'une frappe destructrice, mais plutôt d'un leurre visant à déstabiliser l'adversaire un fraction de secondes pour pouvoir le contrôler. Le corps n'est donc pas placé pour effectuer une frappe comme un coup de poing et ne demande qu'un léger mouvement de bras en tendant les doigts vers les yeux.
Ne pas exagérer les gestes et les torsions est l'apprentissage du contrôle d'Uké. Mais avant d'y penser, le contrôle de soi demandé au niveau Shodan doit évoluer et devenir plus intense et plus fin. « Pas de technique sans réception » devient « La technique est la réception ».
Dès le niveau Nidan, il faut assouplir la réception et la réaliser uniquement avec le bas du corps pour éviter de tendre le corps vers l'avant dans le geste Metsubushi. Cette intention de frappe doit se remarquer avec le travail des hanches. Le travail des bras doit être beaucoup plus sobre.
L'intention doit aussi se focaliser sur les possibilités de travail de la main libre d'Uké et non plus uniquement sur celle qui saisit. Le danger vient en effet de cette main libre. Il faut l'éloigner et se placer hors d'atteinte de cette main.
Ensuite dans le niveau Sandan, on peut commencer l'apprentissage de petites anticipations pour pouvoir contrôler Uké en évitant de faire le geste complet Metsubushi. Ce n'est pas pour cela qu'il faut supprimer l'intention de cette réception. Bien au contraire, elle doit être maintenue avec conviction. La réception est alors réalisée essentiellement avec le corps, le geste de bras tendu a presque disparu. L'attention est complète à la main libre d'Uké, tout en plaçant le regard dans celui d'Uké.
C'est cet apprentissage progressif qui permettra de réaliser, au niveau Yondan, une légère anticipation de l'attaque d'Uké pour pouvoir se positionner favorablement dès le début de la tentative de saisie avec un mouvement de corps qui permette de réaliser, ensembles, technique du kata et réception. Tout cela sans exagération, pour maintenir Uké dans la position recherchée de déstabilisation qui permette de continuer la réalisation de la technique de façon souple, mais aussi intense.
Dans le niveau Godan, Metsubushi n'est plus qu'une esquisse du geste, mais l'anticipation est totale. Le regard n'est plus focalisé sur l'adversaire mais sur l'environnement. Dès l'intention d'agression, le corps réagi instinctivement et se positionne correctement en réponse à la perception reçue. Les gestes viennent naturellement sans effort, sans contrainte, L'esprit est apaisé.


vendredi 19 octobre 2018

Eviter les blessures.


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Eviter les blessures. (Please, no injury !)



