jeudi 26 juillet 2018

Introduction au Shodan.

Traduction libre du livret Shodan-gi de M. Seamarck adaptée à mon idée actuelle du Kokodo.


Kokodo-budo- Libramont

Introduction au Shodan.

Bienvenue au premier niveau de l'étude du Kokodo jujutsu. Dans ce niveau on étudie les techniques secrètes de ce budo démontrées par le fondateur, Soke Irie Yasuhiro. Ces katas sont un outil de référence pour l’entraînement avec Soke au Hombu dojo. Il s'agit donc de sa propre création et de l'esprit même de son art. C'est notre devoir de les respecter et de les étudier suivant ses recommandations. Le niveau Shodan (premier niveau) est le début d'un long et fructueux cheminement dans l'étude du Kokodo Jujutsu. C'est l'essence de cet art, on y trouve la façon de se tenir, de bouger, de ressentir, d'ouvrir les yeux à cette pratique et aussi un tronc commun à toutes les techniques.

Reiho : les saluts et l'attitude correcte dans le dojo. Au Japon, le dojo est un lieu sacré.
Dès que l'on entre dans un dojo, l'attitude doit être en éveil à l'apprentissage du budo et se conformer à l'étiquette émise par Soke.
Le respect envers tous, mais plus encore aux plus anciens représentés par le kamisa ou shinzen. Les plus hauts gradés sont toujours tournés dos au kamisa ou shinzen.
Soignons notre « shisei » posture pour les saluts, se tenir droit, bras le long du corps en position debout, ou sur le haut des cuisses en position seiza.
Maintenir la nuque tendue en rentrant légèrement le menton et plier le corps à hauteur du bassin pour saluer, le regard suit naturellement le mouvement du corps.
En seiza, les mains sont jointes à plat, index et pouces formant un triangle devant soi, pour le salut au shomen ou au sensei.
Pour saluer un partenaire en seiza, le salut est moins prononcé et en appui sur les pouces à coté des genoux ou en position debout, les bras le long du corps.
Le respect envers le supérieur implique une demande pour prendre la parole ou d'attendre le moment propice pour ne pas déranger les explications en cours, et de saluer en remerciement des explications ou conseils reçus.
Le respect envers le partenaire implique des saluts avant et après toute pratique commune.
La petite phrase « Arigato Gosaïmaz(u) » est la bienvenue en remerciement de toute chose.
Pendant le cours, penser à toujours être en attitude réceptive et attentive aux explications données et garder un maintien correct, sans appuis fautifs (assis de façon désinvolte ou debout dos appuyé contre le mur) .
En début de cours à la fin du salut Otogani rei, on dit tous ensembles : Oneigashimaz(u).
En fin de cours à la fin du salut Otogani rei, on dit tous ensembles : Domo Arigato Gozaïmashita.

Reiho veut dire étiquette. Il s'agit donc d'un comportement qui doit venir d'une réflexion personnelle et d'un état d'esprit constant. Ce n'est pas seulement une attitude de début et de fin de cours.

Shiseï est l'attitude corporelle, le maintien. Le reflet de notre personnalité et de notre esprit.
La tenue vestimentaire fait partie intégrante du shiseï, porter des habits propres et avoir un corps propre est la base même du respect de soi-même et des autres.
Noeud de ceinture : Après avoir fait le double tour du corps avec la ceinture, placer la partie tenue dans la main droite au dessus de celle tenue dans la main gauche. L'extrémité tenue par la main droite passe en dessous de la totalité de la ceinture du bas vers le haut. A nouveau la partie droite est introduite entre les deux tours de ceinture du haut vers le bas. Puis la partie gauche est introduite dans le nœud du bas vers le haut. Serrer les deux extrémités de façon à obtenir un nœud équilibré et esthétique.
L'esprit Budo.

La recherche constante d'efficacité est un leurre dans l'étude des budos et peut entraîner des dérives. Budo est traduit étymologiquement par deux kanjis dont la signification est « la voie pour arrêter la lance ». Ce qui implique des concepts pacifiques de contrôle de soi avant même de penser à contrôler l'adversaire. L'art doit être recherché par l'esprit autant que par la technique pure.
L'esthétique et la beauté des mouvements doit aussi être approfondie. Pour cela il ne faut pas utiliser la force brutale, mais la souplesse, de façon à ce que les deux partenaires réalisent des mouvements sans complaisance mais effectifs et magnifiques.
La recherche de la sauvegarde de l'intégrité physique personnelle tout en maintenant la continuité d' « agression » neutre sans volonté de destruction doit être dans l'esprit des deux partenaires. Le terme agression est volontairement placé entre guillemets car c'est ce que l'on doit voir, mais pas ce que l'on doit ressentir.
Effectuer des mouvements lents permet de contrôler et de vérifier les gestes exécutés et leur effet sur le partenaire. Seulement après ces contrôles, les gestes peuvent être exécutés plus rapidement pour éviter toute blessure à autrui.
La pratique suivant les règles et conseils prodigués doit permettre une progression rapide de la technique et un développement réel de l'esprit du pratiquant dans la voie décrite par Soke Irié.
Kokodo Jujutsu n'est pas seulement un hobby que l'on pratique de temps en temps, cela doit devenir une façon de vivre sa vie en maintenant l'esprit de pratique au jour le jour. Cela permet de résoudre des conflits, d'avoir une vie plus saine et pacifique, de diminuer le stress et d'obtenir une vue plus pragmatique du monde qui nous entoure.
Toute décision prise et action effectuée, nous affecte nous-même, mais aussi tous ceux qui nous entourent. La réflexion et le maintien de l'esprit calme est l'objectif premier de la pratique.

Tai Sabaki Se déplacer.

A l'entraînement au Hombu dojo on peut souvent entendre Soke demander à ce que les mouvements soient beaux. C'est un des secrets pour assimiler correctement le Kokodo et pour progresser. Malgré le fait que l'on pratique un art martial de self défense, les déplacements se font sans brutalité, de façon naturelle et raffinée, ce qui rend de plus la technique plus pure. L'esprit transparaît dans l'attitude de travail.

Le fondateur : Irie Yasuhiro Soke.


Soke Irie commence son étude des arts martiaux au Jujutsu Hakko Ryu sous la direction du fondateur Ryuho Okuyama. En 1977, il reçoit le plus haut titre Menkyo Kaiden Shian San Daï Kichu et est directeur technique pendant plusieurs années. Il quitte cette école en 1993 et décide de fonder son propre style de Jujutsu et Shiatsu dans la voie des budos traditionnels japonais.
Le Kokodo Jujutsu est fondé le 1er Avril 1995 sous la direction de Soke Irie. Depuis Soke continue encore à améliorer chaque jour en se référant aux principes Aïki pour développer et approfondir ses techniques, en s'efforçant de transmettre lui-même ses connaissances au Hombu dojo. Cet enseignement d'homme à homme et d'esprit à esprit est évidemment très enrichissant et Soke est mondialement connu pour sa gentillesse, sa disponibilité et sa haute qualité d'enseignement. Non seulement ses Koryus sont beaux à regarder, mais ils sont aussi simples à appliquer et à apprendre au niveau Shoden.
Actuellement, il y a plus de 40 dojos dans plus de 20 pays à travers le monde. Des étudiants de partout viennent apprendre l'enseignement de Soke au Hombu dojo au Japon. Ils peuvent y apprendre des techniques issues des principes Aïki de grands maîtres tels Sokaku Takeda et Ueshiba.

Soji.
Nettoyer, pas seulement le sol, mais aussi notre esprit.
C'est une coutume typiquement japonaise de nettoyer avant ou après tout entraînement. Cela doit être fait dans le calme et la discrétion par les plus jeunes et moins gradés. Montrer sa volonté à remettre toute chose en place telle qu'on la trouvée en arrivant ou même plus belle est un devoir. Cela démontre notre humilité et notre volonté de progression.

Concepts de base appliqués dans la pratique du Kokodo Jujutsu:

Il est très important pour tout pratiquant de s'efforcer à appliquer ces principaux concepts de manière à maintenir l'esprit développé par notre fondateur Soke Irié dans l'étude du Kokodo Jujutsu. C'est vraiment la base de son enseignement. En les négligeant, on oublie le fondement même de notre pratique.

Fujiru : Aténuer la force. Neutraliser la puissance adverse de diverses façons (voir çi dessous) mais principalement dès la réception en anticipant légèrement l'action adverse.

Datsu ryoku : Laisser tomber la force. Rejeter l'utilisation de la force musculaire dans la pratique.

Kuzushi : Balancer. Contrôler par le travers, rompre l'agression. Mettre l'adversaire en déséquilibre.

Sei tanden : Force du bas ventre. Le tanden est situé quelques centimètres sous le nombril et est considéré en Orient comme le siège de la Force. Utiliser la posture et la respiration correcte permet de se servir de la puissance du bas ventre.

Koshi kaiten : Puissance des hanches.Utiliser la rotation des hanches pour mettre de la force dans les mouvements de bras.
Koshi no ototsu : Evasion de hanche. Permettre la souplesse permanente des hanches, ne pas les maintenir raides. Les mouvements extrêmement rapides et invisibles de corps sont fournis par le travail des hanches.

Maai : La distance. Etude de la perception instantanée de la distance correcte de travail en agression ou réception.
Tai sabaki : Mouvement du corps. Utiliser le déplacement correct du corps, sans balacement, et le poids du corps placé au centre pour maintenir une bonne stabilité. Pour l'étude, seul, de ce mouvement, pensez à effectuer le taï sabaki commandé par le regard de façon la plus naturelle possible.

Ashi sabaki : Le déplacement des pieds. Utiliser la marche japonaise (avec les genoux légèrement pliés) et le mouvement correct des pieds pour maintenir une bonne stabilité dans toute occasion.

Kakudo : L'angle. Utiliser correctement un angle de réception en fonction de l'angle d'attaque de façon à neutraliser la force adverse. Votre contrôle sur Uke dépendra également de votre angle correct de travail en effectuant la technique.