C'est le mot d'ordre fréquemment employé dans les Taikaïs et les entraînements yudanshas ou même simples cours aux dojos. Pourtant s'il y a bien une chose difficile à éviter dans la pratique des arts martiaux, c'est bien cela. Il y a tellement de raisons de se blesser ou de commettre une faute sur un partenaire que c'est impossible de les cerner toutes.
Voici quelques préceptes à appliquer avant de commencer la pratique :
Ne vous présentez pas à votre partenaire en mauvaise santé ou avec de mauvais réflexes sans le prévenir de vos problèmes ou de votre malaise.
Vérifier votre habillement, principalement la pose du hakama et la tenue même de ce vêtement particulier. Il existe plusieurs possibilités pour que cet habit puisse vous occasionner des désagréments, principalement au niveau des jambes et pieds.
La façon dont vous chutez est ensuite une autre cause de blessure courante. L'art de l'ukémi et du déplacement se travaille longtemps en perfectionnant sans cesse quel que soit l'âge. Prévenez votre partenaire en cas de problème de pratique de chute avant ou arrière, gauche ou droite, décollé ou simple roulé.
Votre rôle d'agresseur (uke) sur votre partenaire peut également être à l'origine de sérieuses blessures sur vous-même ou sur le partenaire si vous ne prenez garde à votre propre comportement dans cette difficile interprétation. Ne rester pas crispé ou tendu. Etre bon Uke demande un travail sur soi-même pour se calmer et augmenter ses facultés de perception pour pouvoir légèrement anticiper les réactions adverses. Percevoir la distance correcte de sécurité dans la pratique en état d'agression ou de réception demande également une longue expérience. Il faut avoir une attention constante à cette perception de danger quand on entre dans une zone où le partenaire peut vous atteindre facilement. Tori (celui qui fait la technique) n'oubliera pas que s'il travaille sur une main adverse, l'autre main est toujours disponible pour faire quelque chose et devient un danger pour lui.
Les risques pour un partenaire d'infliger une blessure à son opposant sont très nombreux. Certaines causes ne peuvent être évitées, car comme dans toute pratique, les accidents sont possibles.
Par contre certains accidents peuvent vraiment être évités en appliquant les recommandations émises par Soke dans le petit texte d'introduction à la pratique du niveau Shoden du Kokodo Jujutsu, qu'il est recommandé de lire et relire sans restriction. On ne saurait suffisamment insister sur la nécessité de travailler lentement, en souplesse et sans appliquer de force. L'utilisation du poids du corps doit se faire avec un extrême et rigoureux contrôle.
Prenez une particulière attention au travail avec des jeunes débutants, leur perception de la douleur n'est pas encore précise. Il se peut qu'ils frappent l'abandon trop tard. Spécialement les personnes (jeunes ou inexpérimentées) très souples, qui ne perçoivent la douleur qu'au tout dernier instant. Dans ce cas, il est fortement conseillé de non seulement stopper toute clé ou prise mais aussi de relâcher instantanément cette position qui a déjà été poussée trop loin.
Plus on avance dans la connaissance de la technique et plus le danger de blessure augmente. C'est une preuve de gain d'efficacité dans la pratique mais aussi une preuve de manque de contrôle de la connaissance acquise. Mais il est évident qu'il faille passer par des fautes pour arriver à maturité. Veillons à ce que ces erreurs soient le plus bénignes possible et sans conséquence pour autrui, nous-mêmes et l'image du Kokodo Jujutsu.

jeudi 4 octobre 2018

Mushotoku


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Mushotoku.


Traduction : Sans but, sans intention, sans volonté.
Cela fait partie du Zen. Agir dans ce sens est très difficile pour nous. L'art du combat est de laisser l'esprit agir librement, sans fixation aucune.
Dès que la pensée se focalise sur une action ou réaction à faire, un jugement, une appréciation, l'esprit est perturbé car un décalage se produit par la volonté d'agir ou par la comparaison avec notre aptitude à réagir.
La pratique profonde ne s'aquiert qu'en travaillant, mais surtout en pouvant nous regarder en détail travailler. Polir notre technique c'est comme polir un miroir dans lequel on peut se voir. Jusqu'à faire disparaître notre image et le miroir. Alors il n'y a plus rien. Nous sommes ce que nous sommes, il faut l'accepter. Notre instinct primaire est notre intention, laissons le agir librement.
Pour cela, nous devons être présent avant l'intention. Percevoir l'intention nous permet de prendre un temps d'avance, qui est vraiment nécessaire, pour pouvoir agir correctement. Présent veut dire observateur attentif, mais pas passif.
L'action doit être unie à l'esprit. Si nous agissons, c'est naturellement, en un temps, sans réflexion, dans un mouvement instinctif. Cela ne peut venir qu'après un apprentissage parfait des technique de combat et aussi un pratique approfondie de la méditation Zen.
On n'est pas obligé pour cela de devenir religieux Bouddhiste, il suffit de comprendre certains préceptes qu'ils appliquent et de les mettre en pratique.
Contrôler son égo peut être l'outil le plus important pour améliorer son aptitude à agir sans volonté. Sur le Kyosaku (bâton de frappe) des moines est traditionnellement gravé l'inscription « Maku moso » ce qui être traduit par « pas d'illusion ». Si on frappe les épaules du moine avec ce bâton c'est pour lui rappeler qu'il faut se concentrer sur la profondeur de la pratique, sans cela pas de progrès possible.
On est toujours dans l'illusion de l'efficacité. Le but de mieux se contrôler, de mieux bouger, de mieux contrôler l'autre est un rêve utopique. Prendre du pouvoir sur les autres ou sur une situation est encore illusoire, bien que cela ne soit pas mauvais en soi, au contraire. L'égo, il en faut quand même un peu. Nous devons nous accorder de la valeur. Mais il ne faut pas en tirer de satisfaction, c'est juste un moment éphémère avant de passer à autre chose.
Notre ego n'a pas de consistance, mais c'est notre esprit qui tente par tous les moyens de justifier cet Ego et essaie de mettre en place des schémas d'action pour établir sa solidité. On se sent d'ailleurs particulièrement menacé par le sentiment de perte de contrôle de ces schémas et par la perte d'estime des autres. Nous devons prendre conscience de ce discours intérieur pour le combattre. La recherche d'une basse flatterie ou d'une confirmation de notre bon jugement est une activité préférée de l'esprit Ego. C'est aussi la source de tromperie de dupe, on en revient à l'utilité de l'expression « maku moso ».
Le véritable guerrier ne pense pas aux conséquences de la perte des biens matériels, de la famille ou des êtres chers. Il agit conscient de l'illusion des liens, de la fatalité de la séparation. Il n'y a rien à chercher, rien à terminer. Il pense juste à réagir calmement, sans chagrin, sans colère, en accomplissant son destin.
Lorsque l'esprit ne repose sur rien, le véritable esprit de guerrier apparaît.