Takasa : La hauteur. Utiliser correctement la hauteur du corps (en pliant les genoux). Passer sous la force de l'adversaire si nécessaire, pour le déstabiliser. Utiliser la puissance des muscles des cuisses, les plus puissants du corps humains.

Zanshin : La vigilance. Conscience mentale de toute chose, attention au respect et à sa sauvegarde.

Metsuke : Le regard. Voir toute chose sans fixer le regard. Enzan no metsuke ou regard au loin qui englobe tout et permet aussi de percevoir les détails du paysage grâce à l'attention que l'on placera à la perception de ces petites choses insignifiantes au premier regard.

Dori : Le devoir. L'obligation, le devoir, de faire toute chose correctement, dans la bonne voie.

Rasen : La spirale. Beaucoup de mouvements du Kokodo Jujutsu sont inspirés de cette figure géométrique montante ou descendante au départ d'une ellipse.

Les Atémis (les Gakuns font parties des atemis).
Donnés sans brutalité, mais avec contrôle. Non pas pour détruire l'adversaire, mais pour distraire, mettre en déséquilibre, modifier la distance, permettre un contrôle du corps, stopper momentanément, provoquer un changement d'esprit et d'attitude chez le partenaire.
Etudier précisément les Kyushos, points vitaux d'atémis, relatifs au shiatsu, indissociable du Kokodo Jujutsu, est une nécessité et doit être pensé comme l'application d'une méthode de soin ou de santé, et non une punition ou douleur à infliger au partenaire.


vendredi 6 juillet 2018

Douceur, art interne.


Kokodo-budo-Libramont


Douceur, art interne.


La douceur dans la pratique, c'est également le respect de soi-même et du partenaire. Rien ne s'obtient par la force visible. Ce qui ne veut pas dire que la force ne permet rien. Mais plutôt que le résultat final n'est pas en faveur de l'application de force physique apparente, mais est, in fine, surclassé par le mouvement doux qui permet d'économiser sa dépense d'énergie, de préserver son intégrité physique et d'utiliser au maximum toutes ses capacités mentales, sans se focaliser sur le travail des muscles.
La lenteur est un ingrédient indispensable pour acquérir les mouvements corrects, mais la douceur est aussi plus importante pour ressentir pleinement le potentiel énergétique du corps sans appliquer de force visible.

Douceur n'est pas nonchalance, ni relâchement désorganisé. Mais s'efforcer de réaliser un mouvement le plus naturel possible, en plaçant simultanément chaque partie du corps en action mobile constante et continue. L'action doit être unifiée pour obtenir une efficacité maximum dans un timing minimum.
C'est par la douceur que l'on obtient la rapidité, la vitesse, la spontanéité et ainsi créer la surprise chez l'adversaire. C'est aussi la douceur qui permet la maîtrise de chaque acte, le gommage de toute crispation et l'esprit Mushin.
La douceur s'obtient en travaillant avec une respiration calme et profonde, un tronc droit qui permet au souffle de descendre jusqu'au ventre, les jambes souples et légèrement fléchies, les pieds souples mais prêts à l'action. La disponibilité du corps est le fruit d'une concentration de l'esprit à ressentir pleinement toutes ces sensations corporelles et ce ne peut être réalisé que par la douceur.

Les arts internes chinois appliquent depuis des millénaires ces préceptes issus du taoïsme. Ils sont toujours d'actualité dans la pratique martiale actuelle. La souplesse et la rondeur des mouvements extérieurs cache la puissance énergétique interne du pratiquant. L'intention non fixée dirige tout mouvement. La puissance du ki est cachée et contenue. La posture est souple et décontractée mais vigilante. L'harmonie est totale entre le corps et l'esprit.
La force physique ne doit pas être utilisée pour mobiliser l'énergie. Il faut soigner le corps pour que l'âme s'y plaise. Si le corps est calme et disponible, l'esprit peut tout lui demander. De même notre volonté de répondre à une sollicitation doit se faire avec un esprit calme et apaisé. Notre corps répondra alors de façon correcte à notre intention.

La douceur est la fusion totale du mental et du geste. C'est vraiment une attitude de l'esprit qui se transmet au physique pour démontrer disponibilité et réceptivité. La sensation du corps qui agit comme un fouet. Accueillant et menaçant. Passant d'un état à l'autre dans le temps d'un claquement de doigts.
Hypnotiser son adversaire par un mouvement doux est l'art du serpent. Le temps que l'intrus se questionne pour trouver une signification à ce qu'il perçoit, il est trop tard.


vendredi 22 juin 2018

Shiseï


Keiseikaï Dojo Libramont.

Shiseï.  姿勢

C'est la posture, l'attitude. Représenté par deux kanji, la forme ou image extérieure et la vigueur, l'énergie intérieure. Il s'agit donc d'une connexion entre l'intérieur et l'extérieur de nous-même, entre ce que l'on ressent et ce que l'on fait. C'est en quelque sorte notre façon de nous montrer et de faire comprendre notre esprit aux autres. Le Shiseï doit être contrôlé car il fait partie du Reiho, l'étiquette. C'est un élément essentiel de la bonne tenue dans le dojo. C'est le support et la base de tout apprentissage de technique. Sans cela, pas de possibilité de progression.
Il n'y a pas de véritable recette pour obtenir le bon Shiseï, c'est le travail de toute une vie et ça ne s'arrête jamais. Et en plus, c'est bourré de paradoxes. Ce doit être fluide mais avec une tension, rapide et lent, englobant et incisif, profond et léger. Bref, le shiseï doit démontrer un esprit et un corps totalement disponibles, prêts à tout, mais sous constant contrôle et en éveil permanent.
Au début, après l'étude des gestes de base, il faut commencer par démontrer la sincérité et le respect, c'est la base de l'acquisition de la posture correcte, surtout au moment des saluts, mais aussi durant tout le travail dans le dojo. La réception lors d'une agression c'est le Shiseï. A force de pratique sérieuse, votre attitude montrera un comportement humble, attentif à toute chose bonne ou mauvaise, une image gaie et accueillante que vous offrirez paisiblement aux autres.
La communication avec les autres dans le dojo s'occidentalise fortement, il est communément toléré de parler modérément et d'échanger des points de vue, dans une certaine mesure, entre pratiquants. Ce n'était pas le cas il y a quelques décennies. En tous cas, s'exprimer verbalement de façon mesurée et contrôlée, respectueuse de tous, est nécessaire au sein du dojo et cela fait partie du Shiseï.
Metsuke : le regard est un élément important du shiseï, le regard est humble, bienveillant et englobant, mais aussi précis et neutre. L’œil est l'activation de l'esprit mais aussi le retour de votre réflexion. Si votre esprit est disponible, votre regard l'est aussi. Si votre esprit est crispé, l’œil le sera également. Tout doit être perçu, mais aussi relativisé.
Maaï : le regard apporte la distance qui vous sépare de votre adversaire, mais quelle est cette distance ? Maaï, étymologiquement peut être traduit par une unité entre deux personnes de possibilité d'attaque. Très poétiquement en japonais c'est le rayon de lune qui passe sous une porte fermée. Un court message de danger, aussi étroit qu'un joint de porte et une faible lumière de lune. Cette distance se modifie et s'adapte suivant votre perception et votre ressenti. Donc suivant votre propre expérience, tout au long de votre évolution.
Kokyu : la respiration abdominale orientale s'obtient aussi progressivement en pratiquant concentré et en pression constante. Elle doit être profonde et lente, mais peut aussi être courte et légère. A l'image de l'esprit, disponible et flexible, permettant n'importe quel mouvement de corps sans modification de la posture générale, ni de la pression sur l'adversaire.
Le corps est fluide, mais fort et prêt à tout. La pression sur le sol est souple et légère. La tête est droite mais flexible. La nuque et les reins sont forts. Le rythme est présent dans tous les mouvements. L'esthétique des gestes, la beauté intérieure, la bienveillance, mais aussi la prudence, ressortiront de votre seule présence et permettront aussi de percevoir votre (force intérieure) Ki. Le Shiseï, c'est le miroir du cœur.

vendredi 15 juin 2018

Jinaï - Shinsetsu


Kokodo-budo-Libramont


Jinaï, Shinsetsu.


Ces mots japonais peuvent être traduit par Bonté ou Bienveillance. Cela fait partie du rituel de politesse Aïsatsu. Le samouraï éduqué s'attache à ne pas dire seulement « merci » , mais « je vous suis reconnaissant de ce que vous faites pour moi », soit : « Yoroshiku onegaï shimasu ».
Cette bonté à l'égard d'autrui, c'est le côté féminin du caractère du guerrier qui donne une image élégante et une attitude révérencieuse, démontrant le contrôle de soi et le respect à l'égard d'autrui.
Mais la Bienveillance, c'est bien plus que cette première approche visuelle de politesse, c'est le vrai principe de la vertu de l'âme qui porte à désirer le bien-être d'autrui dans le dénuement matériel et qui est demandé au guerrier de mettre en pratique dans le Bushido. C'est le résultat et la finalité de la grandeur de l'âme selon le Bouddhisme, rejoint en cela par F.Hutcheson philosophe anglais du 18e siècle.
Ce dernier met d'ailleurs en garde : la bienveillance n'est pas un instrument servant une quelconque reconnaissance d'affection ou d'intérêt, mais une disposition vertueuse s'appliquant à ouvrir son cœur et son attention à l'autre. C'est lui signifier que l'on donne de l'importance à cette personne, qu'on la valorise. Cela crée un climat naturel de disposition et d'écoute de cette autre personne à vos propres aspirations.
C'est la qualité première exigée du supérieur ou de l'enseignant. Le principe de bienveillance fait d'ailleurs partie des outils modernes de bonne gouvernance, de convivialité et d'éducation enseignés aux dirigeants, responsables commerciaux, ainsi qu'aux enseignants de toutes écoles et éducateurs de mouvements de jeunesse.
La Bienveillance n'est pas laxisme ou complaisance, elle demande de la vigilance. Ce n'est pas un acquis, cela se travaille chaque jour en gérant ses émotions et en contrôlant ses attitudes. Cette attention à l'autre doit se faire sans calcul, sans besoin de retour, ni de jugement. Elle demande réflexion, il faut méditer sur ce qui est bien pour soi et pour les autres sans commettre d'injustice. Savoir ce qui est juste pour tous, c'est donner une dimension universelle à la bienveillance, cela ne se cantonne plus à un simple rapport de personne à personne.
Politesse, empathie, disponibilité, ponctualité, honnêteté, amabilité, voilà les qualités premières à mettre en pratique pour obtenir une communication enrichissante, à cela on peut ajouter une attitude (Shiseï) calme, souriante, positive et optimiste, en rejetant formellement moquerie et médisance. La Bienveillance demande vérité, rigueur et sagesse d'esprit. Toute communication verbale ou écrite doit être filtrée par la vérité, la qualité et l'utilité. Si ces trois aspects ne sont pas réunis, il faut s'attacher à rejeter cette communication.
Il ne doit pas y avoir de volonté de changer l'autre, mais simplement se forcer à modifier son propre comportement pour provoquer une ouverture d'esprit, sans attente de brusque amélioration, ni de jugement quelconque.