vendredi 14 septembre 2018

L'équilibre


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L'équilibre.


L'équilibre est une notion essentielle dans la pratique martiale, c'est même la première chose à ressentir sur soi-même avant de pouvoir placer l'autre en déséquilibre. Inutile de penser à déstabiliser quelqu'un, si soi-même, on manque d'équilibre.
L'équilibre, logiquement et basiquement, c'est quand on ne ressent aucun déséquilibre. Tout déséquilibre dans un sens, amène tôt ou tard à un autre déséquilibre dans le sens opposé pour obtenir compensation. Cette loi est immuable et s'applique aux choses comme aux actes et même aux réflexions.
Pour le corps, cela veut dire que toute exagération de mouvement est inutile. Pour l'esprit, c'est un peu la même chose, toute pensée perverse est à abolir, toute perception exagérée est à éviter. La simple volonté de faire une action nous place déjà en déséquilibre.
Agir sur autrui se fait dans la pureté de l'instant de perception en bougeant naturellement. La recherche d'équilibre se fait dans la sobriété et l'économie de gestes, comme de pensées. Eviter le superflu, nettoyer la tête pour y mettre l'essentiel. Plus le cerveau s'active, moins on peut percevoir notre environnement présent.
Le Shiseï correct est l'équilibre. Prendre attention à notre position naturelle de départ est le début de la recherche de l'état d'équilibre. Cette position est la position debout naturelle, pieds sur une même ligne écartés de la largeur des hanches, les genoux sont très légèrement fléchis. Les épaules sont relâchées et tombantes, la poitrine est ouverte. La pression du hara doit se ressentir sur le noeud de ceinture, ainsi que dans les reins, le bas du dos.
Dès la réception, placer le corps droit entre les deux pieds avec un écart suffisant dans les deux sens pour une stabilité optimale. La pression égale de la pointe des pieds sur le sol permet une spontanéité naturelle de mouvement et une flexion plus intense du genou avant permet, outre une juste répartition du poids du corps, de répondre positivement, c'est à dire d'avancer. Les hanches sont souples. Le genou avant est en pression naturelle sur l'agresseur, la jambe arrière est presque tendue pour permettre de subir une poussée. Les coudes sont presque collés au corps. La position idéale est la distance maximum d'un poing entre le coude et le corps.
Il est évident que cette recherche d'équilibre se poursuivra pendant tout le travail avec le partenaire jusqu'au contrôle final. Cette attention nous premettra de réagir correctement à toute sollicitation du partenaire, même si la technique en elle-même est mal appliquée ou si le partenaire modifie sa position pour tenter de contre-attaquer.
L'équilibre est la condition essentielle pour un mouvement correct et une technique pure.

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