Donner le meilleur de soi, sans attente de retour. C'est le sens moral pur et beau, l'élévation de l'âme.

mercredi 6 juin 2018

Muzubi


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Muzubi, Awase.


Voilà deux termes employés souvent dans les arts martiaux japonais pratiqués avec un partenaire. L'idée est de définir la relation entre les deux personnes, établir une « liaison ». C'est d'ailleurs globalement la traduction primaire du mot, Muzubi veut dire lier, relier, unir. Mais comme toute chose au Japon, l'idée est très vaste et englobe le physique, le mental et le spirituel, tout autant que le visuel de la situation. Donc, les mots sonnent creux et définissent difficilement l'idée complète exprimée par le terme Muzubi. Pourtant la recherche de compréhension est nécessaire pour évoluer favorablement dans la pratique des arts martiaux.

Dans l'esprit Shinto, Muzubi est encore plus intense car de la fusion de la rencontre il incorpore l'idée de création et de devenir. L'existence ne peut se concevoir sans l'unité. La religion shintoïste y ajoute aussi le concept Yin et le Yang, le positif et le négatif, le bien et le mal, le chaud et le froid, cette ambivalence est la source de la vie. La corde décorée qui relie deux objets, deux rochers, deux arbres et dans la forme plus moderne le bracelet tissé ou noué en sont les symboles sacrés. Voilà bien la profondeur de la pratique martiale avec partenaire. Il est impossible de créer une technique tangible sans cette union de deux opposants.
Quoique l'on pense, nous sommes liés à nos partenaires et de l'intensité de cette liaison s'exprimera la qualité de notre travail. Si nous mettons du cœur à bien nous rencontrer, nous facilitons et nous embellissons notre pratique.

Il est parfois inutile de répéter de rester cool et se détendre, de se calmer. Si on ne donne pas une idée plus profonde à la nécessité de relâchement, les mots ont vraiment beaucoup de mal à être compris et acceptés. C'est pourquoi le terme Muzubi ou Musubi est employé. Avec cette notion, on ajoute une disposition mentale accueillante envers le partenaire qui devrait nous pousser à ne plus le voir comme un agresseur mais plutôt comme un complice de création. Cela devrait, normalement, nous permettre d'être plus détendu avec lui. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit malgré tout d'un opposant, cependant c'est une personne avec qui nous avons un lien, un frère en quelques sortes. La forme visuelle de cette rencontre sera avantageusement perçue comme un combat fraternel plutôt qu'un duel de deux enragés bourrés de testostérone.
Awase est une autre façon de traduire lien ou rencontre. Ici le terme est plus technique, il y a moins de profondeur. Mais il y a quand même une notion d'instant commun privilégié de partage. Une harmonie précise et stricte dans la rencontre avec une forme polie, toute japonaise. Awase est notamment utilisé dans le travail avec arme pour définir l'instant de croisement des armes. Dans le travail à mains nues, c'est l'instant où les mains en garde se rencontrent. Il s'agit donc aussi d'un instant éphémère, mais important en intensité, de rencontre dans le combat.

Ne passons pas à côté de cet instant magnifique de rencontre avec le partenaire, vivons le pleinement et sereinement avec tout notre cœur. Il magnifiera notre prestation.


vendredi 1 juin 2018

Attitude


Kokodo-budo-Libramont



Attitude de travail dans le dojo.


L'étiquette dans le dojo, s'appelle Reiho. Voyons en détail les qualités de cette attitude de travail dans le dojo.
Elle doit être emprunte de contrôle de soi, respect et patience.
L'attitude doit être profondément différente de celle des vestiaires ou de l'extérieur. Dès le salut d'entrée dans le dojo ou dès le salut qui marque le début de la pratique dans un hall et ce jusqu'à la fin soit la sortie du dojo ou le salut qui marque la fin de la pratique dans un hall, le calme et la concentration doivent être présents. Il est très difficile, pour tout le monde, de maintenir attention à cette façon de faire pendant toute la durée du cours. Mais nous devons tous nous y efforcer. Nous ne sommes pas au Japon et notre mentalité d'occidental correspond mal à cette façon d'être, mais de toute façon, lors des stages avec Senseï japonais nous nous efforçons de maintenir cette attitude, alors pourquoi ne pas commencer déjà dans notre dojo ?
Celui qui dirige le cours (Senseï) et le plus ancien (Sempaï) ont une grande responsabilité dans le maintien d'une attitude correcte pendant tout le cours, car l'exemple vient d'eux. Revenons sur ces trois qualités évoquées plus haut : Contrôle de soi, Respect et Patience et voyons comment, tous, quelque soit notre niveau, nous devons les communiquer aux autres.
L' habit propre et la tenue correcte sont les premiers éléments.
La posture et les salutations sont les éléments suivants.
La courtoisie et le respect de l'autre lors de nos déplacements ou prise de position de travail sont importants et témoignent de notre volonté de pratique en toute sécurité.
Et enfin, notre attitude de travail, senseï, sempaï et kohaï, durant tout le cours doit être concentrée sur ces trois qualités à mettre en pratique avec tout notre coeur.

L'échauffement, généralement donné par le sempaï, doit préparer le kohaï dans un rythme continu sans effort cardiaque intense pendant une quinzaine de minutes. La maîtrise de la gestuelle est importante, il faut travailler en souplesse mais de façon concentrée et suivant une cadence qui respecte la condition physique de chacun, tout en maintenant un effort continu. Les remarques du senseï pendant l'échauffement doivent être minimes et très courtes. Le maintien du silence et de la sérénité pendant cet effort sera déjà un premier test à gérer.
Pendant le cours proprement dit, les seuls moments pendant lesquels les pratiquants peuvent s'exprimer oralement sur invitation du senseï sont les Shugos (rassemblements pour instruction).
Normalement, le kohaï ne s'exprime que sur invitation du senseï.
Pour correspondre avec le senseï, le kohaï attend sa disponibilité et le salue avant d'entamer la conversation. Puis salue pour remercier des explications reçues.
En dehors de ces moments, il n'y a pas de raisons de s'exprimer verbalement, sauf demander de l'aide ou la permission de quitter le cours.
Si on doit communiquer avec son ou ses partenaires, on le fera à voix basse, de façon la plus brève possible.



Le silence est nécessaire à la concentration, qui est un élément fondamental de la progression. Senseï montre ou explique avec un minimum de mots le message à faire passer aux pratiquants et demande s'il y a des questions. Seulement à ce moment on peut communiquer.
Normalement, c'est le sempaï qui donne l'instruction Shugo, quand il sent que le senseï se prépare à donner des explications. La position pendant le Shugo est la position seiza. Une position assise Zazen est permise si les explications durent plus de 5 min.
Chaque fin de rassemblement (shugo) doit être marquée par un salut envers la personne qui donne des explications. Les pratiquants sont tenus de se dépêcher à entendre les explications et aussitôt après à reprendre leur place pour pratiquer. La lenteur dans ces moments pourrait être prise pour de la nonchalance et un manque de volonté de pratique.
Le sempaï ou l'instructeur s'efforce de donner le moins possible de remarques individuelles pendant le cours, la plupart des consignes doivent se faire pour tout le groupe présent.
De manière générale, il s'efforce de ne montrer aucune action, parole ou sourire qui pourrait être interprété comme moquerie à l'égard d'un ou de plusieurs pratiquants. Le maintien d'un climat de travail serein et enrichissant est primordial pour l'évolution de chacun. Les instructions sont données de manière calme sans élever la voix, le rythme de travail aussi doit être serein et adapté aux débutants qui sont présents.
Lors de la pratique, l'attention doit être portée sur chacun, sans oublier le débutant kohaï, ni le Sempaï (plus ancien). Le rythme de travail doit être maintenu et ne doit pas être cassé par le nombre ou la durée des explications.
Le Sempaï veille au bien être de chacun et à la bonne communication au sein du groupe. Il est aussi l'exemple à suivre et doit en être conscient dans son attitude, dans ses paroles et dans sa pratique. Il est aussi responsable de la bonne tenue dans le dojo et ne doit tolérer aucune ségrégation, discrimination, harcèlement, même minime, à l'égard de quiconque. Son autorité naturelle est basée sur le respect mutuel.
Le pratiquant débutant s'efforce de suivre suivant son niveau, se met en retrait sans sentiment de rejet s'il se sent dépassé. La concentration doit rester présente pendant tout le cours, ne pas se laisser distraire est difficile pour chacun. La patience envers soi-même et envers les autres doit faire partie de l'apprentissage. Faire de son mieux, sans jugement négatif, sans sentiment de culpabilité, doit être le maître-mot du kohaï.
Le respect mutuel est l'élément fondamental de cohésion du groupe de travail. Il faut pratiquer et enseigner avec son coeur, en calmant son égo et en recherchant à aider l'autre pour progresser soi-même. La pratique d'arts martiaux japonais a une finalité de grandeur humaine et de fraternité, et non une recherche d'acquisition de facultés permettant de soumettre les autres. C'est avec cet esprit que l'on évolue en qualité dans la pratique martiale.

Toutes ces directives peuvent paraître lourdes, mais forcent les pratiquants à maintenir ces trois qualités demandées. L'harmonie construite pendant le cours par chacun doit enrichir tout le groupe. Et de même, le ressenti de chacun sera amélioré par la qualité du travail collectif. Un sentiment de satisfaction et de plénitude devrait nous envahir tous, lors du salut final à la fin du cours. A ce moment là, on se rend compte du bénéfice que l'on en retire.

jeudi 24 mai 2018

Guerrier pacifique


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Peacefull Warrior Le guerrier pacifique.
Histoire « vraie » de Dan Millman. Roman adapté au cinéma dans le film éponyme. Plusieurs romans complèteront l'oeuvre originale en poursuivant le récit de l'histoire du héro Dan et de son mentor Socrate.
Dan est un ancien sportif gymnaste, enseignant à l'université de Berkeley en Californie, devenu écrivain philosophe à succès.
Citations connues de l'auteur :
Incarnes ce que tu enseignes et n'enseignes que ce que tu incarnes.
La connaissance ne suffit pas, elle n'a pas de coeur.
Il n'y a pas de moment ordinaire.
La réussite ne mène à rien.
La conscience n'est pas dans le corps, c'est le corps qui est dans la conscience.
Le tempérament d'un homme se révèle surtout quand il doit faire un choix sous pression.
Tu connaîtras de nombreux échecs, mais par tes erreurs tu apprendras et finiras par trouver ta voie.

Extraits du comte initiatique « Les lois de l'esprit » du même auteur :

LA LOI DES CHOIX : se réapproprier notre pouvoir

Le libre arbitre est une grande responsabilité qui représente à la fois un fardeau et un bienfait : le choix est entre nos mains. Et notre futur dépend en grande partie des choix que nous faisons dans le présent. Même si nous n'avons pas toujours le contrôle sur les circonstances de notre vie, nous avons la capacité de choisir nos réactions face aux évènements qui se présentent. En nous réappropriant le pouvoir de choisir, nous trouvons le courage de vivre totalement dans ce monde.
 
LA LOI DE LA METHODE : prendre la vie un jour à la fois

la méthode transforme n'importe quel chemin de vie en une série de petites étapes qui, atteintes l'une après l'autre, conduisent vers n'importe quel but. La méthode transcende le temps, enseigne la patience et repose sur les bases solides d'une préparation minutieuse. Elle est l'expression de la confiance dans l'épanouissement de notre potentiel.

LA LOI DE LA PRESENCE : vivre dans l'instant présent

Le temps est un grand paradoxe car il s'étire entre un passé et un futur qui ne sont pas réels, sauf dans notre esprit. Le concept du temps est une convention intellectuelle et linguistique, une convention sociale. Mais la vérité profonde, c'est que nous disposons que de l'instant présent.
  
LA LOI DE LA COMPASSION : s'éveiller à l'humanité en nous
L'univers de nous juge pas : il met à notre disposition diverses possibilités que nous devons peser, dont nous devons subir les conséquences et dont nous tirerons des leçons en observant la loi de cause à effet. Faire preuve de compassion, c'est reconnaître que nous faisons du mieux que nous pouvons dans le cadre limité de nos croyances et de nos capacités du moment.

LA LOI DE LA FOI : avoir confiance en l'esprit

La foi est ce qui nous relie directement à la sagesse universelle. Elle nous rappelle que nous en savons plus que ce que nous avons entendu, lu ou appris, qu'il nous suffit de regarder, d'écouter et de nous fier à l'amour et la sagesse de l'Esprit Universel qui est à l'oeuvre en chacun de nous.

LA LOI DES ATTENTES : donner plus d'ampleur à notre réalité

L'énergie suit la pensée. Nous nous dirigeons vers ce que nous imaginons, et non pas au delà. Ce que nous tenons pour acquis, ce à quoi nous nous attendons et ce en quoi nous croyons crée notre expérience et lui donne sa couleur. En dépassant nos croyances les plus profondes quant à ce qui est possible ou pas, nous changeons notre expérience de vie.

LA LOI DE L'INTEGRITE : vivre sa propre vérité

Être intègre, c'est vivre et agir selon la loi universelle et selon notre vision la plus élevée, malgré les impulsions qui nous poussent à faire le contraire. Du plus profond de notre intégrité, nous reconnaissons, acceptons et exprimons notre véritable réalité intérieure, et nous inspirons les autres non pas par des paroles, mais par l'exemple.

LA LOI DE L'ACTION : entrer dans la danse de la vie

Peu importe ce que nous ressentons ou savons, peu importe nos dons ou talents cachés : seule l'action les amènera à se manifester. Nous sommes nombreux à comprendre intellectuellement des concepts comme l'engagement, le courage et l'amour, mais nous ne les connaissons véritablement que lorsque nous les actualisons. L'action nous amène à la compréhension et transforme la connaissance en sagesse.

 LA LOI DES CYCLES : danser au rythme de la nature

Le monde de la nature évolue selon des rythmes, des schémas et des cycles, comme la succession des saisons, le mouvement des étoiles et le flux et le reflux des marées. Les saisons ne se bousculent pas pour se succéder et les nuages ne font pas la course avec le vent dans le ciel : chaque chose arrive à point nommé. Tout croît, décroît et croît encore, comme le mouvement ascendant et descendant des vagues, dans le cycle infini du temps.

LA LOI DU LACHER-PRISE : accueillir la volonté supérieure

Lâcher prise, c'est accepter cet instant, ce corps et cette vie à bras ouverts. Lâcher prise, c'est ne pas entraver son propre chemin et vivre en accord avec une volonté supérieure qui s'exprime par la sagesse du coeur. Beaucoup plus qu'une acceptation passive, le lâcher-prise utilise le moindre défi comme outil de croissance spirituelle et de développement de la conscience.
 
LA LOI DE l'UNITE : ne pas oublier le lien qui nous unit à tous et à tout.
Nous faisons notre apparition sur Terre comme des êtres distincts ayant des destinées diverses. Mais comme les gouttes de pluie qui chacune et toutes font partie de la mer, nous faisons chacun et tous partie de l'océan de la conscience, du corps divin. Trouvons amour et paix intérieure dans la plus profonde des grandes vérités que nous ne formons qu'une seule et grande famille. Laissons derrière nous les bagages de peur, d'envie et de ressentiment. Volons haut dans le ciel sur les ailes de la compréhension pour pénétrer dans le territoire infini de la compassion.

Dan Millman nous apprend, à travers ses écrits, à être nous-même, vivre intensément l'instant présent. La seule chose sur laquelle on peut intervenir est le moment présent. Abandonner son égo, renier ses attachements matériels, méditer sur ce qui est vraiment important pour nous et sur ce qui nous rend heureux. L'échec est une école de vie, mieux encore, une marche vers le sommet de notre être.

jeudi 17 mai 2018

Regard sur soi.


Kokodo-budo-Libramont


Regard sur soi.


La compassion, cet affect que nous avons envers autrui, l'avons nous envers nous-même ? Il n'est pas inutile de s'y attarder.

Se voir tel que l'on est vraiment est un vrai challenge permanent et nous devons travailler chaque jour à améliorer au quotidien cette vision. Se dénigrer est inutile et ne permet aucun mieux. Se surestimer n'est pas meilleur. Efforçons nous à tendre notre esprit vers une vue objective de ce que nous sommes vraiment et de ce que nous montrons, sans pour autant dramatiser la situation. La méditation calme Zen est vraiment utile à cette réalisation. Prendre du temps à la réflexion est essentiel.

Cette relation qui nous pousse à agir pour nous rendre ou rendre l'autre meilleur ne doit pas se faire sous le sentiment de culpabilité mais sous un élan naturel de bonté. Nous devons avoir une attention identique à notre propre besoin de devenir meilleur. Se dépasser est une affaire de cœur, pas uniquement un vague objectif que nous nous rappelons de temps en temps.

Vouloir comprendre celui qu'on aide en s'identifiant à lui est souvent un échec. De même, vouloir se comprendre et s'analyser sans cesse est une erreur. Seule l'attention intelligente à la progression nous permet d'avancer en mémorisant les sensations du corps qui nous plaisent et aussi nous rendent meilleur.

Si nous aidons autrui en lui donnant de la valeur, une reconnaissance réciproque et profonde s’établit, c'est idem pour nous-mêmes. Donnons nous également une valeur réelle et une reconnaissance profonde. La principale qualité de la compassion est l'établissement de relations de cœur.

Notre propre sentiment de vulnérabilité nous pousse à agir avec compassion sur la souffrance d'autrui. C'est aussi ce même sentiment de futilité de l'existence et de perception de mort qui nous pousse à nous dépasser pour donner un sens à notre vie. Si nous n'avons pas cette perception imminente de danger, notre corps ne peut accéder pleinement à un dépassement de ses capacités. Ouvrir notre regard à nos capacités est le rôle des vrais senseïs, mais nous ne pouvons y accéder qu'en nous plaçant dans un état d'esprit de vulnérabilité, d'humilité.

La maladresse fait partie de l'humanité compatissante. Ce n'est pas de l'incompétence, au contraire, c'est un mouvement incontrôlé du cœur. S'accorder le droit à l'erreur est essentiel.

La souffrance étant éternelle pendant l'existence, la compassion l'est aussi, avec un sentiment de travail ou bonheur inachevé. Notre propre progression est identique.

Arts internes

  Arts internes. Dans les arts martiaux chinois, les «formes internes» s’opposent à celles que l’on appellent les «formes externes»...